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Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

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Etude grands troupeaux
Une productivité du travail qui peut encore progresser


Lors du dernier recensement agricole, 7 % des cheptels allaitants français affichaient déjà plus de 80 vaches au compteur. Et rien ne semble indiquer que ce phénomène d´agrandissement cessera dans les années à venir. L´Institut de l´élevage a piloté un travail de recherche sur le fonctionnement des grands troupeaux. L´un des objectifs était de comprendre comment ces éleveurs se sont organisés pour faire face à une charge de travail plus importante. Pour cela, 34 exploitations choisies dans quatre bassins allaitants (Charolais, Limousin, Pays-de-la-Loire et Pyrénées-Atlantiques), ont été passées au peigne fin. Globalement, il en ressort que les charges de travail sont assez bien maîtrisées, fruit d´efforts parfois très importants pour améliorer la productivité du travail. D´autant que la main-d´oeuvre disponible n´est en effet pas beaucoup plus élevée que dans la moyenne des exploitations allaitantes.
Les dimensions moyennes des 34 élevages enquêtés sont de 125 ha, 95 vêlages et de 155 UGB. ©C. Deloume

Des éleveurs obligés de rationaliser le travail
Dans ces grands troupeaux, le travail d´astreinte atteint en moyenne un niveau relativement élevé de 6 h par jour, soit 2190 h par an, mais, il varie de 2 h à 10 h par jour. Toutefois, ramené à la personne de la cellule de base, l´astreinte se limite à 3 h par jour (1170 h par an), comme dans les troupeaux de taille plus petite. Ramené à l´UGB, le travail d´astreinte moyen a été chiffré à 15 heures par an, une valeur inférieure de 2 à 3 h aux références connues, révélant ici une plus grande efficacité du travail. Mais, là encore, la fourchette est large : de 5 h à 30 h par UGB. Les éleveurs des Pyrénées-Atlantiques qui ont maintenu des pratiques héritées des systèmes veaux de lait, se distinguent par une moyenne élevée de 23 h par UGB alors que les naisseurs - engraisseurs plafonnent à 12 h. Les plus grands troupeaux (plus de 100 vêlages et 150 UGB), qui ne dépassent pas 12 h par UGB, gagnent 5 heures sur les autres. Neufs troupeaux, du Charolais et du Limousin, plutôt très grands et individuels, ont même réussi à descendre à moins de 10 h par UGB.
Le déficit de main-d´oeuvre pousse les éleveurs à rationaliser le travail avec, tout de même, des limites à ces gains de productivité. Inversement, celle-ci est moindre lorsqu´il y a plus de main-d´oeuvre disponible : 4 h de plus par UGB mais une demi-heure de moins par personne tous les jours. Deux fermes sur trois délèguent une partie du travail quotidien à des personnes extérieures à la cellule de base (bénévoles, salariés) à hauteur d´une heure et demie par jour en moyenne, ce qui représente 20 % du travail d´astreinte.
Comment ont fait les éleveurs qui gèrent de grands troupeaux pour augmenter la productivité du travail ? Tout d´abord en jouant sur la reproduction. La moitié d´entre eux - plutôt les exploitations individuelles - ont conservé des vêlages groupés sur une saison ou sur deux saisons bien distinctes, ce qui nécessite un pilotage rigoureux de la reproduction et des réformes. En général, le second choix a pour but de limiter le nombre de vêlages en hiver faute de bâtiments adéquats.
Mais, quand bien même ils auraient opté pour une seule saison, celle-ci est le plus souvent étalée sur quatre à six mois afin de répartir cette période sur tout l´hiver ou bien de démarrer les vêlages en fin de saison du pâturage et ainsi dissocier en partie l´astreinte de l´alimentation hivernale de celle des vêlages. Seules, deux exploitations ont groupés les vêlages sur une période courte de trois mois. L´autre moitié des éleveurs, très majoritairement ceux des Pays de la Loire et des Pyrénées-Atlantiques, ont étalé les vêlages sur toute l´année. Des éleveurs qui ont plutôt des exploitations un peu plus petites, intensives et avec une main-d´oeuvre collective. Pour certains, cette stratégie est voulue afin de mieux répartir le travail et parfois pour des raisons commerciales. Pour les autres, l´objectif était plutôt de grouper les vêlages sur deux saisons, mais ils n´y sont pas parvenus.
« L´étalement des vêlages a surtout été la réponse à une croissance rapide et continue des cheptels, que l´adaptation des structures et des équipements n´a souvent suivi que plus lentement et par étapes », analyse l´Institut de l´élevage.
Or, estiment les ingénieurs, le groupage des vêlages, pourrait permettre de réduire l´astreinte annuelle de 5 h par UGB, par rapport à une situation d´étalement, car il contribuerait notamment à simplifier la conduite au pâturage.
Diluer le travail sur une plus longue période, en échelonnant les vêlages sur une ou deux saisons ou sur l´année, n´est que partiellement atteint. ©B. Griffoul

Des pratiques d´allotement assez complexes
Les auteurs de l´étude se sont intéressés de près aux pratiques d´allotement pour constater « que ces éleveurs n´ont pas mis en place des formules d´allotement particulièrement simples, malgré des effectifs importants et, dans de nombreux cas, une grande diversité de catégories animales à conduire. En moyenne, sur l´échantillon et à l´échelle de l´année, les 180 animaux allotés de chaque troupeau sont répartis en 12 lots de 16 animaux, dont l´organisation en cours de campagne se fait au travers de 18 opérations d´allotement. La complexité des formules d´allotement semble assez indissociable des options prises dans le pilotage du calendrier des vêlages. » Plus les vêlages sont étalés, plus la composition des lots et leurs remaniements sont complexes. Lorsque la main-d´oeuvre est plus abondante, l´allotement est aussi plus élaboré.
A l´opposé, les éleveurs se retrouvant seuls à la tête d´un grand troupeau ont presque tous choisi de le conduire en grands lots peu nombreux. Mais, c´est peut-être le chargement qui pèse le plus lourd sur la conduite des animaux autant que sur le groupage des vêlages. Plus il est élevé, plus une gestion fine de l´herbe devient nécessaire. Une complexité qui se poursuit en hiver avec une multiplication des petits lots et des conduites alimentaires différenciées selon les besoins. Et donc un travail d´astreinte important.
Les exploitations plus extensives ont bien sûr plus de marge de manoeuvre pour simplifier l´organisation du pâturage en constituant des lots plus grands et plus stables. Toutefois, au-delà de 30 à 40 vaches par taureau, il devient difficile de maîtriser la reproduction. Et, le temps gagné sur l´organisation est souvent mis à profit de conduites alimentaires assez sophistiquées : à la pâture, allotement et complémentation selon le sexe des veaux ; en hiver, rationnement selon le stade de reproduction des vaches ou l´âge des veaux. La simplification de l´alimentation hivernale serait pourtant un des moyens les plus efficaces de réduire l´astreinte.
Si l´agrandissement des exploitations s´est accompagné d´un investissement fort sur les cheptels et les moyens de production (bâtiments, mécanisation), « l´analyse des conduites d´élevage, en revanche, met en lumière la diversité des degrés d´avancement vers une plus grande simplification des pratiques »,conclut l´Institut de l´élevage.
Et d´appeler à une « mise en cohérence des stratégies de reproduction, d´alimentation, de gestion fourragère et d´investissements sur les bâtiments », pour mieux maîtriser l´organisation du travail. Comme ont déjà réussi à le faire quelques éleveurs plutôt seuls et sur des structures parmi les plus grandes, au prix toutefois d´investissements lourds et « d´une charge physique et mentale souvent forte. »
Le travail de saison est consacré pour 27 % au cheptel ©curage des bâtiments, manipulation des animaux. et pour 40 % aux surfaces dont la moitié aux chantiers de récolte. ©B. Griffoul

Chiffres clés
La majorité des 34 exploitations enquêtées ont plus que doublé la surface et le cheptel depuis 20 ans. Leur taille moyenne est de 125 ha, 95 vêlages et 155 UGB. Des fermes deux à trois fois plus grandes que la moyenne des exploitations allaitantes du recensement agricole de 2000. Mais, leur main-d´oeuvre, en moyenne de 1,7 UMO, n´est supérieure que de 10 %. La force de travail dans ces grands troupeaux varie toutefois de 1 à 3 UMO, distinguant en cela des exploitations individuelles, avec moins de 1,5 UMO, et des formes collectives - couples ou plusieurs familles - avec plus de 1,5 UMO.
Lorsque le chargement est élevé, de fréquents remaniements de lots et des déchargements de surfaces en fin d´été sont nécessaires. ©B. Griffoul

Pour en savoir plus : voir dossier de Réussir Bovins Viande, de janvier 2005.
« Grands troupeaux : la rigueur est de mise dans la conduite du cheptel » titre la revue qui explique que « face à l´agrandissement des troupeaux, l´organisation et la simplification du mode de conduite sont souhaitables pour ne pas se faire déborder par le travail. » (RBV nº112, 19 pages)
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