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Elections européennes
[Billet] 2,17 % pour le parti animaliste, ça veut dire quoi ?

Au lendemain des élections européennes, Virginie Pinson, rédactrice de la revue Les Marchés, commente le score du parti animaliste.

2,17 % des voix en France pour le parti animaliste, ça laisse songeur. Il n'en avait eu que 1,1 % aux précédentes (c'est déjà pas mal). C'est plus que Philippot, que l'on entend très souvent, où qu'Asselineau, qui a des autocollants avec sa bobine sur tous les réverbères de mon village. C'est 4 fois plus que la liste "Gilets jaunes" de Françis Lalanne. Pourtant, la tête de liste, Hélène Thouy, personne ne connaissait son nom et personne ne connaît son visage puisque sur l'affiche c'était un chien (très mignon).

J'ai regardé un peu au niveau des régions, pensant que c'était les parisiens qui avaient voté pour le petit chien, eux qui mangent des burgers vegans et pourtant exterminent les rats et les punaises de lit. Mais non. Elle fait 1,27 % à Paris. On peut croire à une tendance, 2,41 % à Charenton le Pont, 2,45 % à Chatou, ces jolies villes cossues, contre 1,47 % à St Denis. Mais Dans le Calvados, le département des vaches normandes, 2,58 % ! A Caen, la grande ville 2,13 %, à Saint Pierre sur Dives, au cœur du pays d'Auge, pays d'élevage, 2,24 % ! A Berthenay, petit village d’Indre et Loire entouré de Charolaises qui passent paisiblement sur les bords du Cher, 8 votants, soit 3,2 % des voix !  Bon effectivement à Deauville, le 21éme arrondissement de Paris, ça cartonne (3,96 %). Un peu comme à Nice, 2,75 % des voix. Mais il n’y a pas de tropisme clair des urbains.

Quelques extraits du programme :

Certains prêtent à sourire :

Interdire l’ébouillantage des crustacés vivants (crabes, langoustes, homards, crevettes…)

Certains questionnent directement notre modèle agricole, d’autant plus que « l’élevage intensif n’est jamais défini, qui met le curseur sur ce qui est autorisé ou non ?

Interdire la création de nouvelles exploitations basées sur un système d’élevage intensif ou industriel

Programmer l’arrêt progressif des subventions aux élevages intensifs ou industriels

Améliorer la transparence des aides et des bénéficiaires de la PAC en publiant les données sous un format exploitable conforme aux principes de l’open data

Encourager les jeunes agriculteurs à s’orienter vers la production de fruits, légumes et légumineuses

Réformer le système du Soutien Couplé Facultatif (SCF), qui finance majoritairement la filière bœuf et veau et la filière lait (secteurs en déficit chronique) en faveur de la production végétale (fruits, légumes, légumineuses)

Cohabiter avec les animaux « susceptibles d’occasionner des dégâts » (ex-« nuisibles ») et les « grands prédateurs » : accompagner les agriculteurs dans l’adaptation, voire la reconversion de leur activité

Instaurer un moratoire sur les élevages d’insectes à des fins d’alimentation animale ou humaine (au moins même les starts up qui veulent concurrencer la viande sont visées !)

Sur d’autres points, on voit que l’enfer est pavé de bonnes intentions :

Interdire l’abattage des femelles gestantes

Interdire la stimulation ovarienne des animaux

Interdire l’élevage des cochons en bâtiments fermés sans accès libre à l’extérieur

(bonne idée en pleine période de peste porcine africaine !)

 

Et bien sur l’interdiction du foie gras !

 

Que peut-on en déduire ?

-que ne sachant plus trop pour qui voter, une partie des Français choisi le chien mignon ? Par défaut, certains considèrent que quand on aime les animaux, on ne peut poas être méchant et qu’une voix pour eux, c’est leur B.A. du week-end ?

-que les vidéos de L214 ont eu un impact assez fort sur 2,17 % des Français pour qu'ils décident de voter pour le parti animaliste ?

-Qu'il n'y a pas un clivage ville/campagne, bobos urbains/ruraux carnivores sur ces questions.

-Et surtout, que les éleveurs, et toute la filière viande dans son ensemble, ne sont pas au bout de leurs peines... et qu’ils doivent continuer à communiquer, sur les bonnes pratiques, le maintien de la biodiversité et des paysages grâce à l’élevage, l’impact économique des emplois ruraux. Ce week-end c’était aussi les journées Made In Viande, de telles initiatives doivent justement permettre aux citoyens de ne pas se laisser aveugler par des petits chiens mignons !

Lire aussi dans Agri 79 " Racontez la belle histoire de votre quotidien ".

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