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Des précautions et une charte nécessaires pour préserver l’avenir de la méthanisation

Après l’accident provoqué par la fuite d’une unité de méthanisation dans le Finistère, l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France et son antenne bretonne tiennent à défendre leurs adhérents. L’AAMF rappelle cependant que des précautions doivent être prises et que des installations sont nécessaires pour continuer à développer ce procédé de production d’énergie avec la plus grande sécurité.

© Jean-Michel Nossant (archives)

« L’accident, ça n’arrive pas qu’aux autres ». C’est André Sergent qui le dit dans Terra. Le président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne réagit à l’incident technique du méthaniseur de Châteaulin dans le Finistère. Les conséquences ont été sévères : une fuite de 400 m3 de déchets organiques qui a entraîné une pollution à l’ammoniaque de l’Aulne. Une usine d’eau potable, située en aval de la rivière, a été touchée. Près de 180 000 habitants répartis sur une cinquantaine de communes ont été privés d’eau potable pendant plusieurs jours, jusqu’à la levée des restrictions le 23 août. Le 24 août, le préfet du département a décidé de suspendre l’activité de l’usine Biogaz de Kastellin, gérée par Engie, le temps de l’enquête administrative de la Dreal (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie). Dimanche 30 août, une manifestation organisée à Châteaulin contre la méthanisation a rassemblé une centaine de personnes.

Sécuriser ses installations

Avec le débordement de cette cuve de digestat, se pose la question de la sécurité des installations de méthanisation. Dans Terra, André Sergent relate l’incident intervenu sur son exploitation il y a deux ans. Il a lui aussi déploré une fuite et un écoulement de 15 m3 dans le milieu naturel. « Mais l’élevage a aussitôt pris la mesure de l’enjeu », commente la revue bretonne. « "Nous disposons désormais d’une lagune de 3600 m³, où s’écoulent les eaux pluviales et qui recevrait tout écoulement accidentel. Et nous l’avons doublée d’une digue de 2,5 m de haut, en amont du ruisseau", détaille l’agriculteur dans le journal.

Ces précautions « font partie de la charte des méthaniseurs de France », précise Quentin, le fils Sergent, qui a en charge la gestion de la méthanisation sur l’exploitation. Des préconisations qui ne sont pas à ce jour une obligation réglementaire. Pourtant « personne n’est à l’abri ! », estime le président de la chambre d’agriculture. « Et il revient à chacun de sécuriser ses installations », insiste-t-il dans Terra.

Lire l’intégralité de l’article « Méthanisation : un procédé d’avenir, moyennant précautions » dans Terra.

Respect de la charte des agriculteurs méthaniseurs et audit

L’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) et son antenne bretonne ont pris la parole, le 28 août, pour défendre leurs 340 adhérents en France, en activité et en projet. Près de 700 méthaniseurs agricoles sont en fonctionnement en France et 20 à 30 projets sont déposés chaque mois à l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. Après la pollution accidentelle du Finistère, les adhérents de l’AAMF sont dans le viseur d’Eaux et rivières de Bretagne et de la Confédération paysanne du Finistère. Le développement de cette filière de production d’énergie décarbonée  inscrite par l’État dans sa Stratégie française pour l’énergie et le climat peut légitimement inquiéter. Mais les méthaniseurs font preuve de professionnalisme, dit en substance Jean-Marc Onno exploitant dans le Morbihan et vice-président de l’AAMF. « Depuis 2019, nous avons créé une charte qui s’impose à tous nos adhérents sous la forme d’un audit à réaliser tous les trois ans, avec certification par un organisme extérieur », dit-il. À ce jour, la moitié des sites de méthanisation des adhérents de l’AAMF ont été audités, les autres suivront d’ici 2021.

Lire aussi « Méthanisation : dialoguer pour éviter les conflits », dans Réussir Porcs.

Lire aussi dans L’Oise agricole « Bruxelles prépare une stratégie sans objectifs contraignants »

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