Dégâts d’oiseaux sur tournesol : « La surveillance de mes parcelles dans le Tarn m’occupe trois heures par jour pour empêcher les palombes de s’attaquer à mes semis »
Agriculteur à Montpinier (Tarn), Jocelyn Boutié a recours à plusieurs méthodes pour réduire l'impact des oiseaux sur ses semis de tournesol. Un investissement important en moyens et en temps : le prix à payer pour préserver ses cultures.
« Je constate de plus en plus de nuisances dues aux palombes au fil des années sur mes tournesols, avec pour conséquence, des rendements qui baissent, passant de 22 à 25 q/ha au lieu de 25 à 30 q/ha précédemment. Leur impact commence dès les semis que je réalise début avril, avec une consommation des graines sur le rang. Mais c’est à la levée que les ravages sont les plus importants. Il m’est arrivé de devoir ressemer jusqu’à l’équivalent de 2 à 3 hectares de tournesol, mais cela ne se produit pas tous les ans.
À cause des pigeons, j’ai réduit ma sole de tournesol et je réserve cette culture aux parcelles les plus proches de mon siège d’exploitation, de façon à les surveiller plus efficacement. J’ai augmenté la profondeur et la dose de semis, passant de 65 000 à 80 000 graines à l’hectare pour obtenir une levée la plus homogène possible et réduire l’impact des pigeons. Mais à cette densité, une dose de semences me permet de semer seulement 1,8 hectare pour un coût de 260 euros (au lieu de 2 hectares à 65 000 gr/m2).
Pour lutter contre les oiseaux, j’enrobe mes graines d’un produit biologique (PNF19) à base de piment. L’effet est positif puisque les pigeons ne touchent pas aux graines dans le sol, mais il est neutre quand le tournesol commence à lever. Pour l'effarouchement des pigeons, je dispose de deux canons à gaz et d’un effaroucheur électronique (Agriprotech) qui émet une variété de sons différents pour les faire fuir. Ces équipements sont déplacés tous les jours pour ne pas laisser les pigeons s’y habituer. L’efficacité n’est pas de 100 % : il faut associer leur utilisation à de la présence humaine.
Je fais une veille dans les champs en voiture le matin, le midi, l’après-midi et le soir, moment que je choisis pour le déplacement des effaroucheurs. Pour la surveillance d’une dizaine de parcelles, cela me prend aux alentours de 3 heures par jour. Ce suivi doit durer au minimum 15 jours entre le semis et le stade 2 feuilles du tournesol où la culture n’est plus vulnérable. Mais si les conditions ne sont pas poussantes, cette période peut être deux fois plus longue ! Je fais appel également à la Fédération départementale des chasseurs. Il y a des autorisations de tirs des palombes délivrées chaque année par la préfecture. Des chasseurs viennent ainsi en poste fixe au bord d’une parcelle déclarée pour ces tirs. Avec toutes ces mesures, l’impact des oiseaux devient acceptable. »