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Donner des pommes de terre à ses chèvres ?

Dans un marché de la pomme de terre dégradé, les tubercules déclassés trouvent une seconde vie dans l’alimentation des ruminants. Mais les références restent très limitées en élevage caprin où la prudence reste de mise.

Les producteurs de pommes de terre sont confrontés à une conjoncture tendue et certaines pommes de terre de consommation peuvent se retrouver déclassées et non valorisables dans l’alimentation humaine. Plutôt que de les composter ou les méthaniser, il est possible d’alimenter les ruminants. L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) vient d’ailleurs d’ouvrir la plateforme opbovins.unpt.fr pour mettre en relation les producteurs de pommes de terre et les éleveurs bovins.

Une source d’énergie intéressante

Pour les chèvres, les références manquent et peu d’éleveurs caprins semblent en donner à leurs animaux. En bovin, l’UNPT avance que la pomme de terre « doit être considérée comme un concentré énergétique complémentaire », incorporé à 20 à 30 % de la ration. Avec 65 à 70 % d’amidon, le tubercule a une forte densité énergétique, équivalent à environ 1,2 UF par kilo de matière sèche, soit un niveau comparable à celui du blé.

Avec une pomme de terre industrielle valorisée autour de 15 euros la tonne brute (hors transport), comme en février dernier, et contenant 20 % de matière sèche en moyenne, le coût revient à environ 75 euros la tonne de matière sèche, à comparer par exemple aux 190 euros la tonne de matière sèche d’un blé fourrager.

Prudence sur les équilibres alimentaires

L’UNPT précise qu’à quantité de matière sèche équivalente, « la pomme de terre contient moins de cellulose brute qu’un ensilage de maïs et davantage de matière azotée totale. Elle favorise ainsi la production de protéines digestibles dans l’intestin ».

« Nous disposons de peu de références en ruminant et aucune en caprin, souligne Bertrand Bluet, de l’Institut de l’élevage. Les pommes de terre peuvent présenter un intérêt nutritionnel en substitution d’une céréale, à condition de veiller à l’équilibre de la ration, notamment à la proportion d’amidon et à un apport suffisant en fibres par ailleurs. J’imagine qu’il faut faire attention à la présence de terre afin de limiter les risques sanitaires, notamment liés à Listeria monocytogenes ». Oriane Vialle-Guérin de l’UNPT manque pareillement de références en élevages caprins et évoque des risques d’étouffement ou de mauvaise assimilation.

Les conseils de l’UNPT portent aussi sur des transitions alimentaires très progressives, le broyage pour éviter l’écrasement, le stockage au frais, le maintien d’une base fourragère suffisante et le tri des tubercules pour éliminer les patates vertes et les pourries.

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