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Des contraintes pour génotyper ses boucs et chèvres

Depuis le début de l’année, les éleveurs ont la possibilité de faire génotyper leurs boucs et leurs chèvres. Une quarantaine d’élevages avait sauté le pas mi-avril mais des contraintes limitent le nombre de génotypage. Témoignages des pionniers de la génomique.

<em class="placeholder">boucs de race saanen</em>
Le génotypage est riche de promesses mais les conditions de mises en place limitent pour l'instant l'adoption de la technologie.
© D. Hardy
 

Adeline Marion, livreuse de lait en Gaec dans la Drôme : « Pour confirmer nos boucs de monte en main »

<em class="placeholder">Adeline Marion, livreuse de lait en Gaec dans la Drôme</em>

« Nous avons été parmi les premiers du département à faire du génotypage sur notre troupeau de 400 chèvres saanen. Nous inséminons environ 90 chèvres chaque année et le reste de la reproduction se fait en monte en main et nous parvenons à connaître environ 98 % des filiations. Nous sommes en désaisonnés et nous nous sommes servis des résultats de génotypage pour confirmer les boucs et les jeunes boucs qui ont servi à la reproduction et optimiser les accouplements.

Auparavant, nous faisions une estimation de la valeur génétique des boucs à partir de l’index combiné caprin (ICC) des ascendants et de la descendance quand nous en avions. Là, avec le génotypage, nous connaissons précisément les index ICC, IPC (production de lait), IMC (morphologie), cellules, fertilité, caséines… Cela nous a permis de choisir parmi deux frères qui avaient la même ascendance mais deux points d’ICC de différence.

Nous avons génotypé sept mâles et, comme il y a une obligation de génotyper deux femelles pour chaque mâle, également 14 chevrettes. Nous avons demandé à notre contrôle laitier Adice et c’est finalement Adice et XR Reproduction qui sont venus conjointement pour faire les prélèvements de cartilage de l’oreille en février. Nous avons eu les résultats en mars et cela nous a coûté 131 euros par bouc et 41 euros par chevrette. C’est un investissement mais, si on considère qu’un bouc va saillir pendant trois ans, il faut le comparer au coût des inséminations et aux bénéfices que l’on peut espérer de la descendance d’animaux très performants. »

Sylvain Merlaud, éleveur en Gaec dans la Vienne : « J’aimerais bien pouvoir en faire… »

<em class="placeholder">Sylvain Merlaud, éleveur en Gaec dans la Vienne </em>

« Cela serait très intéressant de pouvoir génotyper nos mâles pour choisir les boucs qui sailliront nos 800 à 1 000 chèvres alpines et saanen. Hélas, ce service est pour l’instant réservé aux adhérents du contrôle laitier, ce qui n’est pas notre cas. Avec notre taille de troupeau, le contrôle de performance nous coûterait environ 12 000 euros avec quatre contrôles par an. Un coût qui freine notre envie d’adhérer… Surtout que notre salle de traite vieillissante ne se prête pas trop au contrôle laitier.

Pourtant, ça serait intéressant d’avoir accès au génotypage, même avec un petit surcoût pour les non-adhérents, mais c’est dommage de nous l’interdire complètement. Nous faisons déjà une centaine d’inséminations par an et, comme nous enregistrons les filiations, nous gardons les boucs issus d’IA pour la repro. Nous avons une idée de leur qualité génétique en estimant le volume de lait produit par les mères et en connaissant la valeur des pères mais ce n’est pas aussi précis que le génotypage. On pourrait éventuellement acheter des boucs génotypés dans d’autres élevages mais on sait bien que les éleveurs gardent les meilleurs pour eux. »

Yohan Palisse, éleveur en EARL en Ardèche : « Sauter dans le train de la génomique »

Yohan Palisse, éleveur en EARL en Ardèche

« J’ai pris le train du génotypage en marche sur mon troupeau de 380 chèvres en désaisonné. J’ai fait une soixantaine d’inséminations l’an dernier et, comme on est limité à un génotypage de bouc pour dix IA, je n’ai pu faire en faire que six sur les mâles. J’aurais aimé en faire plus pour pouvoir choisir mes dix meilleurs boucs qui me servent à la monte naturelle. J’ai aussi génotypé 60 chevrettes dont je ne connaissais pas le père.

Ça va me coûter dans les 3 000 euros par an mais, si je continue ces génotypages pendant trois à quatre ans, j’espère pouvoir retrouver à terme la filiation d’à peu près tout le monde. Ça sera une aide précieuse dans mon système simplifié avec un lot unique. J’espère quand même que Capgènes va assouplir ces règles pour qu’on arrive à ne garder que des bonnes souches et que la génétique caprine progresse plus vite. »

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