Élevage bovins viande : « Je cultive 1,8 ha de switchgrass pour compléter ma paille de céréales pour la litière »
Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en 2024. Cette graminée pérenne lui permet de gagner en autonomie pour la litière du troupeau.
Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en 2024. Cette graminée pérenne lui permet de gagner en autonomie pour la litière du troupeau.
« J’ai choisi le switchgrass parce qu’il est facile à mettre en place dans mon élevage par rapport à d’autres alternatives à la paille de litière. Je n’ai pas besoin de matériel spécifique pour semer, récolter et pailler », a expliqué Rémy Vermande, installé au Bourg, dans le Lot, à l’occasion d’une journée Innov’action en janvier, organisée par les chambres d’agriculture d’Occitanie et du Lot.
L’éleveur, installé avec une cinquantaine de limousines et un atelier d’engraissement de génisses de 20 places, cultive 12 hectares de céréales. Jusqu’à l’année dernière, il complétait sa paille pour la litière des bovins par l’achat de 10 à 15 tonnes chaque année. Il compte désormais sur ses 1,8 hectare de switchgrass pour réduire la facture.
« Le retour sur investissement du switchgrass est annoncé entre cinq et sept ans. Si je compte entre 130 et 150 euros le prix rendu de la tonne de paille achetée, dès la deuxième année de la culture, je vais réaliser une belle économie. Je vais récolter 5 à 6 t/ha soit au total sur ma parcelle 8 à 10 tonnes de litière », calcule Rémy Vermande. La pleine production de la parcelle est attendue au bout de cinq ans. « Le switchgrass s’utilise en même quantité et exactement comme la paille de céréales pour le paillage des bovins. »
Choisir la parcelle pour 15 ans de switchgrass
Le choix de la parcelle dédiée à cette espèce dont la pérennité est de 15 à 20 ans a été fait après mûre réflexion. « J’en suis propriétaire et son accès avec du matériel large est compliqué. Cela m’arrange d’y faire peu de chantiers. » Sur les conseils de Seedenergies, Rémy Vermande a détruit la prairie en place et réalisé plusieurs faux-semis avant de semer deux variétés de switchgrass en mélange la première semaine de juin. La température du sol doit atteindre 14 °C.
Cette graminée lève lentement. La première année, il est possible d’appliquer un désherbant total pendant la dormance hivernale si nécessaire. Ensuite, il n’y a aucune intervention au planning avant la première récolte. Celle-ci intervient durant l’hiver de la deuxième année. « Il faut deux à trois jours de beau temps. La tige se casse très bien et ma faucheuse et ma presse à balles carrées passent sans problème. » L’éleveur va répartir le switchgrass avec sa pailleuse, et aussi en partie à la main. « La tige étant plus creuse que celle des céréales, sa capacité d’absorption est réputée meilleure. » Avec la chambre d’agriculture du Lot, la propreté des bovins et la valeur fertilisante du fumier vont être comparées par rapport à celles obtenues avec une litière en paille de céréales.
Le switchgrass peut aussi se récolter vert en tant que fourrage. Sa valeur alimentaire est faible, autour de 0,6 UFL/kgMS, mais il peut rendre service en cas de déficit de fourrage. Par contre dans ce cas, il n’y a pas de récolte en phase sèche pour la litière la même année.
Fiche élevage
90 ha dont 12 ha de céréales, 2 ha de luzerne, 74 ha de prairies temporaires et naturelles et 1,8 ha de switchgrass
50 limousines
20 génisses en engraissement
Une fauche par an en fin d’hiver
Le switchgrass ou panic érigé donne des racines pouvant descendre profondément dans le sol et il s’accommode d’une gamme de sol assez large, ce qui en fait une culture rustique. « Le coût d’implantation est d’environ 1 000 euros par hectare », présente Franck Fournier de Seedenergies. Le rendement peut atteindre 11 tMS/ha et la pérennité est de 15 à 20 ans.
Soixante à soixante-dix pour cent de la pousse est réalisée en juin, et elle s’arrête fin octobre. À la fin de l’automne, les nutriments migrent dans les racines, ce qui provoque un jaunissement de la plante. La récolte pour un usage en litière se programme entre février et avril, en respectant une hauteur de coupe de 5 à 8 cm.