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Cultures porte-graines : « Je sème les graminées sous couvert de céréales pour m’adapter aux contraintes »

Agriculteur à Bougainville (Somme), Ludovic Patteux doit composer avec un manque d'efficacité des solutions herbicides sur ses dactyles et fétuques porte-graine.

Ludovic Patteux, agriculteur à Bougainville (Somme)"Nous manquons d’herbicides sur des cultures mineures comme les graminées porte-graine."
Ludovic Patteux, agriculteur à Bougainville (Somme)"Nous manquons d’herbicides sur des cultures mineures comme les graminées porte-graine."
© L. Patteux

« Sur les graminées porte-graines telles que le dactyle ou la fétuque élevée, nous sommes exigeants sur la qualité de désherbage. Des graminées comme le vulpin résistent à certains herbicides et il ne faut pas retrouver leurs semences mélangées à nos récoltes. Or, nous manquons d’herbicides sur ces cultures mineures, ou les doses utilisables sont trop faibles pour assurer une bonne efficacité. Homologué à 2 litres par hectare sur fétuque, le produit Tramat F est trop juste contre le vulpin. Le diflufénicanil n’est plus autorisé sur graminées porte-graine alors que c’était un antidicotylédone très efficace.

Une solution passe par le semis de ces graminées sous couvert de céréales. Le dactyle est ainsi semé deux jours après celui d’une orge de printemps et la fétuque en direct début mars sous couvert de blé. Les herbicides choisis sur blé et orge sont sélectifs de ces graminées et les protègent de la concurrence des adventices. Fétuque et dactyle se développent une fois les moissons accomplies. Elles sont récoltées l’année suivante, avec un contrôle des adventices avec les produits autorisés.

Ces techniques de semis sous couvert ont l’avantage d’économiser du fioul : deux passages de déchaumeurs et un labour en moins par rapport à un semis qui serait réalisé en plein spécifiquement pour ces graminées.

Pour leur récolte, nous avons développé la technique de l’andainage pour obtenir une maturité régulière des semences. C’est une technique qui a été mise au point, entre autres, pour résoudre les problèmes d’égrainage auxquels nous étions confrontés. Avec ces adaptations, les graminées porte-graines restent intéressantes en termes de rentabilité de production. »

EARL Patteux Ludovic. 157 hectares dont 70 en blé tendre (avec une partie en semences), colza, orge, betterave sucrière, pomme de terre fécule, pois protéagineux, graminées fourragères porte graines.

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