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Formation
Cinq raisons pour lesquelles l’enseignement agricole mérite d’être mieux connu et reconnu

Convaincue de la pertinence du modèle de l’enseignement agricole, une mission d’information sénatoriale réclame la consolidation des moyens du secteur, piloté par le ministère de l’Agriculture, et de renforcer son attractivité.

Enseignement agricole
Il s’agit d’un enseignement à taille humaine et ancré dans les territoires ruraux, avec plus de 190 000 élèves et apprentis formés en 2019, dans 806 établissements scolaires auxquels s’ajoutent 16 000 étudiants de l’enseignement supérieur.
© Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

« Plus que jamais nous sommes convaincus de l’importance de l’enseignement agricole et de la volonté de le consolider », déclare ce mardi 5 octobre à la presse, la sénatrice RDSE de Gironde Nathalie Delattre en présentant les conclusions du rapport de la mission d’information sur l’enseignement agricole. Une mission ayant découlé du projet de loi de finances 2021, « j’avais alors estimé que l’enseignement agricole était à un stade de survie et je n’avais pas envie d’en rester là », rappelle-t-elle. Après neuf mois de travail, 80 auditions et 5 déplacements sur le terrain, le rapport de la mission d’information pointe les atouts et les faiblesses de l’enseignement agricole qui regroupe : 806 établissements d’enseignement technique, 17 établissements d’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage et 2 établissements d’enseignement à distance.

L'enseignement agricole connait les meilleurs résultats de tout l'enseignement

Voici cinq raisons mises en exergue dans le rapport pour lesquelles l’enseignement agricole mérite une meilleure considération de la part des pouvoirs publics aujourd’hui :

  • « L’enseignement agricole connait les meilleurs résultats de tout l’enseignement », pointe Nathalie Delattre. En 2020 par exemple, les résultats obtenus au bac s’affichaient dans l’enseignement agricole largement au-dessus de la moyenne de l’Education nationale.

Résultats du baccalauréat (session 2020)

Éducation nationale

 Enseignement agricole

Bac professionnel

 90,7 %

 92,9 %

Bac technologique

 95,7 %

 98,4 %

Bac S

 98,4 %

 98,9 %

 

  • Il s’agit d’un enseignement à taille humaine et ancré dans les territoires ruraux, avec plus de 190 000 élèves et apprentis formés en 2019, dans 806 établissements scolaires dont 217 lycées agricoles publics, 368 maisons familiales rurales, 210 lycées agricoles privés, 11 centres médico-éducatifs auxquels s’ajoutent 16 000 étudiants de l’enseignement supérieur.
     
  • L’enseignement agricole doit répondre au défi de renouvellement des générations dans l’agriculture alors 200 000 agriculteurs devraient prendre leur retraite d’ici à 2026. « Malgré les installations stables autour de 13 000 nouveaux exploitants par an, le nombre de départs est tel que près d’un exploitant sur trois ne sera pas remplacée si la tendance actuelle n’est pas infléchie », peut-on lire dans le rapport de la mission d’information.
     
  • L’enseignement agricole s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de transformation de l’agriculture vers la transition agroécologique, note le rapport de la mission d’information qui met en avant le plan « enseigner à produire autrement », lancé en 2014. Outre la modification des référentiels de formation, les exploitations des établissements d’enseignement agricole « ont également pris le virage de la transformation écologique » avec 20% de leur surface agricole utile désormais certifié en agriculture biologique (+74% entre 2014 et 2018). Par ailleurs un nouveau plan 2020-2024 intitulé « enseigner à produire autrement, pour la transition et l’agro-écologie » a été lancé en janvier 2020.
     
  • L’enseignement agricole se caractérise par une pédagogie innovante. Citée dans le rapport de la mission d’information, Valérie Baduel, directrice générale de l’enseignement et de la recherche du ministère de l’agriculture et de l’alimentation, assure que « l’enseignement agricole s’appuie sur une pédagogie pratique et concrète », grâce aux exploitations agricoles et ateliers technologiques. Par ailleurs depuis de nombreuses années, l’enseignement agricole s’affiche à l’avant-garde de l’éducation nationale, avec une place majeure de l’internat (aujourd’hui mis en avant dans le plan de relance du gouvernement), le développement précurseur de l’apprentissage ou encore l’inclusion des élèves en situation de handicap.

Des effectifs en baisse de 11% en 10 ans

Pour autant, le rapport ne cache pas que « l’enseigne agricole traverse aujourd’hui de réelles difficultés », avec une baisse de 11% des effectifs dans l’enseignement technique agricole en 10 ans, ou encore une situation financière des établissements, à 60% privés, mise à mal par la Covid-19 . « L’enseignement agricole reste encore trop souvent perçu comme un dispositif alternatif à l’Education nationale pour les élèves en difficultés », peut-on par ailleurs lire dans le rapport. Et Nathalie Delattre de regretter que le camion itinérant mis en place pour la dernière campagne de communication du ministère de l’Agriculture se retrouve aujourd’hui immobilisé sur un parking (après avoir été bloqué plusieurs mois par la Covid-19).

Se félicitant que le budget 2022 du ministère de l’Agriculture prévoie une hausse de 43,5 millions d’euros pour l’enseignement agricole et une réduction de seulement 16 ETP (contre 110 initialement prévus), la mission d’information du sénat ne s’en inquiète pas moins et formule plusieurs propositions pour consolider le secteur.

Les propositions de la mission d'information sénatoriale

Parmi ces propositions contenues dans le rapport, les sénateurs demandent de maintenir l’enseignement agricole dans le giron du ministère de l’Agriculture, la participation du ministre chargé de l’agriculture aux débats au Parlement sur le budget, d’annuler au titre de 2022 les suppressions d’emploi prévues dans le schéma prévisionnel d’emplois pluriannuel 2019-2022 ou encore d’évaluer les demandes de reconversions professionnelles vers les métiers de l’agriculture pour prévoir les moyens budgétaires nécessaires à l’accompagnement de ces futurs agriculteurs. Autres propositions : renforcer l’information des enseignants sur le contenu des métiers proposés par l’enseignement agricole ou encore prévoir la venue d’un proviseur de lycée agricole et d’un directeur de maison familiale rurale devant les élèves de collège.

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