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Des fourrages de qualité nutritive intéressante

Les cultures dérobées sont riches en matières nutritives qu’il convient d’analyser. Deux études présentées aux journées de l’AFPF le rappelaient.

Les cultures dérobées sont aussi un atout nutritionnel

Les cultures dérobées peuvent représenter une source de fourrage complémentaire très intéressante par leurs qualités nutritives. L’Inra et Arvalis-Institut du végétal ont réalisé des essais portant sur de nombreuses espèces présentes dans des intercultures estivales. Les résultats de ces expérimentations ont montré que ces plantes, en particulier au stade végétatif, avaient des valeurs nutritives intéressantes lorsqu’elles sont utilisées en fourrage frais (jusqu’à 1,13 UFL, 158 g PDIE et 225 g PDIN/kg de MS). Les espèces utilisées en interculture ont également, pour certaines, révélé des composés secondaires capables d’améliorer la santé des ruminants, la qualité des produits animaux ou de diminuer la pollution des effluents d’élevage. L’étude montre aussi que des espèces telles que les trèfles incarnats ou d’Alexandrie, le sarrasin ou le sainfoin peuvent atteindre des valeurs énergétiques et protéiques égales voire supérieures à la luzerne au stade végétatif. Les espèces étudiées dans les deux essais ont produit une quantité de biomasse supérieure à 2,5 t de MS/ha après 70 jours d’implantation. Néanmoins, l’essai de l’Inra a mis en avant de forts déséquilibres entre les valeurs PDIN et PDIE de la luzerne, du trèfle incarnat et de la vesce. Il faut être prudent lors de l’incorporation de ces légumineuses dans la ration des chèvres ou choisir d’autres variétés mieux équilibrées, telles que le sainfoin et le trèfle d’Alexandrie. Associer ces espèces peut permettre d’équilibrer le fourrage également : ray-grass italien-trèfle incarnat ou colza – avoine fourragère par exemple.

D’après Les cultures dérobées : des fourrages de qualité nutritive intéressante (étude de S. Herremans, A. Férard, U. Wyss, G. Maxin)

Prévoir la valeur alimentaire des fourrages en interculture

Les fourrages provenant d’intercultures et de mélanges de céréales et de protéagineux immatures permettent de sécuriser leur bilan fourrager en apportant un complément de ration intéressant. Cependant, les proportions variables des différentes espèces végétales contenues dans ce type de fourrage constituent le frein majeur pour constituer des référentiels permettant d’évaluer la valeur alimentaire des fourrages. L’observation que va faire l’agriculteur de son fourrage au moment de la récolte (humidité, présence de plus ou moins de feuilles, etc.) va apporter des premières informations essentielles sur l’approche de la qualité du fourrage. Pour aller plus loin, une analyse du fourrage en laboratoire est inévitable pour déterminer la composition chimique de celui-ci. La méthode de référence la plus fiable est l’analyse chimique dont les résultats seront exploitables dans les équations élaborées par l’Inra. Elle va notamment donner la digestibilité de la matière organique (dMO) qui constitue le premier facteur impactant la valeur énergétique du fourrage. Les références de valeur alimentaire prennent en compte la teneur en matière sèche et matière azotée totale, la cellulose brute, le taux de cendres. Ces paramètres vont permettre de calculer, via des équations de prédiction, la valeur UE, UF et PDI de ce fourrage. Il est essentiel de fournir un certain nombre de données au laboratoire pour s’assurer de la qualité des valeurs calculées. Il s’agit des différentes espèces présentes, ainsi que leur abondance relative. Les laboratoires déplorent souvent le manque d’informations dans les échantillons envoyés par les agriculteurs. L’échantillonnage doit être fait au moment de la fauche ou de la coupe pour les échantillons en vert ou au moment de l’ouverture de la botte d’enrubannage pour du fourrage conservé. Un bon échantillon doit contenir environ 500 grammes de matière brute (une quinzaine de poignées au champ au moment de la récolte ou un prélèvement représentatif dans la botte ouverte). Il doit être représentatif de l’ensemble du lot de fourrage, en termes de composition botanique, de numéro de coupe, des conditions de récolte, etc. L’échantillon, clairement identifié, doit ensuite être rapidement placé au frais dans un sac hermétique et expédié sous deux jours au laboratoire.

D’après Prévoir la valeur alimentaire des fourrages issus d’intercultures et de mélanges céréales-protéagineux ensilés (étude de A. Férard, V. Decruyenaere, R. Beaumont, G. Maxin).

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