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Elevage bovin
Vêlages à deux ans pour le sabot d´or charolais

Le Gaec Marolleau à Nueil-les-Aubiers a remporté le challenge des Sabots d´Or Charolais 2004. Avec un cheptel reproducteur marqué par les souches Blason et Concile, il assure des vêlages à deux ans dans de très bonnes conditions.


Les deux frères Jean-Yves et Michel Marolleau pratiquent des vêlages d´automne, qui sont groupés entre août et octobre, avec une majorité avant mi-septembre. Depuis une vingtaine d´années, l´insémination artificielle avec vêlages à deux ans a remplacé la monte naturelle et les vêlages d´hiver à trois ans.
En effet, à partir de 1976, Jean-Yves et son père décident de désaisonner la production pour écouler plus facilement leurs produits, et avancent alors les vêlages en automne. Les jeunes bovins, tout comme les vaches de réformes sont alors mieux vendus car hors saison par rapport aux autres producteurs. Du coup, avec une saison de reproduction en hiver alors que les vaches sont en stabulation, puis le besoin de quatre ou cinq taureaux pour pouvoir mieux grouper les vêlages, le choix de l´insémination devient une option intéressante. De plus d´après Jean-Yves cela permettait de « faire un meilleur choix du taureau et d´aller plus vite en génétique. »
Avec le passage à l´insémination, le Gaec s´oriente assez vite sur des vêlages à deux ans. En effet, Jean-Yves déclare : « Nos génisses à quinze mois étaient suffisamment lourdes pour être inséminées dans de bonnes conditions, alors pourquoi perdre un an de plus ? Et ensuite on a remarqué que les vêlages étaient même plus faciles, à condition bien sûr d´adapter le taureau, choisi sur la facilité de naissance. Le taureau des génisses ne peut pas être le même que celui des vaches, ni un compromis entre les deux ». 60 % de taureaux d´insémination choisis sont agréés Qualités Maternelles. Ce qui se retrouve dans les performances des femelles reproductrices du troupeau, avec un IVMAT moyen du cheptel de 108,7.
Génisse pleine. Pour bien vêler à deux ans, format et poids sont indispensables. ©C. Deloume

Plus de 500 kilos à la première insémination à quinze mois
Les génisses contrairement aux mâles suivent leur mère au pré à la mise à l´herbe, où elles ne reçoivent d´habitude aucune complémentation. Mais 2003 et 2004, font exception à cause de la sécheresse.
Une fois sevrées, les génisses sont rentrées en stabulation et reçoivent une ration trois quarts ensilage d´herbe, un quart ensilage de maïs quasiment à volonté. « Nous faisons en sorte qu´il ne reste rien dans l´auge mais qu´elles aient à manger sans compter. » Le soir pour le transit, elles ont du foin. « Un mois avant la période de reproduction, elles bénéficient d´un flushing avec une supplémentation en concentré : 250 g de tourteaux de soja, 150 g d´orge et compléments minéro-vitaminique. » Vingt-cinq à trente génisses sont inséminées chaque année, ce qui correspond à un taux de renouvellement de 30 %. Les génisses qui ne sont pas conservées pour la reproduction sont vendues grasses sous le label Boeuf fermier du Maine, entre quatre et cinq euros du kilo de carcasse. Elles ont alors entre trois et quatre ans, pour des poids de carcasse allant parfois jusqu´à 600 kilos. Mais la moyenne est à 480.
Parmi ces génisses on trouve celles qui ont trop de conformation, et celles qui ont des problèmes de fertilité. En 2003, le sex-ratio au niveau des naissances a été supérieur pour les femelles. Ayant trop de femelles sur l´exploitation, neuf génisses de 21 mois ont été vendues grasses pour un poids de carcasse moyen de 319 kg.
Les génisses de renouvellement vêlent à 24 mois. Les inséminations commencent donc au cours du deuxième hiver, alors qu´elles ont atteint un poids moyen de 500 kg. Le taux de réussite à l´IAP est identique pour les génisses et pour les vaches soit entre 70 et 80 % d´IAP. Si après trois IA la génisse n´est pas pleine, elle est réformée. La fertilité est le premier critère de sélection.
Jean-Yves Marolleau a remarqué que « de toute façon une génisse qui a des problèmes pour remplir la première année, aura des problèmes l´année suivante et ses filles auront aussi des difficultés. C´est pourquoi nous préférons les éliminer dès la première saison. »
Vache de réforme Destinée à la réforme, cette vache de huit ans donne une idée du format des reproductrices du troupeau. ©C. Deloume

Le second critère est la capacité laitière des mères. Si au deuxième veau la production laitière n´est pas jugée suffisante, la vache est réformée. Le potentiel laitier des reproductrices se retrouve sur les performances de croissance des veaux sous la mère qu´il faut maintenir élevées pour pouvoir inséminer tôt. En dehors de ces deux critères principaux, les vaches sont réformées suite à des avortements ou à des pertes de fertilité. Il y a très peu de césariennes sur l´exploitation. Celles-ci sont souvent dues à des problèmes de dysplasie plutôt qu´à des veaux trop gros pour le format des vaches.
En effet, il n´y a pas de difficultés de vêlages particuliers sur l´exploitation alors que les IFNAIS sont inférieurs à 100. Sur ce point-là d´ailleurs, Jean-Yves et Michel Marolleau pensent « qu´une exploitation avec des vaches de gros gabarits et pouvant faire des veaux lourds sans difficultés, sont pénalisés par les méthodes de calculs des index. »

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