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Chevreau : la Fnec appelle les engraisseurs et abatteurs à trouver un accord rapidement

Engraisseurs de chevreaux, naisseurs et abatteurs tentent de trouver une issue à cette crise.
Engraisseurs de chevreaux, naisseurs et abatteurs tentent de trouver une issue à cette crise.
© D. Hardy

Pour faire pression sur les trois abatteurs de chevreaux, la Fédération nationale des engraisseurs de chevreaux (Fnenc) a appelé ses adhérents à ne plus collecter temporairement les chevreaux naissants. «  Au regard de la situation de crise sur les prix des chevreaux gras pour la deuxième année consécutive, nous avons pris la décision d’un arrêt de collecte des chevreaux en ferme à compter du mercredi 3 mars et jusqu’au dimanche 7 mars, indique un communiqué de la Fnenc du 4 mars. Cet arrêt de collecte des chevreaux pourra être reconductible à partir du lundi 8 mars en fonction des négociations. » Les huit engraisseurs signataires de cet appel représentent à eux seuls 50 % des volumes de chevreaux abattus par Loeul et Piriot et 30% de la collecte nationale.

« Les abatteurs ne nous proposent que 2,8 euros du kilos vif à Pâques et 2,7 € avant et après Pâques », expliquait Odile Dupont, représentante des engraisseurs, lors du colloque caprin du 2 mars. Les engraisseurs revendiquent entre 3,5 € et 3,1 €/kg vif sur ces périodes, « un nécessaire pour ne pas travailler à perte et faire vivre nos familles ». D’autant que les engraisseurs de chevreaux n’ont aucune aide PAC pour amortir les difficultés. « Avec cette grève de la collecte, nous voulons alerter les pouvoirs publics que nous ne pouvons plus vendre à perte », insistait Odile Dupont. Une façon aussi de mettre en difficultés les abatteurs qui ont reçu une conséquente aide de l’Etat soumise à la condition de collecter les chevreaux.  

Mais pour la Fnec, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres, « cette situation devient insoutenable, le chantage au non-ramassage de nos chevreaux n'a que trop duré ». Dans un communiqué du 3 mars, elle alerte  sur « cette situation qui met les éleveurs dans un profond désarroi, une incertitude et une pression totalement insupportables ». Le syndicat caprin rappelle aussi les efforts fournis par les éleveurs-naisseurs. « Depuis l’automne, des baisses de prix du chevreau sont allés jusqu’à 80%. (…) Des rencontres entre la filière laitière et la filière viande ont été organisées. La Fnec a fortement contribué à l’obtention d’un soutien financier conséquent des pouvoirs publics et un financement par l’Anicap d’une campagne de promotion du chevreau d’envergure en 2021 pour aider à la dynamique du marché en compensation des acheteurs absents du fait de la situation sanitaire ».

« Les éleveurs naisseurs ne veulent plus être la variable d’ajustement des relations contractuelles entre les engraisseurs et les abatteurs. Nous demandons à chacun des protagonistes de prendre leurs responsabilités. Les tenants et aboutissants sont sur la table depuis le 15 septembre 2020 où l’accord de sortie de crise a été signé par les parties et doit aujourd’hui être respecté. Abatteurs et engraisseurs ont l’obligation de trouver un accord rapidement et arrêter de prendre en otage les éleveurs naisseurs. La pression sur la collecte des chevreaux et sur leurs prix d'achat atteint la limite du mépris porté sur éleveurs ».

Ce jeudi 4 mars, les engraisseurs de chevreaux sont sur le site de l’abattoir Loeul et Piriot pour une rencontre de négociation en présence de la Draaf. Cette mobilisation se veut constructive et souhaite fédérer les différents syndicats et associations de producteurs. « Les engraisseurs ont conscience des difficultés rencontrées par les abatteurs et n'occultent en aucun cas le travail interprofessionnel qui a été mené jusqu'ici, souligne Frantz Jénot, directeur de la Fnenc. L'arrêt de collecte est avant tout un signal fort de la situation de crise aujourd'hui. »

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