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Assemblée générale de la FNB : vifs échanges sur la coopération

La coopération déçoit certains de ses fidèles adhérents. De vifs débats ont eu lieu à ce sujet à l’occasion de la dernière assemblée générale de la Fédération nationale bovine.

La dernière Assemblée générale de la Fédération Nationale Bovine a eu lieu à Anse dans le Rhône et à côté de Laurent Wauquiez, Président du Conseil Régional Aura, plusieurs autres élus avaient eux aussi fait le déplacement. © F.d'Alteroche
La dernière Assemblée générale de la Fédération Nationale Bovine a eu lieu à Anse dans le Rhône et à côté de Laurent Wauquiez, Président du Conseil Régional Aura, plusieurs autres élus avaient eux aussi fait le déplacement.
© F.d'Alteroche

Les organisations de producteurs ont été prises pour cible à l’occasion de la dernière assemblée générale de la Fédération nationale bovine. Les propos de certains participants faisaient état d’un fossé qui se creuse entre eux et leur coopérative. Les nerfs sont à vif compte tenu de l’actuel contexte de crise dans laquelle la filière bovine semble enlisée depuis trop longtemps. Éleveur dans le Maine-et-Loire, récemment installé sur la ferme familiale, Clément Traineau a longuement expliqué les différents griefs qui l’avaient poussé à se désengager de deux organisations de producteurs commerciales auxquelles il avait successivement choisi d’adhérer. « Il n’y a pas assez de retours aux producteurs », concluait le jeune éleveur en soulignant qu’il avait pourtant longtemps fait partie des convaincus du modèle coopératif. « La colère des adhérents de coopérative, il faut l’entendre ! Mais le vrai sujet est de savoir comment on fait pour que cela avance !, soulignait Bruno Dufayet. Nous faisons ensemble le constat d’un échec collectif sur la question du prix, syndicalisme comme coopération. L’organisation actuelle de nos OP ne fonctionne pas pour faire remonter les prix dans les cours de ferme. Il y a urgence à changer de logiciel ! »

Se constituer en associations d’OP

La FNB appelle à faire bouger le fonctionnement des organisations de producteurs. « Nous demandons que les différentes OP agissent de façon plus soudée et coopèrent. Il s’agit de faire en sorte qu’elles soient guidées par la priorité du prix à l’éleveur. » Le souhait de la FNB est que la soixantaine d’OP commerciales et la trentaine d’OP non commerciales puissent collaborer davantage en se constituant en associations d’OP (AOP) leur permettant de peser davantage. Cette initiative a reçu le soutien du ministre de l’Agriculture. Didier Guillaume s’est engagé à « organiser une réunion sur ce sujet après le Salon de l’agriculture ». « Nous pensons qu’au travers de la construction de ces AOP il y a quelque chose à bâtir pour aller chercher de la valeur. Il faut le tenter. » Il y a urgence compte tenu de l’évolution des revenus des éleveurs et des perspectives liées à la pyramide des âges des représentants de cette profession. La moitié du cheptel allaitant français serait actuellement détenue par des éleveurs de plus de 50 ans et les candidats à l’installation ne se bousculent pas au portillon compte tenu du contexte actuel. Même sans être expert en statistiques, la production sera vite dans une situation critique si la France entend conserver le modèle d’exploitations familiales qui a été le sien jusqu’à présent.

Organisation économique des filières

« Le débat sur les AOP je l’entends, même si je suis un peu sceptique. Sicarev. coop résulte de la fusion de six coopératives. Je crois plus à l’organisation économique des filières. Dans le commerce, on est aussi rattrapé par les réalités économiques », analysait Philippe Dumas, président du groupe coopératif Sicarev. Et de souligner l’importance de conforter la valorisation de la viande hachée dans la mesure où ce mode de présentation concerne une part croissante des volumes vendus compte tenu des évolutions des habitudes de consommation.
« Au sein du groupe Bigard, nous faisons 800 bovins label rouge par semaine, soit 3,3 % de nos abattages. C’est donc très faible pour l’instant. Mais on ressent une volonté de la boucherie traditionnelle et de la distribution d’y aller. Mais il faut vraiment qu’il y ait des commandes avec une possibilité de valoriser l’ensemble des muscles de ces carcasses avec des produits label rouge. Si on veut faire remonter de la valeur à l’amont, il faut que la majorité des muscles de la carcasse soit réellement valorisée en label rouge et la viande hachée doit évidemment en faire partie », soulignait Dominique Guineheux, l’un des cadres dirigeant du groupe Bigard.

 

Le cas du maigre sur l’Italie

En une vingtaine d’années, le nombre d’opérateurs réalisant le commerce franco-italien du bétail maigre s’est considérablement réduit. Désormais les quatre principales structures totalisent 80 % des volumes. Et côté italien, il n’y aurait guère plus d’une dizaine d’acheteurs traitant des volumes conséquents. « L’acheteur italien est plus malin que les organisations françaises. Il fait venir des représentants des quatre principaux exportateurs et les met en concurrence, soulignait Bruno Dufayet. L’intérêt de mettre en place une association d’organisation de producteurs pour le maigre serait de rapprocher au moins trois de ces quatre opérateurs pour leur permettre de s’organiser entre eux. Soyons de meilleurs stratèges que les acheteurs italiens. Parlons entre nous et défendons ensemble le prix pour les naisseurs français plutôt que d’aller essayer de se prendre des débouchés entre nous pour autant de cases supplémentaires chez tel ou tel engraisseur en subissant le prix qu’il va nous proposer. La solution AOP c’est cela, c’est s’organiser entre nous dans la mesure où de toute façon on sait très bien que l’acheteur italien va nous mettre en concurrence. »

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