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Dérobées : la composition du mélange doit répondre aux besoins de son exploitation

Depuis dix ans, des essais d’associations RGI/légumineuses et de méteils sont réalisés au Gaec de la Verne, en Saône-et-Loire. L’objectif est d’obtenir des références permettant aux exploitations de répondre à leurs besoins.

Parcelle de méteil
En dix ans d'essais sur le Gaec de la Verne, les méteils ont atteint en moyenne 4,6 tonnes de matière sèche et 14,7 % de MAT avec de fortes disparités selon la teneur en céréale.
© D. Chapuis

« Le choix entre RGI/légumineuses et méteils, ainsi que des espèces dans un mélange sont à réfléchir en fonction des contraintes pédoclimatiques, des besoins des animaux et des dates de semis des maïs », souligne Denis Chapuis, chargé de mission expérimentation au sein de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Sur 2025-2026, douze modalités de ray-grass italien + légumineuses et huit modalités de méteils précoces ont été testées sur l’exploitation du Gaec de la Verne, une exploitation laitière de Saône-et-Loire. Les résultats montrent l’importance de diversifier les espèces et les variétés en fonction des objectifs des éleveurs.

 
<em class="placeholder">Association RGI-trèfles en dérobées</em>
Le choix des variétés de RGI est important en fonction des objectifs des éleveurs, de la précocité et de l'agressivité recherchée. © D. Chapuis

Des différences entre les variétés de RGI

Grâce aux conditions climatiques particulièrement favorables de cette année, le rendement moyen de la première coupe des douze associations RGI + légumineuses s’est établi à 4,4 tonnes de matière sèche à l'hectare, pour une valeur alimentaire de 22,1 % de MAT et 1,06 UFL. La deuxième coupe a présenté des rendements comparables à la première (4,2 tMS), tout en conservant des teneurs élevées en MAT (17,5 %). Sur dix ans, les associations RGI + légumineuses ont atteint en moyenne 7,6 tonnes de matière sèche en deux coupes et 15,3 % de MAT.

« Les résultats montrent qu’une forte proportion de légumineuses dans les mélanges permet d’améliorer la teneur en MAT sans affecter le rendement, explique Denis Chapuis. Les mélanges contenant moins de 35 % de RGI présentent une teneur en MAT supérieure de 1,1 point à celle des mélanges composés de plus de 50 % de RGI. » Des différences variétales demeurent, notamment entre les RGI. « Leur choix doit être adapté aux contraintes et aux priorités de chacun comme la précocité, l’agressivité et le potentiel de repousse. »

 
<em class="placeholder">Denis Chapuis</em>
© D.Chapuis

« Les variétés précoces sont souvent à privilégier afin de libérer les parcelles tôt pour les maïs », Denis Chapuis de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire

 
<em class="placeholder">méteil fourrager précoce en dérobées</em>
La vesce (velue ou commune) est présente dans trois des cinq mélanges avec les meilleures teneurs en MAT. © D. Chapuis

Augmenter la MAT des méteils en diminuant les céréales

Côté méteil, le coût d’implantation reste élevé. Dans les modalités testées, il varie de 180 euros à plus de 300 euros par hectare. Il est donc essentiel de choisir son mélange en fonction des objectifs de production et des besoins des animaux.

« Les mélanges intégrant du seigle ou présentant une teneur modérée en MAT peuvent convenir à l’alimentation des génisses, souligne Denis Chapuis. En revanche, pour des animaux ayant des besoins protéiques plus élevés, il est préférable d’opter pour des mélanges contenant moins de 50 % de céréales et une plus grande diversité de légumineuses afin d’améliorer la teneur en MAT. »

Cette année, « les rendements observés sont relativement faibles (3,3 tMS), tout comme les valeurs alimentaires, avec une teneur moyenne d’environ 12,3 % de MAT, constate le conseiller. Les conditions humides de l’hiver et le début de printemps sec ont pénalisé l’implantation du mélange ».

Sur dix ans, les méteils ont atteint en moyenne 4,6 tonnes de matière sèche et 14,7 % de MAT avec de fortes disparités selon la teneur en céréale (de 13 % si plus de 60 % de céréales à 17,9 % de MAT si moins de 30 %).

La date de semis et la qualité de l’implantation apparaissent comme des facteurs déterminants pour la réussite de la culture.

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