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Une assurance contre le risque inhibiteur

Groupama a élaboré avec la Fnec une assurance spécifique pour prendre en charge les coûts (élevés) de la présence d’inhibiteurs dans le lait de chèvre.

Pour les 3 000 livreurs de lait de chèvre, la présence d’inhibiteurs est une crainte majeure. En effet si le lait présente une substance qui empêche le développement des bactéries lactiques, c’est tout le lait collecté dans la citerne du camion qui ne peut pas être transformé en fromage. Ces accidents restent très rares, une dizaine de cas par an en caprin. Heureusement, car c’est souvent à l’éleveur de prendre en charge la perte de ce lait non utilisable à des montants moyens voisinant les 20 000 d’euros.

Pour prendre en charge ce risque par la voie assurantielle, la Fnec s’est rapprochée de l’assureur mutualiste Groupama. Les éleveurs bovins laitiers disposent, eux, d’un outil interprofessionnel de prise en charge du risque inhibiteur. Ce dispositif interprofessionnel du Cniel (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière) a inspiré Groupama et la Fnec dans leur construction d’une garantie spécifique intégrée dans le contrat responsabilité civile professionnelle de l’éleveur.

Aucune obligation de s’assurer mais une solution face au risque

La garantie proposée couvrira la responsabilité de l’éleveur pour la prise en charge de la valeur de la citerne « contaminée », des frais de collecte et de réacheminement en vue de la destruction du lait contaminé et de 100 euros pour l’immobilisation de la citerne. L’indemnisation ne pourrait avoir lieu qu’une fois par an et le producteur laitier garderait une franchise fixe d’environ 700 euros.

Ce dispositif est déployé progressivement par l’ensemble des caisses régionales de Groupama et devrait coûter en moyenne 80 euros par élevage et par an. Dans le détail, la cotisation est composée d’une part fixe de 60 euros et d’une part variable en fonction du chiffre d’affaires (0,20 x chiffre d’affaires/1 000). À terme, ce contrat inhibiteur pourrait inspirer d’autres assureurs qui pourraient également le proposer dans leur offre. « Il n’y a aucune obligation de s’assurer, explique Joël Mazars, éleveur occitan et ancien assureur qui a mené ces travaux avec Groupama. Par contre, nous voulions que chaque producteur ait une solution face à ce genre d’accident qui reste très rare. »

Deux autres assurances spécifiques en réflexion

La première source d’inhibiteurs dans le lait reste la présence d’antibiotiques. Il peut aussi s’agir de résidus de produits de lavage, de colostrum ou de bactériophages. Les éleveurs doivent donc rester vigilants pour ne pas oublier d’écarter le lait d’une chèvre traitée. Le respect des doses prescrites et des délais d’attente est également important, notamment pour les traitements intramammaires.

La Fédération nationale des éleveurs de chèvre réfléchit par ailleurs avec Groupama à deux autres assurances, l’une sur les pertes d’exploitation pour un producteur laitier fermier en cas de crise sanitaire, l’autre sur la prise en charge de la perte de valeur suite au déclassement de lait AOP.

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