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Cinq grands principes à respecter pour l'abreuvement des bovins au pâturage

Localisation, dimension, débit, volume, hygiène… Quelques grandes règles gagnent à être respectées pour que les animaux puissent se désaltérer en restant en bonne santé.

© F.Alteroche

Localisation

Les bovins sont des animaux grégaires. Si la distance entre l’abreuvoir et la zone de pâturage est inférieure à 200 mètres, ils viendront s’abreuver fréquemment, seuls ou en petits groupes. Dans l’idéal, les abreuvoirs doivent donc être accessibles à moins de 200 m en tout point de la parcelle. Si la distance est supérieure, ils viendront boire moins souvent, et en grands groupes — favorisant forcément les dominants au détriment des dominés — ou resteront à proximité du point d’eau, au détriment du pâturage. Quand la température passe le cap des 25 à 28 °C, les bovins tendent vraiment à restreindre leurs déplacements pour rester dans les zones ombragées et/ou bénéficiant de courants d’air. Aux heures les plus chaudes, ils n’iront boire que si le point d’eau n’est pas trop éloigné.

Il faut éviter de positionner le point d’eau à proximité immédiate de l’entrée de la parcelle et donner priorité aux zones portantes, légèrement surélevées (surtout pas dans une cuvette), stabilisées ou équipées d’une dalle bétonnée. Il est déconseillé de placer l’abreuvoir dans des culs-de-sac et trop proche des clôtures surtout si elles sont électriques. Le sol ne doit pas être trop agressif (enrochement de gros calibre ou coupant) pour éviter les blessures.

Dimension

Si l’abreuvoir est trop petit pour que tous les animaux y accèdent en même temps ou qu’il n’y a pas assez d’eau pour tous, les dominés ne boiront pas suffisamment et auront de moindres performances. Il est donc essentiel de réfléchir à la taille et au débit du tuyau qui alimente l’abreuvoir. « Lorsque les abreuvoirs sont placés à des distances proches de la zone de pâturage, les animaux viennent s’abreuver seuls ou par petits groupes. Le système d’abreuvement doit alors permettre à au moins 10 % des animaux du troupeau de s’abreuver simultanément et fournir un quart de la consommation quotidienne du troupeau en 10 minutes, explique la chambre d’agriculture des Ardennes. Au-delà d’une distance de 200 mètres, les animaux ont tendance à se déplacer moins fréquemment et quand ils le font c’est en groupes de dimension plus conséquente. » Cela signifie que le système d’abreuvement doit alors permettre à au moins 20 % des animaux du troupeau de s’abreuver simultanément et que le volume des abreuvoirs est en mesure de fournir la moitié de la consommation quotidienne du troupeau en 10 minutes.

Débit suffisant

Afin de laisser le maximum de temps aux animaux pour ingérer et ruminer, il est conseillé d’utiliser un abreuvoir avec un bon débit. Le diamètre des tuyaux utilisés pour alimenter les abreuvoirs doit être suffisamment important pour pouvoir alimenter tous les points d’eau et maintenir un débit suffisant au niveau de l’abreuvoir. Il faut donc tenir compte de la longueur du réseau, du dénivelé et du nombre de points d’eau pouvant être utilisés en même temps.

Volume

Les bovins préfèrent s’abreuver dans de grands bacs (500 litres). Il est préférable d’accroître le nombre d’abreuvoirs plutôt que d’augmenter le volume d’un seul, en les éloignant les uns des autres d’une dizaine de mètres pour réduire les bousculades. D’une manière générale, il est préférable de surdimensionner légèrement le système afin de sécuriser l’approvisionnement en eau, éviter les temps d’attente trop longs et les bousculades. Il faut éviter que les animaux ne vident complètement les abreuvoirs. Ce serait prendre le risque qu’ils les déplacent et endommagent les raccordements. Donc en période de sécheresse quand l’abreuvoir est alimenté par une source à faible débit il faudra des abreuvoirs susceptibles de stocker suffisamment d’eau pour éviter qu’ils ne vident d’un coup l’abreuvoir. Donc plus le débit est faible, plus il faut de grands abreuvoirs.

Il est souhaitable de connaître la durée nécessaire pour remplir le bac. Une astuce consiste aussi à placer des bidons flottant sur l’eau des bacs dans les paddocks. D’un coup d’œil, lorsque l’on parcourt les pâtures, il est possible de vérifier la hauteur normale des bidons.

Hygiène

Attention au développement d’algues tant dans l’abreuvoir que dans la tonne à eau. Avant l’arrivée du lot dans la parcelle, il est bon d’en vérifier sa propreté : pas de végétaux et absence de cadavre d’animaux (oiseaux, rongeurs…), de vérifier le fonctionnement et le débit du flotteur, et de contrôler l’absence de fuite. Quand le lot quitte la parcelle il est bien de fermer l’eau. Trop souvent des abreuvoirs fuient plusieurs jours, alors que la parcelle n’est pas utilisée. Pour cela il est bien pratique de pouvoir aisément couper une ligne d’eau desservant un ou plusieurs abreuvoirs. « Si en bâtiment les animaux consomment le plus souvent de l’eau du réseau ou de l’eau profonde (forage, puits), au pré, le recours à l’eau de surface est largement répandu. Cela présente un risque de transmission de pathologies telles que la paratuberculose, la salmonellose ou la leptospirose, ainsi que d’autres maladies d’origine non bactérienne, comme la coccidiose ou des viroses digestives », explique le Docteur Boris Boubet, directeur du GDS de la Creuse. Les zones humides (descentes de rivières, mares, mouillères…) sont des lieux privilégiés pour les parasites internes comme la grande douve et le paramphistome. "En piétinant les berges, les animaux créent des zones boueuses qui favorisent la prolifération des hôtes intermédiaires, les limnées, qui excrètent ensuite ces parasites et ils viennent se fixer sur les végétaux aquatiques environnants. Lorsque les animaux accèdent directement aux points d’eau, ils ingèrent ces végétaux et se contaminent », explique Boris Boubet.

 

Rédaction Réussir

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