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Dégâts d’oiseaux sur tournesol : des astuces pour limiter les attaques au semis et à la levée

Pas de secret : pour minimiser l’impact des oiseaux au semis et à la levée du tournesol, il faut consacrer du temps à les effaroucher, avec présence humaine et à l'aide d'équipements qui se modernisent. Le point sur tous les moyens de lutte.

<em class="placeholder">septembre 2021, plaine de Versailles. Pigeons dans une parcelle en zone périurbaine</em>
Les pigeons (ramier, de ville) s'attaquent préférentiellement aux tournesols, au moment de la levée.
© Gabriel Omnès

Contre les oiseaux sur tournesol, il n’y a pas de solutions miracles. L’addition de plusieurs mesures permet de réduire au maximum leur impact. Sur tournesol, les méfaits proviennent essentiellement des pigeons avec des attaques sur plants en cours de levée se traduisant par des destructions de tiges et cotylédons. Les produits appliqués sur la semence montrent peu d'effets le plus souvent.

Assurer une présence humaine pour lutter contre les dégâts d’oiseaux

La lutte contre les dégâts d'oiseaux est un sujet qui tient à cœur Christian Daniau, agriculteur à Saint-Ciers-sur-Bonnieure (Charente). « Quand on cultive du tournesol, il faut être prêt à investir du temps à lutter contre les oiseaux, souligne-t-il. Leur meilleur ennemi, c’est la présence humaine ! » Avec d’autres agriculteurs de son secteur, il passe plusieurs fois par jour au moment critique de la levée du tournesol, muni de pistolets effaroucheurs.

Des semis précoces peuvent limiter l'impact des oiseaux

Mais avant ces interventions, le tournesol doit être mis dans les meilleures conditions pour une bonne levée. « Favoriser une levée rapide et vigoureuse est le maître-mot pour permettre au tournesol de supporter des dégâts, selon Ghislain Perdrieux, de la chambre d’agriculture du Tarn. Cela nécessite de préparer les champs tôt : une reprise du sol avant mars avec un lit de semences bien préparé et un sol qui aura le temps de se réchauffer. »

Il faudra aussi éviter les semis décalés par rapport aux voisins. Christian Daniau applique cette règle. Il teste aussi le semis précoce, 10 à 15 jours avant les dates classiques. « J’ai réalisé un semis le 8 mars en 2025 et obtenu une très bonne levée. Il n’y a pas eu de dégâts d’oiseaux », rapporte-t-il. Il note que dans certains secteurs de Charente, du nord de la Vienne et des Deux-Sèvres, de tels semis précoces sont courants avec moins de dégâts d’oiseaux qu’ailleurs. Mais les conditions climatiques en mars peuvent ne pas être idéales pour une bonne levée du tournesol. La pratique n’est pas sans risque.

Ghislain Perdrieux rapporte que des agriculteurs ont observé que des semis de tournesol succédant à un couvert de féverole étaient moins attaqués, peut-être grâce à un lit de semence mieux affiné et à des résidus noirs de féverole en surface qui auraient un effet « perturbateur » sur les oiseaux. Mais ces interprétations restent des hypothèses.

Installer des dispositifs d’effarouchement pour limiter les dégâts d’oiseaux

Les dispositifs d’effarouchement sont indispensables contre les oiseaux, avec quelques règles. « Les effaroucheurs seront utilisés au plus près de la levée, voire aux semis s’il y a présence de corvidés qui consomment préférentiellement les graines, conseille Christophe Sausse, de Terres Inovia. Ils seront déplacés fréquemment pour éviter l’habituation des oiseaux, tout en respectant les règles de bon voisinage avec les riverains. »

Au-delà des simples épouvantails peu efficaces, ces équipements sont divers, les plus courants étant les canons à gaz. La société Agriprotech est spécialisée dans ce domaine et commercialise des effaroucheurs mis au point récemment, basés sur la diffusion de sons perturbateurs. « Notre équipement Avitrac diffuse, via des haut-parleurs, des sons effarouchant les oiseaux. Il y a 150 sons différents (d’oiseaux en détresse, de rapaces, d’activités humaines…) qui seront diffusés de manière aléatoire et parfois légèrement altérés pour que les oiseaux ne s’habituent pas », présente Lény Gourven, d’Agriprotech. Plus de 15 000 appareils ont été commercialisés en dix ans. Avitrac est plus coûteux (695 € HT) qu’un canon à gaz pour une protection de 4 hectares ou un peu plus selon la configuration de la parcelle.

Des équipements avec laser à utiliser dans les règles

L’utilisation d’un laser semble performante. Christian Daniau a testé ce type d’équipement (marque Agrilaser). « Sur plusieurs années d’essais, cela a fonctionné avec 100 % de réussite ! » La législation autorise ce type d’équipement en plein champ et de jour sous plusieurs conditions : un laser pas trop puissant, projeté au niveau du sol et non en hauteur. « Nous commercialisons depuis trois ans un équipement qui répond à ces exigences, LazerTrac 1000. Son rayon d’action est de 400 mètres en plein jour, pouvant permettre de protéger une parcelle de 50 hectares », décrit Lény Gourven. Même si plus d’un millier de cet appareil aurait été commercialisé en trois ans, dont la moitié en France, il est coûteux : entre 7 000 et 10 000 euros.

Agriprotech pousse plus loin la recherche d’efficacité d’effarouchement. Un drone terrestre est en phase de test, pouvant fonctionner en autonomie et équipé pour un effarouchement à la fois sonore et visuel (laser). Sa mise en service est prévue dans deux à trois ans.

Des autorisations de tirs possibles et des déclarations conseillées

Certaines préfectures octroient des autorisations de tirs des corvidés et des pigeons au printemps et en été, hors période de chasse. La demande doit être déposée auprès de la DDT et les tirs sont réalisés par les détenteurs de droit (sociétés de chasse), en déclarant le lieu et la date de chaque action. Par ailleurs, même si cela ne donne pas lieu à une indemnisation, les déclarations de dégâts sont conseillées pour alerter les pouvoirs publics et dresser un état des lieux de la situation. L’application « Signaler dégâts faune sauvage » des chambres d’agriculture facilite cette déclaration.

Bien diagnostiquer les dégâts avant de ressemer

Le ressemis après des dégâts de pigeons dans une parcelle n’est pas toujours nécessaire. « Les dégâts au niveau des cotylédons seulement, même consommés à ras, ont peu d’impact sur le développement du tournesol, souligne Christophe Sausse, de Terres Inovia. Les plants sont véritablement détruits quand la tige a été coupée, ce qui arrive parfois avec la consommation des cotylédons. » De tels dégâts sur une proportion significative de plants justifient alors de ressemer sa parcelle.

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