« Des croissances élevées des porcs en engraissement malgré nos cases atypiques »
Au Gaec de Kerdanevez, les croissances quotidiennes en engraissement et l’homogénéité des lots ont fortement augmenté depuis deux ans, y compris dans les salles équipées d’auges rondes.
Au Gaec de Kerdanevez, les croissances quotidiennes en engraissement et l’homogénéité des lots ont fortement augmenté depuis deux ans, y compris dans les salles équipées d’auges rondes.
Au Gaec de Kerdanevez, les performances de croissance des porcs charcutiers ont décollé ces dernières années, passant de 886 g de gain moyen quotidien en 2023 à 966 g en 2025.
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Sur le dernier trimestre de 2026, le GMQ en engraissement frise même le cap des 1 000 g/j. L’âge à 115 jours a gagné plus d’une semaine (161 jours) tandis que l’indice de consommation et le taux de perte en engraissement se sont améliorés en parallèle. « Jamais je n’aurais imaginé pouvoir atteindre ces niveaux de performances dans mes engraissements, dont les deux tiers des places sont dans des bâtiments de 30 ans, équipés d’auges rondes. On peut performer même dans des conditions moins favorables », relève Martin Cloitre. L’éleveur a repris à un tiers l’élevage naisseur-engraisseur de 130 truies lors de son installation sur le Gaec à dominante laitière et grandes cultures à Plouarzel, dans le Finistère. Deux tiers de l’engraissement sont constitués de salles de 100 places, réparties en deux cases de 50 porcs avec auges rondes. Le tiers restant est élevé dans un bâtiment de 2018, plus classique avec des auges longues et petites cases. L’amélioration des croissances, similaire dans les deux types d’engraissement, s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs parallèlement au passage au mâle entier, avec une évolution de la conduite alimentaire, le passage au maïs grain humide et une gestion rigoureuse à tous les niveaux. Pour l’éleveur qui a investi en 2023 dans une fabrication à la ferme partielle afin de valoriser ses céréales, ces résultats sont aussi le fruit d’une exigence accrue sur la qualité des matières premières (voir ci-contre).
Libéralisation des courbes d’alimentation
Dans l’élevage conduit en 4 bandes, les cochons arrivent en engraissement à environ 33 kg. « Nous avions tendance à trop brider la consommation au démarrage. » Les courbes d’alimentation ont été libéralisées avec un plafond plus haut de 2,7 kg/j au lieu de 2,55 kg, une progression plus rapide des rations (34 g/j plutôt que 30 g/j) et en partant d’un niveau plus élevé au démarrage (49 g/kg de poids vif contre 42 g/kg auparavant). « L’objectif est d’atteindre le plafond le plus rapidement possible, avant 100 jours d’âge, en ajustant la modulation au quotidien en fonction de la vitesse de nettoyage des auges. » Dans les salles plus anciennes, l’éleveur et son salarié Johan, spécialisé sur l’atelier porc, ont fini par trouver le bon réglage de distribution des repas pour limiter le risque d’hétérogénéité, inhérent à ces cases en grands groupes équipées de 3 auges rondes pour 50 cochons. « Nous distributions deux repas quotidiens, chacun versé en trois séquences séparées de 10 minutes, afin de limiter la compétition à l’auge et de faciliter l’accès aux porcs moins dominants (gestion du fond d’auge non restrictive). »
Un chargement strictement respecté
Pour Charlène Poulhazan, conseillère technico-économique Evel’Up, « l’amélioration des résultats s’explique par une conduite alimentaire rigoureuse adaptée au poids des cochons mais aussi par le respect des fondamentaux, tels que la maîtrise des chargements en post-sevrage comme en engraissement ou la gestion de l’ambiance. » Ainsi, les salles d’engraissement sont préchauffées et le chauffage maintenu (parfois jusqu’à 3 semaines) jusqu’à l’atteinte de la température de consigne. Le chargement est limité à 0,7 m2 par porc dès le début d’engraissement. « Nous disposons de 400 places par bande, l’excédent de porcelets est systématiquement vendu au sevrage, soit environ 40 à 50 à chaque bande. » Pour faciliter le suivi des lots, les porcs sont tatoués à la bande. Le premier tri en engraissement est réalisé à 145 jours, avec quatre départs par bande. « Dès qu’une salle de 100 places d’engraissement est vidée, on n’hésite pas à y déplacer une partie de la bande en post-sevrage afin de réduire les chargements, même si cela nous demande de la manutention. »
Prévue en 2027, la reprise d’un site d’élevage à proximité va permettre à Martin Cloitre d’être complètement autonome en places de post-sevrage et d’engraissement. « Nous allons par ailleurs passer nos anciennes salles en auges longues standard et augmenter à 0,8 m2 la surface par porc sur 100 % de nos salles afin d’exprimer au maximum le potentiel de croissance des animaux et encore améliorer l’indice de consommation. »
Fiche élevage
Gaec Kerdanevez
- 3 associés et 2 salariés
- 130 truies naisseur engraisseur
- 1 200 places d’engraissement (vente du surplus de porcelets au sevrage)
- Conduite en 4 bandes de 33 truies
- Génétique : Topigs (truie TN70 et mâle Tempo)
- Groupement : Evel’Up
- 150 vaches laitières (1,6 million de litres de lait avec traite robotisée)
- 280 hectares de terres dont 115 ha de maïs, 112 d’orge et blé
- FAF partielle (30 % de complémentaires en truies gestantes, 25 % en engraissement, TAF pour cochettes, truies allaitantes et post-sevrage)
- Centrale photovoltaïque de 130 kWc (+ 1 tracker en autoconsommation)
Une rigueur sur la qualité des céréales
Depuis 2023, les porcs en engraissement sont nourris avec un aliment fabriqué à la ferme (FAF partielle) afin de valoriser les céréales de l’exploitation. Il est composé de maïs humide, de blé et d’orge (stockés en silos couloirs sur le site ou en TAF pour l’orge et le blé), en mélange avec 25 % de complémentaire.
À la récolte, Martin Cloitre sélectionne les meilleures parcelles destinées à l’alimentation des cochons. L’orge et le blé sont nettoyés à la récolte et une seconde fois avant le broyage, pour éliminer le maximum d’impuretés. « Je vise un taux d’humidité inférieur à 15 %. Les lots d’orge plus humides sont mis à l’avant du silo pour être consommés rapidement et éviter tout risque de mycotoxines. Les céréales sèches sont aussi distribuées aux truies », précise-t-il.
Le maïs grain est récolté mi-octobre. Il est broyé et contrôlé avec un tamis de 1,6 mm pour obtenir moins de 20 % de particules trop grossières afin d’être valorisées par les cochons. « Le débit de chantier est certes plus faible mais l’enjeu en vaut largement le coup. » Le taux d’humidité du maïs est contrôlé régulièrement (autour de 32 %).