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Colère des agriculteurs : la FNSEA remobilise ses troupes à compter du 18 novembre

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, annonce ce 13 novembre sur France Inter le retour des agriculteurs dans la rue dès lundi 18 novembre. Le syndicat veut montrer son opposition au projet d’accord UE-Mercosur.

Tracteurs rassemblés sur la place Bonnyaud à Guéret en janvier 2024.
Dans la Creuse, rassemblement de plus de 250 tracteurs et 600 agriculteurs sur la place Bonnyaud, à Guéret en janvier dernier.
© Crédit HC/Creuse Agricole

[Mis à jour le 13 novembre à 17h30]

« Nous allons reprendre la route à partir de lundi prochain », a confirmé ce matin Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, au micro de France Inter. Comme annoncé voilà plusieurs semaines, le syndicat majoritaire agricole se mobilise à l’occasion de l’ouverture du G20 au Brésil. « Car cet accord du Mercosur risque d’avoir pour l’agriculture des conséquences dramatiques. On parle d’importations de bœuf aux hormones et de poulets avec des accélérateurs de croissance », déplore notamment le président de la FNSEA. 

Relire : Accord UE-Mercosur : « Les agriculteurs seront quoi qu’il arrive dans la rue au moment du G20 mi-novembre au Brésil »

Les autoroutes ne seront pas ciblées par la FNSEA

Comment ce mouvement se concrétisera ? « On n’est pas là pour ennuyer les Français, tout le monde a des problématiques. Il n’y aura pas de blocage. Aujourd’hui on ne cible pas les autoroutes. On n’est pas là pour ennuyer les Français. On est fiers pour les nourrir », assure Arnaud Rousseau. 

On veut attirer l’attention des pouvoirs publics pour dire que la France n’est pas une passoire 

« On veut attirer l’attention des pouvoirs publics pour dire que la France n’est pas une passoire », poursuit le président du syndicat majoritaire agricole qui annonce une mobilisation dans « tous les départements ». Le mot d’ordre : « on ne souhaite pas d’atteinte aux biens et aux personnes », martèle Arnaud Rousseau.

Lire aussi : Mercosur : 622 parlementaires français s’opposent à l’accord dans une lettre à Ursula von der Leyen 

Préfectures et voies de circulation avec un nom européen en ligne de mire

Dans une conférence de presse en fin de journée, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont précisé que le mouvement de contestation était prévu pour les 18 et 19 novembre. Les manifestations seront organisées au niveau de chaque département, devant les préfectures ou sur les voies de circulation dont le nom fait référence à l’Europe

« On espère être rejoints par d’autres pays européens », lance Arnaud Rousseau.

Lire aussi : Le fonds de compensation du Mercosur : une provocation pour les agriculteurs européens

Au-delà du Mercosur des attentes concrètes autour des trésoreries des exploitations agricoles

Alors que beaucoup d’annonces ont été faites depuis un an, le président de la FNSEA affirme que les agriculteurs attendent encore des mesures concrètes. « Aujourd’hui l’urgence ce sont les trésoreries des agriculteurs après un été catastrophique, avec la récolte de céréales la plus faibles depuis 40 ans, des vendanges mauvaises, et la crise sanitaire », explique-t-il. 

Pour la trésorerie, on ne connaît ni le moment, ni le montant, ni la durée des prêts annoncés

« Or pour la trésorerie, on ne connaît ni le moment, ni le montant, ni la durée des prêts annoncés », déplore Arnaud Rousseau. « On attend toujours la loi d’orientation agricole. Elle sera probablement discutée au Sénat au mois de janvier. Pour l’instant beaucoup de choses ne sont pas mises en œuvre », complète-t-il.

Lire aussi : « Les agriculteurs partagent une même exaspération, mais n’ont pas les mêmes attentes », selon François Purseigle

Deux autres séquence de la mobilisation annoncées d'ici la mi-décembre

Après la première séquence des 18 et 19 novembre, la mobilisation comportera deux autres phases, dont la date n’est pas encore arrêtée : une seconde sur les « contraintes à l’agriculture » et une troisième sur « les prix, les revenus et la compétitivité », ont prévenu devant la presse la FNSEA et les jeunes agriculteurs.

Ne pas prendre en otage la période de Noël

Le mouvement pourrait ainsi s’étaler jusqu’ à la mi-décembre où il s’arrêtera pour « ne pas prendre en otage la période de Noël, une période de consommation de nos produits », a déclaré Arnaud Rousseau lors de la conférence de presse, précisant que la mobilisation pourrait repartir si besoin « en janvier ».

Lire aussi : Aides à la trésorerie des agriculteurs : Annie Genevard annonce deux dispositifs

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