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« En élevage caprin, on ne travaille pas toute l’année 70 heures par semaine ! »

Les éleveurs de chèvres travaillent beaucoup, mais pas toujours jusqu’à 70 heures par semaine. Des éleveurs de Nouvelle-Aquitaine ont mesuré leur temps de travail effectif avec l’application Aptimiz.

<em class="placeholder">Joël et Valérie Forêt, éleveurs dans les Deux-Sèvres, au milieu des chèvres</em>
Joël et Valérie Forêt, éleveurs dans les Deux-Sèvres : « Certes on travaille beaucoup mais ce n’est pas le bagne non plus. Attention à ne pas décourager les vocations alors que l’on cherche à renouveler les générations d’éleveurs. »
© EARL La Chagnelle

On entend souvent les éleveurs, mi-fiers, mi-désespérés, se plaindre de travailler 70 heures par semaine. Pour objectiver le temps réellement passé sur la ferme, la coopérative Alicoop a confié le système Aptimiz à huit élevages caprins des Deux-Sèvres et de Vienne pendant un an. À l’aide d’une application Smartphone ou d’un petit boîtier GPS, cet outil permet d’enregistrer automatiquement le temps passé dans différentes zones (chèvrerie, salle de traite, nurserie, bureau, cour, parcelles, vétérinaire…).

« Le temps de travail c’est vraiment compliqué à estimer, assure Joël Forêt, éleveur de 300 chèvres avec son épouse Valérie dans les Deux-Sèvres. On confond souvent l’impression de surcharge et la réalité mesurable. Avec Aptimiz, au moins, on sait précisément et on évite la surenchère ou le doigt mouillé. » Dans le cas de Valérie et Joël, ce sont plus de 1 400 heures qui ont été passées en salle de traite, 760 heures en stabulation, 680 heures en manutention, 145 heures en nurserie, 137 heures en déplacement et une centaine d’heures au bureau (mais cette partie est sous-estimé car une partie du travail administratif se fait à la maison). Comme chez les autres éleveurs du groupe, le temps passé à la traite reste le plus important. « Dans mon cas, la salle de traite deux fois dix postes sans parc d’attente a été un compromis économique qui impose davantage de manipulations et de temps passé », précise Joël Forêt. En revanche, l’élevage qui fait appel à une entreprise de travaux agricoles passe peu de temps dans les champs. Alicoop, qui finançait l’étude, voulait lui montrer le gain de temps permis par l’automatisation de la distribution de ses bouchons ou cubes Verdis et de ses granulés Chevry.

44 heures pour les éleveurs caprins

<em class="placeholder">Temps de travail hebdomadaire de Joël et Valérie Forêt</em>

Les mesures montrent aussi très bien les pics d’activité avec les mises bas à partir de la mi-février ou les foins fin avril-début mai. « On peut faire effectivement quelques pointes à 70 heures de travail par semaine mais, en moyenne, nous sommes à une quarantaine d’heures par semaine, détaille l’éleveur de 55 ans. Si on veut vendre notre métier aux prochaines générations, il faut peut-être arrêter de dire qu’on fait 70 heures par semaine ! On a déjà l’astreinte de la traite qui est contraignante, n’en rajoutons pas ! » En moyenne, dans les huit élevages, les responsables d’exploitation travaillaient 44 heures par semaine, mais avec une forte variabilité de plus ou moins 14 heures selon les cas. Les mesures sur les salariés montraient une activité hebdomadaire moyenne de 38 heures par semaine, en conformité avec le droit du travail.

Aptimiz aide à arbitrer les pratiques

Cependant, Valérie et Joël admettent avoir beaucoup plus travaillé il y a une quinzaine d’années quand le contexte économique était difficile et que l’installation récente était encore en cours d’amortissement. « Valérie travaillait à temps partiel à 80 % dans un abattoir en plus de la ferme et nous n’avions pas de salarié. Il fallait donc supporter les 4 000 heures de travail à nous deux en plus de l’emploi extérieur… », se souvient le couple.

Ancien éleveur des Deux-Sèvres et utilisateur d’Aptimiz convaincu, Jean-Yves Rousselot s’en est servi pour nourrir ses arbitrages en simplifiant ses cultures céréalières (« Je ne cultive plus que de l’orge ») ou optimisant le travail des salariés (« La traite est plus longue à une seule personne mais je préfère utiliser mon salarié pour d’autres tâches »).

Le diaporama du webinaire Rexcap sur cette thématique est à retrouver sur pro.terredeschevres.fr/IMG/pdf/cr_ct_rexcap_aptimiz_29012026.pdf

Le Bilan travail est complémentaire

Mis au point il y a près de 40 ans, le Bilan travail repose sur une enquête de deux à trois heures qui reconstruit l’organisation du travail à partir de la mémoire de l’éleveur. Cette méthode distingue le travail d’astreinte et les travaux de saison, et produit un indicateur central : le temps disponible calculé, utile pour apprécier la marge de manœuvre et la capacité à prendre du repos. « Bilan travail et Aptimiz sont des outils complémentaires qui donnent des résultats assez similaires », explique Christine Guinamard de l’Institut de l’élevage.

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