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Bretagne : le Cerafel met en avant la force du collectif

Première association d'organisations de producteurs fruits et légumes en France, le Cerafel réaffirme, à l'occasion de ses 60 ans, la force de ces structures pour défendre le revenu des agriculteurs et assurer les transitions.

<em class="placeholder">Une table ronde sur la Structuration de l’amont, solution face à l’urgence des transitions, était organisée à l’occasion de la cérémonie des 60 ans du Cerafel.</em>
Une table ronde sur la Structuration de l’amont, solution face à l’urgence des transitions, était organisée à l’occasion de la cérémonie des 60 ans du Cerafel.
© V. Bargain

En 1965, après deux crises de l’artichaut, des producteurs bretons créent le Cerafel, un Association d’Organisations de Producteurs (AOP), pour fixer les règles de mise en marché des légumes. « L’objectif était de défendre l’ intérêt des producteurs » a souligné Marc Kerangueven, président du Cerafel, lors des 60 ans de l'AOP. Le Cerafel a lancé pour cela le Caté et Terre d'Essais pour l'expérimentation, la marque Prince-de-Bretagne pour la promotion, la Brittany Ferries pour exporter, l'OBS et Vegenov pour la création variétale et les biotechnologies, l'Isfel pour la formation.

Et alors que la production reposait au départ sur trois produits (chou-fleur, artichaut, pomme de terre), il y en a aujourd’hui 147, avec dernièrement les agrumes, les fruits exotiques, les fruits rouges et tout récemment la vanille.

Miser sur de nouveaux modes de vente

Le Cerafel, qui fédère aujourd'hui cinq OP, veut continuer à défendre le revenu des producteurs. « La Bretagne a des atouts, notamment climatiques, pour produire des fruits et légumes, note Marc Kerangueven. Mais elle doit gagner en compétitivité. Nous devons aussi accompagner les producteurs dans toutes les transitions, environnementales, sociales, sociétales. »

Pour cela, l'AOP développe de nouveaux modes de commercialisation. Alors qu'à l'origine, tous les légumes étaient vendus au cadran, celui-ci ne représente plus que 54% des volumes, le reste étant contractualisé sous différentes formes. Elle travaille davantage sur la mise en avant des produits. Elle a développé le bio, le sans pesticides. Elle imagine des solutions pour pallier le manque de main d'oeuvre et faciliter la reprise des exploitations. Elle développe les achats groupés, d'énergie notamment, le bioCO2... « Pour tout cela, l'organisation en OP et AOP est la meilleure solution, insiste Marc Kerangueven. Il faut garder les programmes opérationnels qui aident les producteurs à investir pour répondre aux enjeux de demain. »

En chiffres

5 OP (Sica St-Pol de Léon, Maraîchers d’Armor, Terres de St-Malo, La Bretonne, Bretagne Plants)

1300 exploitations

350 000 t de légumes

350 M€ de chiffre d'affaires légumes

Menaces sur l'Organisation commune des marchés

Mi juillet, la Commission européenne a présenté son projet de budget 2028-2034 et de réforme de politique agricole commune (PAC). Le projet intègre les fonds opérationnels, jusqu'ici dédiés aux fruits et légumes dans le cadre de l’Organisation Commune des Marchés (OCM), dans l'enveloppe budgétaire nationale, enveloppe qui devrait de plus diminuer, le budget de la PAC passant de 400 à 300 milliards d'euros par an. « Les fruits et légumes auront du mal à peser » redoute Marc Kerangueven. « Pendant 30 ans, l’OCM, avec les OP et AOP, a permis aux producteurs de s’organiser face à la distribution, d’améliorer la qualité, d’innover pour l’environnement, le changement climatique, le renouvellement des générations, appuie Luc Vanoirbeek, représentant légumes au Copa-Cogeca. Mais l’OCM est menacée. Des budgets renationalisés entraîneront aussi une division entre pays et entre secteurs, alors que la compétition entre nous est souvent mortelle. » « Il ne faut pas déstabiliser l’OCM, mais la développer dans les autres secteurs, estime Eric Sargiacomo, député européen, vice-président de la commission de l'agriculture et du développement rural. Les OP et AOP permettent aux agriculteurs de s’adapter. » « La force de l’Europe est son marché unique, souligne Julien Denormandie, ancien ministre de l'agriculture. Il faut développer les OP et qu’elles soient mieux entendues à Bruxelles. »

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