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Carburant : la ristourne prolongée alors que les agriculteurs réclament surtout du GNR

Alors qu’Elisabeth Borne annonce une prolongation de la remise de 25 centimes hors taxe de 15 jours, sur le terrain les agriculteurs s’inquiètent plutôt de ne pas être livrés en GNR.

Tracteur réalisant des travaux de semis
Le manque de carburant retarde les semis de céréales dans certaines régions.
© V. Marmuse/CAIA (archives Reussir)

La Première ministre Elisabeth Borne a annoncé le 16 octobre lors du journal de 20H de TF1 que la ristourne de 30 centimes (25 centimes hors taxe pour le GNR) à la pompe de l’Etat allait être prolongée jusqu’à la mi-novembre, en assurant que Total allait « également » prolonger sa remise de 20 centimes.

Une bonne nouvelle qui ne répond toutefois pas à l’urgence exprimée par les agriculteurs dans certaines régions très perturbées par l’approvisionnement en carburant (les Hauts-de-France, l’Ile-de-France mais aussi le Centre Val de Loire).


100 à 300 agriculteurs à l’arrêt dans l’Oise

« Dans mon département 100 à 300 agriculteurs sont à l’arrêt », confie Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, et agriculteur dans l’Oise, interrogé le 16 octobre sur BFMTV. « On devait être livrés en début de mois, depuis mardi nous sommes à sec, on a arrêté de semer les céréales jeudi soir », témoigne-t-il pour sa situation personnelle. « On fait beaucoup de siphonnage des réservoirs, on avait juste ce qu’il faut pour nourrir les animaux ce week-end, mais à partir de demain on va avoir des difficultés à nourrir les vaches », poursuit-il.

On a arrêté de semer les céréales jeudi soir

« Où sont les stocks stratégiques ? Les préfectures sont mobilisées mais incapables de nous livrer du carburant. On nous annonce une prochaine livraison de 1000 litres. Mais 1000 litres c’est deux jours de travail », déplore le représentant du syndicat majoritaire agricole.

Les semis peuvent être reportés, mais « les variétés de céréales ne seront pas forcément les mêmes et le surcoût sera énorme, avec le changement de météo on va consommer beaucoup plus (on va passer de 20 litres à l’heure à 30 litres à l’heure) », explique encore Luc Smessaert sur BFMTV.


Les travaux de semis des céréales retardés

Alors que dans les journaux télévisés, il est de plus en plus question des départs en vacances de la Toussaint suspendus au problème de ravitaillement des stations-services, les agriculteurs alertent sur les conséquences du mouvement social sur la souveraineté alimentaire.

Interrogé ce matin sur RMC, Mathieu agriculteur à Grigny-sur-Yerres (en Seine-et-Marne) demande un accès prioritaire aux carburants. Après les récoltes des betteraves et du maïs, fortement consommatrices en carburant, il rationne ses réserves pour tenir jusqu’à la prochaine livraison de GNR.

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les agriculteurs à s’inquiéter du manque de GNR et de la hausse des prix. Comme Brice Veaulin agriculteur dans l’Yonne qui s’alarmait le 13 octobre de devoir choisir entre les travaux de récolte ou de semis et rappelant que la période est cruciale pour l’agriculture.

Ou encore cet agriculteur de la Sarthe qui anticipe un arrêt de ses semis de céréales faute de livraison de GNR pour « préserver le carburant pour les soins aux animaux ».


Réquisitions possibles par les préfets

En déplacement le 13 octobre dans la Mayenne, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau aurait assurer que des réquisitions seraient ordonnées par les préfets pour permettre aux agriculteurs de travailler si la situation dure.

« Il faut veiller à ce que (la grève) ne vienne pas trop obérer les activités de semis », a réagi le ministre de l'Agriculture, le 15 octobre lors de l'inauguration du Salon international de l'alimentation le 15 octobre, selon nos confrères d’Agra Presse. La veille, lors d'un point presse, Matignon avait indiqué que certains préfets avaient mis en place des dispositifs dédiés aux professions prioritaires, dont l'agriculture, et qu'un « retour à la normale pour les automobilistes était attendu dans la semaine qui vient ».

Il faut veiller à ce que la grève ne vienne pas trop obérer les activités de semis

 Agnès Pannier-Runacher a été plus prudente, affirmant qu'une « amélioration » pouvait prendre « quelques jour s» mais qu'un retour  «parfaitement à la normale » pourrait prendre plus longtemps.

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