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Débat ouvert sur l’allaitement maternel des chevrettes

Entre promesse de sérénité et réalités sanitaires et économiques, les éleveurs de chèvres sont partagés sur la pratique de l’allaitement maternel. Table ronde.

<em class="placeholder">Nadege Couet et Claire Mimault
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Nadege Couet, à gauche, productrice de crottin de chavignol dans le Cher, ne veut plus prendre de risque sanitaire et elle sépare les jeunes des mères dès la naissance. Claire Mimault, à droite, laisse les chevrettes sous les mères depuis sept ans. Cela n’empêche pas une surveillance des jeunes, surtout pendant les premières heures de vie.
© D. Hardy

En plus de présenter les résultats de CabrioLait, l’Inrae a profité de la journée du 13 novembre à Avord, dans le Cher, pour faire dialoguer éleveurs et acteurs de terrain sur la pratique de l’allaitement maternel.

Lire aussi : Et si on remettait les chevrettes sous leur mère ?

Le premier questionnement est d’ordre sanitaire, notamment avec le Caev et les mycoplasmes. « La transmission du Caev par le colostrum puis par le lait est bien référencée, rappelle Renée de Crémoux de l’Institut de l’élevage. De façon plus générale, retirer les chevreaux le plus tôt possible, c’est repousser le moment où ils vont être exposés aux maladies. »

Des économies de poudre bio

<em class="placeholder">Nadege Couet</em>

Nadège Couet, qui élève 400 chèvres et 40 vaches laitières dans le Cher, est revenue de l’allaitement maternel. « Nous avions jusqu’à une chevrette sur cinq qui était paralysée par le Caev », se souvient l’éleveuse. Depuis, elle cueille les chevreaux à la naissance, les sèche avec une serviette puis les sépare immédiatement, avant même que la mère n’ait vraiment vu son petit. Elle donne ensuite 300 millilitres de colostrum de vache congelé et réchauffé au bain-marie. « C’est ce qu’il y a de plus simple », assure-t-elle.

<em class="placeholder">Claire Mimault
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Claire Mimault, éleveuse de 120 chèvres alpines dans le sud de la Vendée, a eu le déclic en 2018 lors d’un voyage d’étude au Pays basque où « tout le monde » élevait sous la mère. « Nous avons fait nos calculs et nous avons estimé la perte à environ 1 500 euros. » Depuis sept ans, la séparation partielle, avec les chevrettes seules la nuit, a permis de concilier production de lait et élevage de jeunes. Les chevrettes sont sevrées à quatre mois et Claire n’a pas besoin d’acheter la coûteuse poudre de lait bio.

Moins de travail pendant les mises bas

Stéphane Bouvet de la chambre d’agriculture du Cher fait le calcul : « D’un côté on a 45 à 50 euros de poudre de lait à acheter, de l’autre, on a 80 à 100 euros de lait non vendu… » Certes, les éleveurs laissant sous les mères ne perdent pas de temps à leur apprendre à téter mais la perte économique reste là. « Le travail est plus agréable et on ne soulève plus les seaux », assure Claire Mimault. Contrairement à l’étude CabrioLait, l’éleveuse de Vendée n’a pas observé de baisse des taux ni de dégradation des notes d’état corporel.

En conseiller de terrain, Stéphane Bouvet l’observe : « Les journées sont longues pendant la période des mises bas. Il y a un goulot d’étranglement entre la surveillance des naissances, les mises bas à assister, l’alimentation à recaler, le début de la traite et les remises en lot. L’élevage des chevrettes est un travail supplémentaire qu’il ne faut pourtant pas négliger. »

Les chevrettes semblent aussi apprendre plus facilement avec leur mère. « La montée en salle de traite des primipares se passe sans problème, témoigne Claire. Et, au pâturage, elles ont pu apprendre petites le fonctionnement des fils électriques. »

Lire aussi : Deux enquêtes pour comprendre les éleveurs de chevrettes sous la mère 

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