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Les travaux sur la toiture à Mignaloux-Beauvoir ont affecté la production de semences caprines

Malgré des travaux affectant la production de semences caprines, Capgènes a su, en 2025, lancer le génotypage en ferme, concrétiser le partenariat avec la Chine et regagner un peu d’inséminations en France.

<em class="placeholder">Travaux du toit au siège de Capènes</em>
Des travaux d’urgence pour refaire la toiture au-dessus du laboratoire ont stoppé la production de semences pendant plusieurs semaines.
© Capgènes

C’est dans une ambiance à la fois sereine et détendue que s’est tenue, ce mardi 28 avril, l’assemblée générale de Capgènes à son siège de Mignaloux-Beauvoir dans la Vienne. L’occasion pour Frédéric Baudy, éleveur de chèvres de l’Aveyron et président de la structure, de revenir sur une année 2025 marquée par des avancées majeures, mais aussi par des défis logistiques et sanitaires. « 2025 a été une année particulièrement riche, caractéristique de notre union de coopératives, une structure vivante, en mouvement permanent, capable de s’adapter, d’innover et de se projeter vers l’avenir », a souligné Frédéric Baudy en évoquant le déploiement du génotypage en ferme, la concrétisation du partenariat avec la Chine ou la gestion d’une crise logistique liée aux travaux de toiture.

Le toit menaçait de s’effondrer

En effet, d’inquiétantes fissures sur le pignon et un début d’affaissement de la toiture au-dessus du laboratoire et des bureaux menaçaient d’un complet effondrement du toit. Les étais posés dans le couloir n’étaient pas suffisants et de plus lourdes réparations ont été entreprises l’été dernier, obligeant à arrêter et déménager le matériel de production de semences. « Les laborantins ont été au chômage technique pendant six semaines et la production n’a pu reprendre que fin octobre », relate Yves Rouault, le directeur de la structure qui compte une petite vingtaine de personnes.

« On a dû déménager tout le matériel du laboratoire, nettoyer, remettre en route… Et comme si cela ne suffisait pas, nous avons eu des problèmes de chambre froide juste après les travaux », raconte Jeanne Yviquel, la responsable de production à Capgènes. Résultat, seulement 174 000 doses ont été produites en 2025 contre 211 000 en 2024. « Mais, n’ayez crainte, rassure Frédéric Baudy, nous avons encore plus d’un million de doses en cuve et tout est rentré dans l’ordre ». Seule la livraison des semences aux coopératives de mise en place a été fractionnée avec 70 % des doses saanen et 50 % des doses alpines livrées en février 2026 et le reste est prévu pour juin.

Inquiétude sur la population de saanen

Malgré cette baisse accidentelle de la production de semences, l’activité 2025 s’est traduite par une légère reprise des inséminations en France avec 67 151 paillettes mises en place. Cette hausse de 2 % par rapport à 2024 rompt enfin avec une lente érosion depuis 2017 et le pic historique de 74 300 inséminations. Cette hausse est principalement portée par les coopératives Auriva dans le sud de la France où la demande en semence caprine reste dynamique.

Le nombre de chèvres inscrites dans le programme de sélection augmente légèrement avec 171 000 chèvres chez les 598 éleveurs « créateurs et engagés », c’est-à-dire ceux réalisant des inséminations et étant au contrôle laitier officiel. Cependant, le tableau n’est pas aussi rose quand on regarde par race, surtout pour la race saanen, où « on a perdu certains gros troupeaux », regrette Vincent Gousseau, responsable du schéma et de l’équipe technique à Capgènes. « Si l’on se concentre sur les femelles pouvant être mères à boucs, c’est-à-dire celles ayant un père connu et provenant d’élevages connectés avec plus de trois ans de CSO tremblante, on se rend compte qu’il y en a deux fois plus de disponibles en alpine (42 000) qu’en saanen (19 000). L’efficacité du schéma de sélection s’en ressent forcément et on ne peut pas être aussi efficace dans les deux races ».

Un investissement rentable pour les éleveurs

<em class="placeholder">Évolution de l’ICC (index combiné caprin) des séries de boucs</em>
Évolution de l’ICC (index combiné caprin) des séries de boucs -  L'index combiné caprin des nouveaux boucs alpins et saanen ne cessent de croître.

Le progrès génétique reste heureusement bien présent et les courbes montrent des gains rapides sur les indices, la production de lait et de matières, sur la morphologie des mamelles ou sur le nombre de cellules, tout en gardant une variabilité génétique suffisante. « On a incorporé davantage de critères de fonctionnalités et de qualité du lait ces dernières années », reconnaît Vincent Gousseau en réponse à un éleveur laitier qui appelle à revoir la formule de l’ICC (index combiné caprin) pour favoriser de nouveau les volumes de lait.

L’investissement dans la génétique reste malgré tout intéressant pour les laitiers comme pour les fromagers. À partir des données Inosys et Gènes Avenir, Vincent Lictevout de l’Institut de l’élevage a calculé qu’un euro investi dans le contrôle de performance et les inséminations rapportait en moyenne 5,10 euros de marges supplémentaires.

Laboratoire dans le Shaanxi

La qualité génétique française pourrait intéresser les éleveurs du monde entier. Hélas, les restrictions sanitaires liées à la FCO, à la MHE ou au Caev limitent les possibilités d’exportation. En 2025, seules 6 100 doses ont été vendues à l’étranger contre 10 000 en 2024 et 14 100 en 2023. Pourtant, de nouveaux marchés se sont ouverts comme en Lettonie ou au Rwanda et des visites ont été prometteuses avec des délégations du Royaume-Uni ou de la Norvège. Pour tenter de contrer cette baisse du marché export, Capgènes, en lien avec Synetics, à dynamiser son catalogue en proposant des semences sexées et des boucs plus récents et même un petit nombre issu du catalogue France.

<em class="placeholder">Laborantins chinois</em>

Pour contrer les barrières sanitaires et douanières à l’exportation de semences, Capgènes a signé, via Synetics, un partenariat avec CP Group pour créer un centre de production de semences en Chine dans la province de Shaanxi. « La Chine compte 10 millions de chèvres laitières avec une demande croissante en lait de chèvre, explique Édouard Guibert, éleveur en Indre-et-Loire et président de la commission internationale de Capgènes. Produire localement des semences, avec un transfert de technologie et de savoir-faire, est un moyen de contourner les barrières sanitaires. » C’est aussi une manière de rapporter du financement en France pour des études comme LentiCap sur la résistance génétique au Caev ou CapriMamIA sur la longévité mammaire.

Plus de 1 300 caprins déjà génotypés

Lancement officiel en janvier 2026, après trois ans de préparation, le génotypage démocratise l’accès à la génomique pour tous les éleveurs. Au 20 avril, 1 333 génotypages ont été réalisés dans 39 élevages. 1 077 concernaient les femelles et 256 les mâles. « Le génotypage en ferme est un outil puissant, mais il faut encore travailler sur son appropriation par les éleveurs et les conseillers, souligne Benoît Denis, éleveur caprin de l’Indre et président de la commission organisme de sélection. Le bébé commence juste ses premiers pas et on verra plus tard comment faire évoluer l’offre et le fonctionnement. »

Chiffres clés

Capgènes en 2025

598 éleveurs « créateurs et engagés » avec 170 746 chèvres
227 boucs en production
173 897 doses produites
67 151 inséminations réalisées en France
6 140 doses exportées

Viens de paraître

Catalogue Capgènes des boucs alpins et saanen

<em class="placeholder">Catalogue Capgènes des boucs alpins et saanen</em>

Le catalogue 2026 Capgènes des boucs d’insémination est édité avec, en race alpine, 47 boucs confirmés sur descendance et 64 jeunes boucs génomiques dont quatre disponibles en semences sexées. En race saanen, 42 boucs confirmés sur descendance et 48 jeunes boucs génomiques sont disponibles dont cinq en semences sexées. Pour chaque bouc, sa généalogie, ses index et son orientation (lait, morphologie, fromage, complet) sont indiqués ainsi que ceux ayant une moindre sensibilité aux strongles gastro-intestinaux et ceux ayant les gènes codant la caséine alpha S1. Le fonctionnement de la sélection, des index, des services Gènes avenir ou de la reproduction des chèvres est détaillé dans le petit livret de 24 pages.

À télécharger sur capgenes.com

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