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Oui ou non au RIP – Discussion entre agriculteurs et parlementaires dans une exploitation du Calvados

RIP ou pas RIP, c’est la question à laquelle ont dû répondre les parlementaires ces dernières semaines. Le Référendum d’initiative partagée pour les animaux a été ressenti comme une nouvelle atteinte à leur profession par le monde agricole. Dans le Calvados, les JA ont décidé de ne pas être dans l’affrontement mais dans le dialogue. Samuel Biderre a ouvert les portes de son élevage laitier à une sénatrice et à la collaboratrice d’une députée. Discussions et explications. L’Agriculteur normand relate la rencontre.

© Ralf Steinberger / flickr

Dans le Calvados comme dans les autres départements, le projet de Référendum d’initiative partagée, le RIP sur les animaux ne passe pas chez les éleveurs. Pourtant, certains ont décidé d’être ouverts au dialogue. Le mercredi 16 septembre, les jeunes agriculteurs du syndicat départemental JA 14 ont invité les parlementaires de leur département à découvrir la ferme de Samuel Biderre, éleveur de vaches laitières et de veaux de lait. « Corinne Féret, sénatrice, et Emmanuelle Jardin-Payet, collaboratrice de Laurence Dumont, députée, sont les deux seules à avoir accepté l’exercice », annonce l’Agriculteur normand qui relate la rencontre. Corinne Féret a signé la pétition en faveur du RIP, Laurence Dumont, elle, ne l’a pas signé.

Pourquoi avoir signé le RIP ?

A la question « pourquoi avoir signé ? », posée par les agriculteurs, la sénatrice répond : « J’ai co-signé le RIP car c’est un outil de démocratie mis à disposition des Français ». Elle estime que cela permettrait « un temps d’échange pédagogique ». « Le RIP porte sur l’élevage intensif », estime Corinne Féret. Une notion aux contours pas toujours bien définis. « Qu’est-ce que l’élevage intensif pour vous ? Où place-t-on le curseur ? » a demandé François-Xavier Hupin, président de JA 14, à la parlementaire. « Corinne Féret reconnaît la qualité de l’élevage de Samuel Biderre, » commente le journal normand. Pourtant ses veaux « sont élevés sur paille, en box. Il dispose de dix box de six places chacun. »

Laurence Dumont, pour sa part, préférerait « un travail sur le bien-être animal, en concertation avec la profession », explique sa collaboratrice, raison pour laquelle elle n’a pas signé pour le RIP.

Lire l’intégralité de l’article « Un outil démocratique à l’épreuve de la réalité des élevages » dans l’Agriculteur normand

« Un outil de démocratie » pour « un débat légitime sur le bien-être animal »

Bertrand Bouyx est lui aussi député du Calvados. Il ne s’est pas rendu sur la ferme de Samuel Biderre et est signataire du RIP. Julie Pertriaux, auteur de l'article de l’Agriculteur normand, l’a interrogé sur ses motivations. Il a « une position arrêtée sur les spectacles d’animaux vivants » mais avoue n’être « ni antispéciste ni anti-chasse ». Il a signé parce que « les Français veulent un débat légitime sur le bien-être animal ». Il estime que « de plus en plus de citoyens veulent de la démocratie directe, locale ». Et le RIP est « un outil qui y participe ». En tant que parlementaire, il doit « être présent sur la question ».

Lire aussi « RIP pour les animaux – " Ne nous opposons pas, agissons ensemble " propose La Ferme digitale »

Lire aussi « RIP pour les animaux : la contre-offensive s’organise »

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