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[Coronavirus] L'Etat refuse que les laboratoires vétérinaires réalisent des tests Covid-19

Le gouvernement français peut-il-se permettre le luxe de refuser l’aide des laboratoires vétérinaires dans la lutte contre la pandémie liée au coronavirus, alors que ceux-ci pourraient produire des centaines de milliers de tests ? Cela paraît incroyable, mais c’est aujourd’hui le sentiment du monde vétérinaire.

Les laboratoires vétérinaires ont des compétences sur les pandémies, sur la mise en place de tests à grande échelle et sur les coronavirus. Ils n’attendent qu’une chose : le feu vert des autorités sanitaires pour se mobiliser sur le Covid-19.
Les laboratoires vétérinaires ont des compétences sur les pandémies, sur la mise en place de tests à grande échelle et sur les coronavirus. Ils n’attendent qu’une chose : le feu vert des autorités sanitaires pour se mobiliser sur le Covid-19.
© E. Durand

Dans un communiqué du 28 mars, l'Académie vétérinaire de France (AVF) soutient la démarche d'offre de service des laboratoires vétérinaires au monde médical pour la réalisation de tests Covid-19 à grande échelle.

« Les producteurs français de réactifs vétérinaires ont l'expertise du diagnostic des coronaviroses chez les animaux et la capacité de produire plusieurs centaines de milliers de tests virologiques et sérologiques par mois, souligne l’AVF. Par ailleurs, les laboratoires vétérinaires sont capables d'effectuer un très grand nombre d'analyses grâce à leurs automates et outils de diagnostic ».

Le territoire français compte en effet un grand nombre de laboratoires vétérinaires (environ 80 laboratoires publics et une dizaine de groupes privés) et des producteurs de réactifs pour la fabrication de tests vétérinaires (cinq sociétés). Certains de ces laboratoires ont proposé leurs services, mais cela leur a été refusé par les autorités sanitaires pour motif juridique. C’est le cas par exemple du laboratoire vétérinaire public Inovalys dirigé par les Conseils départementaux de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de Sarthe et d’Indre-et-Loire.

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Les vétérinaires ont les compétences sur les pandémies et sur les coronavirus

Pour le président de l’Académie vétérinaire de France, cette position est incompréhensible. « Les vétérinaires ont l’habitude de gérer des pandémies, et ils ont acquis des compétences dans ce domaine. Il est très dommage que, dans cette crise, les autorités sanitaires françaises n’utilisent pas les compétences du monde vétérinaire sur les pandémies, sur l’approche populationnelle et sur sa connaissance des coronavirus qui sont responsables de nombreuses maladies des animaux domestiques et d’élevage », a réagi Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire de France.

En effet, de nombreuses maladies des animaux de compagnie ou d’élevage sont concernés par des maladies à coronavirus qui affectent soit le système digestif, soit le système pulmonaire. C’est le cas de la péritonite infectieuse féline chez le chat, la diarrhée épidémique porcine, la bronchite infectieuse chez les oiseaux, et d’autres maladies chez le chien ou les ruminants. « Ce sont des virus très connus du monde animal et les laboratoires vétérinaires savent développer des tests à grande échelle pour ces maladies. Ils pourraient être très vite opérationnels pour le Covid-19 », poursuit-il.

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D’autres pays mobilisent leurs laboratoires vétérinaires face au Covid-19

Qu’attend donc la France pour faire sauter son carcan réglementaire et mettre à contribution les laboratoires vétérinaires et les producteurs de réactifs ?  D’autres pays n’ont pas attendu. C’est le cas des Etats-Unis où la FDA (ministère de la Santé) a donné son feu vert pour mobiliser ses producteurs de réactifs, de l’Allemagne qui réalise des tests à grande échelle et qui a mobilisé son résaux de laboratoires vétérinaires, de la Belgique ou encore de l’Italie. « On parle beaucoup de la continuité entre santé humaine et santé animale, avec le concept ‘One health’. C’est le moment de le mettre en œuvre », poursuit Jean-Luc Angot.

Le Premier ministre a déclaré qu’il allait étudier la question. « Nous avons bon espoir à la fois pour les laboratoires et pour les producteurs de réactifs ». Pour les laboratoires vétérinaires, c'est le ministère de la Santé qui est l'autorité compétente, alors que pour les producteurs de réactifs cil s'agit du ministère de l'Industrie (Bercy). De son côté, l’Académie vétérinaires de France est prête et attend le feu vert. Une cellule Covid-19, animée par Marc Dhenain, s'est mobilisée pour préparer des avis scientifiques et collaborer avec les autres académies et les instances sanitaires. Par ailleurs, trois des cinq principales sociétés productrices de réactifs sont prêtes : il s'agit de Idexx, Biosellal et IDVet. Leur capacité est de 100 000 tests par semaine et par entreprise d'ici 15 jours maximum après que l'autorisation sera donnée. 

 

Mise à jour du 4 avril.
Le gouvernement semble finalement donner son feu vert aux laboratoire vétérinaires.

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