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Effet des champs électromagnétiques sur les élevages : « une prise de conscience est nécessaire »

Le député Philippe Bolo vient de remettre un rapport à Julien Denormandie dans lequel il préconise de prendre plus au sérieux les problèmes générés dans les élevages par les effets indirects des champs électromagnétiques.

Philippe Bolo
Le député Modem du Maine-et-Loire Philippe Bolo en visite dans une exploitation agricole
© P. B.

Vrai. Les animaux d’élevage peuvent avoir des troubles de comportement liés à l’installation de lignes à haute tension, d’éoliennes, d’antenne relais de téléphonie mobile ou d’aménagements de bâtiments d’élevage.

Faux. Ces problèmes qui engendrent une baisse de productivité agricole ne sont pas liés à un défaut de compétence du côté des agriculteurs.

Voilà deux vérités que le député Modem du Maine-et-Loire Philippe Bolo compte rétablir avec son rapport « L’impact des champs électromagnétiques sur la santé des animaux d’élevage » pour l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques remis hier au ministère de l’Ecologie et ce jour à Julien Denormandie.

« Des problèmes de comportements, comme le fait de ne pas vouloir fréquenter certaines espèces, des problèmes d’abreuvement ou le refus d’aller en salle de traite, ont été observés par des vétérinaires en lien avec l’évolution de l’environnement proche de l’exploitation ou à l’aménagement du bâtiment. Mais il n’y a pas assez de recherches scientifiques sur le sujet », explique le député. « Cela peut amener à la dégradation des paramètres de la production laitière », poursuit-il.

Lire aussi : Ondes électromagnétiques : des éleveurs engagent des procédures judiciaires

S’agissant des effets directs des champs électromagnétiques, aucune étude scientifique n’a établi un lien de causalité direct entre la proximité d’une ligne électrique et la santé des animaux, selon le rapport. En outre, toutes les tentatives visant à relier les champs électromagnétiques à des dysfonctionnements du système immunitaire ou au stress physiologique restent infructueuses, poursuit-il.

On suspecte plutôt des problèmes liés à des courants électriques induits

« En revanche au niveau des effets indirects on suspecte plutôt des problèmes liés à des courants électriques induits », souligne-t-il.

Le rapport explique que les champs électromagnétiques, comme les courants liés aux installations électriques, peuvent induire des courants et des tensions parasites sur les différents éléments métalliques des exploitations, à commencer par les bâtiments eux-mêmes. « Ils se manifestent par des décharges électriques que subissent les animaux au contact des parties métalliques (appelées tension de contact) ou par une circulation de courant dans leur corps à travers l’application d’une différence de potentiel (appelée tension de pas) », lit-on dans le rapport.

Lire aussi : Le casse-tête des phénomènes électromagnétiques

Ces courants parasites pouvant être d’autant plus importants que les règles en termes de conformité électrique des bâtiments ne sont pas toujours respectées lors de leur construction ou de leur aménagement. « Cette conformité électrique peut également être altérée à la suite de dégradations des structures métalliques dans le temps, ce qui peut entrainer un effet de pile. Ainsi un sol initialement peu conducteur devient alors conducteur de courants électriques », précise le rapport qui évoque aussi le rôle que pourrait jouer le sous-sol dans la transmission de « courants vagabonds ».

« Il faut évacuer la question de la compétence des agriculteurs, qui voient une chute de performances du jour au lendemain. Et je me suis aperçu que ces problèmes étaient beaucoup plus répandus qu’on le croyait », commente Philippe Bolo. « Une prise de conscience est nécessaire », ajoute-t-il.

Ses préconisations : développer la recherche pour mieux connaître ces phénomènes et notamment l’adéquation avec l’adéquation des seuils de perception des animaux inférieurs à ceux des humains et les normes électriques actuelles ; prévoir des expérimentations dans les exploitations qui connaissent des difficultés ou encore généraliser la réalisation de diagnostics géologique et électrique avant la construction ou le réaménagement des bâtiments d’élevage ou l’installation d’infrastructures électriques ou de télécommunication. Philippe Bolo doit rencontrer la semaine prochaine le PDG de l’Inrae pour en discuter.

Les sourciers peuvent être mobilisés tant que l'on manque de données scientifiques

Le député propose aussi de sensibiliser les chambres d’agriculture et de renforcer leurs compétences en la matière. Il préconise enfin d’accélérer la structuration du métier de géobiologues, susceptibles de faire des diagnostics et d’apporter des solutions sur le sujet, en instaurant une obligation de formation et le respect d’un code de déontologie. « Les sourciers peuvent être mobilisés tant que l’on manque de données scientifiques », commente Philippe Bolo.

Lire aussi : Les galères d’une ligne haute tension

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