Aller au contenu principal

Production de viande bovine
Une évolution à la baisse en Europe semble inéluctable

L´Institut de l´élevage a réactualisé récemment ses perspectives pour la production de viande bovine à l´échéance 2013. La hausse du prix du lait et des céréales va dans le sens d´une contraction du cheptel allaitant.


« Dans les années à venir, l´Union européenne reste plus menacée par une sous-production de viande bovine, que par des excédents », souligne l´Institut de l´élevage dans son dernier exercice de prévision pour ce secteur à l´échéance 2013. En intégrant des données nouvelles telles que la hausse de la demande en produits laitiers et la nouvelle donne sur le marché des céréales, ce travail ne remet pas en cause les fondamentaux de précédentes prévisions déjà réalisées par ce même organisme.
L´Union européenne est depuis peu déficitaire en viande bovine et tout laisse à penser que cet état de fait devrait perdurer. « Le repli amorcé de la production devrait être atténué, essentiellement du fait de l´hypothèse de relance de la production laitière, que nous privilégions et de la moindre réduction du cheptel laitier qui en découle. » Après avoir avoisiné 300 000 tonnes en 2006, le déficit en viande bovine de l´Union européenne à 27 devrait continuer à s´accroître, et suivant les hypothèses retenues oscillerait entre 500 000 et 750 000 tonnes à l´horizon 2015. Soit une baisse régulière d´environ 3 % des quantités produites pour atteindre autour de 7,9 millions de tonnes en 2015. Le chiffre de -3 % ne constituerait, bien entendu, qu´une tendance qui n´exclut pas quelques petits à-coups, liés à des phénomènes conjoncturels momentanés. La poursuite de cette décroissance de la production qui s´accompagnerait inévitablement d´une hausse des importations est à relier à la baisse des deux troupeaux laitiers et allaitants.
La hausse du prix des céréales devrait exercer une forte pression dans les zones d´élevage où certaines parcelles en herbe peuvent encore être labourées. ©S. Leitenberger

Moins de laitières et d´allaitantes
Pour l´Institut de l´élevage, le repli des volumes de viande bovine mis sur le marché serait globalement assez bien partagé entre pays, même si « les différents choix politiques en matière de recouplage et d´accompagnement par les politiques nationales ont pu et pourront néanmoins entraîner quelques spécificités nationales de comportement. » Il est globalement attendu une certaine stabilité au Royaume-Uni et en Irlande. A l´inverse le recul devrait être nettement plus prononcé en Allemagne « où la production bovine est concurrencée par la politique de diversification énergétique, encourageant la production de biogaz ». Pour ce qui est des volumes produits en France, à l´avenir, l´inconnue concerne l´activité d´engraissement avec toutes les incertitudes liées à l´attractivité renforcée du secteur des cultures. En revanche, il ne faut pas s´attendre à un bouleversement radical des équilibres en cours, du fait de la récente entrée dans l´Union européenne des nouveaux pays. Avec un peu plus de 10 % de la production de l´Union européenne à 25, ces pays devraient rester marginaux en termes de production, mais également de consommation.
Même si le phénomène est actuellement ralenti compte tenu du regain d´attractivité de la production laitière, les économistes de l´Institut de l´élevage tablent sur une poursuite de la diminution du nombre de vaches laitières en Europe. En effet, ils considèrent que pour les années à venir, la tendance actuelle qui va dans le sens d´une intensification de cette production ne devrait pas être remise en cause dans la plupart des troupeaux européens. Le niveau moyen de production par vache est à la hausse et cette tendance va se poursuivre. Compte tenu des évolutions tendancielles de ces dernières années, le niveau moyen de lactation des vaches laitières avoisinerait les 6800 kg/vache à l´horizon 2013 dans l´Union européenne à 27. Ces chiffres réduiraient mathématiquement le nombre d´animaux nécessaires. Le cheptel laitier européen avoisinerait donc 23,1 millions de têtes en 2013 contre 24,6 en 2006. « Et 6 % de vaches laitières en moins, c´est également 6 % de veaux disponibles en moins sous forme de gros bovins ou de veaux de boucherie. »
Ces chiffres doivent aussi tenir compte d´une éventuelle rallonge de quota qui pourrait se traduire par un ralentissement plus limité de la baisse du nombre de laitières et donc de veaux disponibles.
De la même façon, du côté du cheptel allaitant, l´Institut de l´élevage voit mal quels facteurs pourraient aller dans le sens d´une croissance soutenue des effectifs. C´est même le scénario inverse qui est attendu. La hausse du prix des céréales et le regain d´attractivité de la production laitière ne vont pas inciter à mettre en place beaucoup de nouveaux cheptels et ce quel que soit les pays.


« Les surfaces en prairies labourables ont certes été réduites ces trente dernières années, mais il en reste ! Certains polyculteurs éleveurs seront ainsi tentés de semer des céréales à la place des prairies en réduisant la place qu´ils dédiaient à l´élevage allaitant. » De plus, la majoration des coûts de l´alimentation en activité d´engraissement induira une pression sur le prix des animaux maigres, ce qui n´ira pas dans le sens d´un maintien des vaches allaitantes, en particulier dans les pays qui ont déjà découplé toutes les aides, y compris la PMTVA. Au final, le cheptel allaitant européen passerait de 12,02 millions de têtes en 2006 à 11,6 millions en 2013. Avec un cheptel amputé de quelque 1,5 million de vaches laitières et 0,4 million d´allaitantes, les volumes de viande bovine produits dans l´Europe à 27 ne peuvent que diminuer.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Beaujolais charolaises
PAC : une coupe dans l'enveloppe des aides couplées bovins viande est envisagée
La Fédération nationale bovine alerte dans un communiqué après avoir découvert la première "copie" de la France pour la prochaine…
 © F. d'Alteroche
Pac : les différentes options sur la table pour les éleveurs bovins viande
Les services du ministère de l’Agriculture ont présenté mi-mars aux professionnels les différentes options envisagées pour le…
De gauche à droite : Jérôme Séguinier, Thomas Gagnepain et Mathieu Haugoubart ont l'habitude de travailler ensemble en Cuma avec d'autres éleveurs. © M. Haugoubart
« Des matières premières haut de gamme à bon prix grâce à l’achat en commun pour complémenter mon troupeau »
À l’EARL Haugoubart dans la Nièvre, des matières premières sont achetées en commun par camions entiers avec un groupe de voisins…
Benoît Dazy. "Nos portes sont ouvertes pour nos clients, aux écoles et à toute personne qui en émet le désir afin de partager notre vision de l’élevage." © S. Bourgeois
" Quarante vaches aubracs vendues en direct "
Benoît Dazy s’attache à garder un système ultra simple, avec 40 vêlages en système bœufs et vente directe. Il trouve un bon …
Les litières sont composées de paille mais également de plaquettes forestières issues de l’entretien des nombreuses haies présentes sur le parcellaire avec le choix récent d’en laisser « monter » quelque unes pour conforter la ressource en bois sur pied et s’adapter aux évolutions du climat avec davantage d’ombre en été. © F. d'Alteroche
"Un maximum de productivité par UTH et par UGB avec mon troupeau Charolais"
Bonne productivité numérique, mortalité maîtrisée, croissances de bon niveau, vêlage à deux ans de plus en plus fréquent… Tous…
La Chine fait s'envoler les cours des matières premières pour l'engraissement des bovins
La hausse est impressionnante. Elle ne concerne malheureusement pas le prix de la viande bovine mais celle des différentes…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande