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Dossier
Vétérinaire : une profession qui se féminise

La proportion de femmes s’accroît régulièrement au sein de la profession vétérinaire. Une féminisation pour l’instant plus sensible dans les cabinets spécialisés en « canine » qu’en « rurale ».

© Infographie Réussir

Le métier de vétérinaire et plus particulièrement encore celui de vétérinaire rural a longtemps été une profession très masculine. Mais depuis quelques années, la probabilité de tomber sur une femme s’est accrue. Cela découle de la nette féminisation du métier au cours de ces vingt dernières années. Dans les années 1970 à 1980, les femmes représentaient 10 à 30 % des candidats admis au concours d’entrée dans les écoles vétérinaires. Ce taux atteignait 30 à 50 % dans les années 1980 à 1990, puis 50 à 60 % dans les années 1990 à 2000 et 60 à 75 % de 2000 à nos jours. Parmi les quatre écoles vétérinaires (Maison-Alfort, Lyon, Nantes et Toulouse), c’est à Maison-Alfort que les étudiantes sont proportionnellement les plus nombreuses. En 2012, parmi les 697 nouveaux vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre, il y avait 64,3 % de femmes. Au fur et à mesure que les anciennes générations sont remplacées par les nouvelles, la profession se féminise donc chaque année davantage. En 2010, il y avait 16 102 vétérinaires inscrits à l’Ordre national des vétérinaires. Ils se répartissaient entre 9 449 hommes (59 %) et 6 653 femmes (41 %) avec une augmentation de la proportion des femmes de + 1 % par rapport à 2009. En 2011, les femmes restaient minoritaires, mais leur proportion était passée à 42,9 %. La montée en puissance de la féminisation de la profession est loin d’être achevée. Elle va continuer à croître et la parité homme/femme devrait être atteinte en 2015. À partir de cette date, les femmes seront les plus nombreuses. « À ce titre, déjà en 2011, la région Paris Ile-de-France faisait figure de précurseur. Les femmes y représentaient plus de la moitié des vétérinaires (50,9 %) en activité », explique le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL).

Des femmes plus attirées par la « canine » que par la « rurale »


En termes d’activité, les femmes vétérinaires ont un profil plus « canine » que « rurale ». D’après les données statistiques de l’Ordre, elles représentaient, en 2010, 49 % de l’effectif des vétérinaires canins, 22 % des vétérinaires déclarant une activité en lien avec les animaux de rente et 45 % des équins purs. Des chiffres à analyser avec un certain recul puisqu’ils ne prennent pas en compte les activités mixtes qui associent animaux de compagnie et de rente.
Le plus ou moins grand degré de spécialisation dans l’une ou l’autre de ces formes de médecine vétérinaire peut être analysé de différentes façons. Hommes et femmes sont différents « au niveau des centres d’intérêt, des plans de carrière, de la résistance physique et psychologique, de la façon de voir les choses, du contact avec les animaux », expliquait le Docteur Valentine Paulet dans sa thèse (en 2011) dont le sujet était « l’impact de la féminisation sur l’évolution de la profession ». « Si on se base sur ces aspects, il est normal que les hommes aient des modes d’exercice différents. Ainsi, les femmes seraient plus attirées par la « canine » par goût, par le fait que cette activité nécessite moins de force physique, et permet des contacts différents avec les clients et les animaux, pour lesquels les qualités féminines feraient merveille : rapport plus affectif, plus « maternel » avec l’animal, mais également plus de sensibilité, d’écoute, de psychologie avec les propriétaires… » Cette plus grande affinité pour la « canine » découlerait également d’une « anticipation sur leur vie de famille future : moins de gardes, horaires plus fixes… » Au contraire, l’activité « rurale », plus contraignante et dure physiquement, serait moins bien « adaptée » aux femmes. Cette vision des choses probablement un peu stéréotypée est toutefois loin de faire l’unanimité.
Mais dans une société où les mères restent les piliers de la famille, le choix d’avoir des enfants est une donnée clé. À partir du moment où l’enfant paraît, les femmes doivent intégrer davantage de facteurs personnels dans le choix de leurs orientations professionnelles, en particulier pour se dégager un minimum de temps libre. Dans ces conditions, un travail pour lequel les horaires sont variables et non programmables avec des emplois du temps souvent copieusement remplis et en sus de nombreux déplacements et les gardes ne sont pas très faciles à accorder avec une vie de famille.
L’ensemble de ces facteurs font que les femmes restent plus longtemps salariées. Un statut plus facilement compatible avec les obligations d’une jeune mère de famille. C’est aussi ce qui explique que certaines femmes vétérinaires ne s’orientent pas vers la clientèle, mais plutôt vers la recherche, l’industrie, le métier de vétérinaire conseil… où il n’y a pas de garde et les avantages du salariat. Les femmes qui s’installent le feraient majoritairement en association et non en individuel.

Plus de femmes salariées que d’hommes

D’après les données statistiques de l’Ordre des vétérinaires, la profession comptabilisait, fin 2011, 10 074 vétérinaires d’exercice libéral exerçant seuls ou en association. Le nombre d’adjoints/remplaçants salariés s’élevait à 4 501. Les femmes exerçant en libéral sont encore largement minoritaires par rapport aux hommes, que ce soit en exercice associé (29 % de femmes) ou en exercice individuel (34,7 % de femmes), tandis qu’elles sont ultra-majoritaires chez les adjoints/remplaçants (70,2 %). L’une des explications à ce très fort pourcentage découle de la forte proportion de femmes vétérinaires parmi les plus jeunes diplômés. Elle se cumule au fait que le statut de salarié est historiquement le statut du jeune diplômé.

Pour en savoir plus



Voir dossier de Réussir Bovins Viande de décembre 2013. RBV n°210, p. 22 à 38.



Au sommaire :


. La "rurale" en perte de vitesse - p.24

. Enquête Merial et Sniv-SNCP : Eleveurs et vétérinaires forment un binôme solide - p.28

. Nathalie Bareille, Oniris (Nantes) : "la proportion de filles ne progresse plus" - p.32

. Morgane Byrne, vétérinaire en Corrèze : une clinique performante en pleine campagne - p.34

. Groupe conventionné dans la Drôme : la rémunération du conseil - p.36

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