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Eleveur lâché par Lactalis : « J'arrête le bio et je rejoins une petite coopérative laitière », en Haute-Saône

Après avoir vu son contrat dénoncé par Lactalis, Benoit Chamagne, éleveur laitier en agriculture biologique en Haute-Saône, voulait rejoindre une petite structure. Son choix s'est porté sur la coopérative Pâturage Comtois, mais il va devoir se déconvertir. 

<em class="placeholder">Benoit Chamagne, éleveur laitier</em>
« Je n’avais plus envie d’être dans un grand groupe, j’étais trop échaudé. Chez Pâturage Comtois, je pourrai donner mon avis, ma voix sera entendue », estime Benoit Chamagne, éleveur laitier en Haute Saône. .
© B. Chamagne

« L’annonce de Lactalis m’a fait un choc, pendant plusieurs jours je n’ai pas pu dormir. Je n’y croyais pas trop, jusqu’à ce que j’aille à une réunion organisée à Vesoul, avec d’autres producteurs dans le même cas », raconte Benoit Chamagne, éleveur laitier en Haute-Saône.

L'organisation de producteurs Apllage a en effet organisé plusieurs réunions pour aider les producteurs à retrouver une laiterie. Plusieurs d'entre elles ont présenté leur travail, leurs besoins, leur grille de paiement aux éleveurs lâchés par Lactalis. L'Apllage a également proposé des simulations économiques pour chaque ferme, en comparant les différents collecteurs.

« Je me suis tourné vers Pâturage Comtois, car c’est une petite coopérative », explique Benoit Chamagne. En revanche, la coopérative avait déjà assez de lait bio, et ne souhaitait pas reprendre de nouveaux litrages. « Et puis, je suis à 50 km de l’usine, ils n’auraient pas envoyé un camion bio seulement pour moi, estime l'éleveur. Là, ils ont recréé une tournée en conventionnel ».

L'exploitation de Benoit Chamagne est en agriculture biologique depuis 2017. Son système s’y prête bien, avec 62 ha d’herbe, 7 ha de maïs et 6 ha d’un mélange triticale pois et une quarantaine de vaches montbéliardes, qui produisent 254 000 l de lait.

« Il faudrait que le prix du lait soit supérieur de 100 à 120 € par rapport conventionnel »

« Toutefois les contraintes sont importantes, notamment le prix des semences et des aliments, regrette le producteur. En bio, les tourteaux sont chers, la VL aussi. Il faudrait que le prix du lait soit supérieur de 100 à 120 € par rapport au lait conventionnel pour que cela vaille le coup. Or, ce n’est plus le cas aujourd'hui. Je me posais déjà des questions par rapport à au bio. Devoir changer de laiterie a précipité les choses ».

Finalement, Benoit Chamagne est satisfait. « Je n’avais plus envie d’être dans un grand groupe, j’étais trop échaudé. Là, je pourrai donner mon avis, ma voix sera entendue. J’ai le numéro du président, du directeur, de la personne qui s’occupe des tournées. Pour moi, cela compte. Lactalis, on ne les voyait presque jamais ».

De plus, Pâturage Comtois va permettre à l'éleveur de produire plus de lait, jusqu’à 300 000 l. En revanche, la coopérative se montre plus stricte que Lactalis sur les taux de spores butyriques. « J’en ai un peu trop l’hiver, je vais devoir être davantage vigilant sur ce point, mais je vais m'améliorer. Je suis confiant dans l’avenir. Pâturage Comtois produit beaucoup de cancoillotte, et cette spécialité a le vent en poupe ».

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