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Une contention fixe pour sécuriser le travail avec les bovins

Les installations de contention fixe gagnent du terrain dans les élevages mais sont encore loin de s’être généralisées. Bien conçues, elles permettent d’intervenir au plus tôt dans des conditions optimales de sécurité. Les intervenants extérieurs (vétérinaires, transporteurs, techniciens…) apprécient.

 

 

 

Rares sont les éleveurs qui ne sont pas faits un jour une grosse frayeur voire « la peur de leur vie » en triant ou en déplaçant des bovins. La manipulation de ces animaux se traduit chaque année par de nombreux accidents du travail pour leurs propriétaires, leurs salariés ou les différents prestataires (vétérinaires, inséminateurs, transporteurs, techniciens…) qui interviennent dans les élevages.

Le premier objectif d’une installation de contention est d’assurer la sécurité des intervenants pour des animaux pas forcément toujours très coopératifs compte tenu de l’évolution des conditions d’élevage (augmentation de la dimension des cheptels, généralisation des stabulations…). La contention est un thème qui fédère. Tous les intervenants qui interviennent régulièrement dans les élevages se réjouissent de voir un nombre croissant d’élevages s’équiper d’installations de contention dignes de ce nom, complétées par un quai de chargement. Bien des chauffeurs et négociants ne manquent pas d’anecdotes sur des chargements réalisés dans des conditions parfois rocambolesques et surtout dangereuses avec à la clé des pertes de temps parfois importantes.

Le caractère des animaux, reflet des conditions d’élevage

À côté de l’utilisation d’outils de contention fixes ou mobiles les différents spécialistes de la contention et du comportement des bovins rappellent que ces outils doivent s’accompagner de différentes mesures pour limiter les risques d’accident. Ils recommandent donc d’être attentif à la sélection des animaux. Leur docilité doit faire partie des critères de sélection. Le caractère des animaux reflète souvent les conditions dans lesquelles ils ont été élevés.

Lire aussi : La conduite positive du bovin par Pauline Garcia

Les bovins gagneront évidemment à être respectés : pas de cris, pas de coups. Plus les animaux sont stressés et plus leurs réactions risquent d’être vives et imprévisibles. Pour faciliter les futures séances de contention, tous les comportementalistes insistent sur le fait qu’il est important d’instaurer avec eux des relations apaisantes en particulier aux moments clés que sont le premier âge, le sevrage et le premier vêlage et limiter toute douleur lors des soins.

Autre aspect important, les vêtements de travail. Il faut porter une tenue adaptée : cotte, bottes, gants et porter une attention particulière à leur couleur et aux odeurs. Les tenues claires et/ou fluo sont stressantes pour les animaux tandis que les couleurs foncées sont apaisantes. Le noir, vert sombre ou marron sont les couleurs idéales.

Lire aussi : Une cage de contention très bien aménagée pour le parage des vaches

Il convient d’éviter les odeurs peu naturelles. L’odorat des bovins est nettement plus développé que le nôtre. Il est ensuite conseillé de suivre une formation du type Manipulations et contentions des bovins. À la fois pratique et théorique, elle permet de mieux comprendre le comportement des bovins et de se familiariser avec l’utilisation d’équipements de contention adaptés.

Bien réfléchir à son positionnement

Une installation de contention fixe doit être positionnée sur les lieux de passage habituel des animaux, à l’extrémité ou aux carrefours des principaux bâtiments d’élevage avec un accès aisé pour des bétaillères et camions de grande dimension sur des sols stabilisés. Ce lieu doit être mûrement réfléchi. Un ensemble de contention doit être équipé au minimum d’un parc d’attente, d’un couloir de contention et d’un parc de rassemblement. Il gagne à être complété par une porte de tri, deux ou trois parcs supplémentaires, une cage de contention, une bascule et un quai d’embarquement. Le fait d’avoir une installation au moins partiellement couverte et correctement éclairée sans aveugler les animaux est évidemment l’idéal côté confort de travail. Multiplier les visites d’installations en fonctionnement et discuter avec leurs utilisateurs est aussi toujours très instructif.

Les chiffres de la MSA

Chaque année, d’après la MSA, « plus de la moitié des accidents du travail déclarés par les exploitants sont liés aux activités d’élevage bovin » et d’une année sur l’autre, cet organisme estime à 4 500 le nombre d’accidents annuels, causés par les bovins, soit 16 % du nombre total des accidents du travail des non-salariés agricoles.

- Les trois quarts de ces accidents nécessitent un arrêt de travail allant de quelques jours à plusieurs mois et 3 % sont des accidents très graves, voire mortels.

- Dans plus de 9 cas sur 10, les personnes accidentées sont des hommes.

- Les principales lésions sont des fractures ou fêlures, des lésions superficielles, des contusions, plaies, entorses ou foulures. Elles touchent le plus souvent les mains et les jambes. Puis viennent les membres supérieurs, la tête, le dos, les yeux, le thorax et l’abdomen.

- Les deux tiers des accidents ont lieu entre octobre et mars, quand les animaux sont rentrés.

- Dans la plupart des cas, les accidents sont à mettre en relation avec le mauvais état des sols, les couloirs trop étroits, les éclairages insuffisants…

- Parmi les principales tâches à risque viennent le tri, la manipulation et la contention, l’aide au vêlage, la traite, le chargement et le déchargement. Citons également toutes les opérations de type prophylaxie, parage, insémination sans occulter celles liées à la distribution des repas en particulier lors de bousculades autour de l’auge ou des râteliers lorsqu’il faut passer entre les animaux.

Quelques rappels sur l’installation de contention

Le parc - La dimension des parcs est à moduler selon la dimension des lots. Les surfaces préconisées sont de 1,5 m² par gros bovin et 2,5 m² pour un couple vache + veau. La forme allongée est la mieux adaptée notamment pour éviter les mouvements tournants avec une largeur maximum conseillée de 3,50 m en évitant les angles fermés où les animaux vont s’agglutiner et donc en cassant si besoin ces derniers. Les barrières d’accès au parc, larges d’au moins 2,50 m, doivent s’ouvrir vers l’extérieur. En système allaitant il est conseillé d’avoir des parois d’1,8 m de haut avec plusieurs solutions pour les poteaux : bois, fer, traverses de chemin de fer ou poteaux téléphoniques et pour les parois : planches, glissières d’autoroute. L’écartement entre les lisses sera soit de 30 cm soit rigoureusement inférieur à 20 cm. S’il est compris entre 20 et 30 cm un bovin pourra passer sa tête avec le risque de ne pas pouvoir la ressortir seul ! Prévoir des passages d’hommes est indispensable : au moins 30 cm de large, masqués au besoin par un tapis de mine ou un plastique épais et éventuellement des zones de protections derrière lesquelles il est possible aux intervenants de se réfugier ou d’intervenir sans prendre le risque d’être au contact des animaux. Le sol doit aussi être pensé pour permettre un bon maintien sanitaire de l’endroit. Le béton, glissant pour l’animal comme pour l’homme est déconseillé en lui préférant une surface stabilisée et suffisamment filtrante. Prévoir d’installer des dispositifs permettant de maintenir les barrières en position ouverte et plaquées contre les murs ou les autres barrières. Et pour cela il y a mieux et surtout plus pratique que l’habituelle ficelle bleue ! Les systèmes de barrières poussantes antirecul sont ensuite une vraie avancée pour permettre aux intervenants de ne pas être en contact direct avec les animaux.

Le quai de chargement - Il gagne à être orienté au Nord mais surtout pas à l’Est dans la mesure où la plupart des chargements d’animaux ont lieu le matin avec dans l’axe du couloir suffisamment de dégagement pour permettre la manœuvre et la mise à quai de bétaillères ou camions de grande dimension sur un sol plan et correctement stabilisé. La hauteur du quai classiquement préconisée est de 40 à 60 cm pour 2,6 m de large avec des parois latérales pleines d’au moins 1,6 m de haut. Prévoir là aussi un passage d’homme et dans l’idéal une barrière antiretour.

Le couloir - Les dimensions classiquement recommandées sont une longueur de 5 m minimum et 10 m maximum avec une largeur de 0,75 m pour les adultes et 0,50 m pour les veaux. La hauteur préconisée pour les parois est de 1,60 m (1,10 m pour les veaux) avec des parois pleines et lisses jusqu’à 1,20 m afin d’éviter que les bovins puissent passer un membre à l’extérieur. Prévoir l’installation d’une barrière ouvrable d’au moins 2,60 m formant une paroi du couloir pour libérer les animaux si besoin. Un couloir à plat ou en légère montée incite les animaux à avancer.

L’entrée latérale doit former un angle de rigoureusement 45° par rapport au couloir, avec 3 m de chaque côté en paroi pleine. En optant pour ce type d’entrée, on empêche le bovin de voir le fond du couloir avant qu’il ne s’engouffre dedans et une fois engagé si le dernier animal recule, sa croupe vient buter sur le fond du couloir qui fait alors office d’antirecul. Il faut éviter l’effet « cul-de-sac » qui incite l’animal à s’arrêter pour analyser la situation. On gagne donc à éviter les couloirs rectilignes. Lorsqu’un animal s’avance dans un couloir il doit dans l’idéal ne pas en voir le fond, en jouant pour cela sur l’instinct de fuite qui l’incite à s’avancer vers l’extrémité pour chercher à s’échapper de l’installation. Attention en revanche à toute aspérité qui dépasse. Elle risque d’entailler gravement les cuirs quand les animaux vont se bousculer. Le sol du couloir gagne à être bétonné mais non glissant pour être stabilisé et plus facile à nettoyer. Un espace ajouré de 5 à 7 cm en bas des parois facilitera cette corvée.

Le marchepied antidérapant et suffisamment large (80 cm) doit permettre à deux intervenants de se croiser sans risque de chute. Il sera installé sur la longueur du couloir avec dans l’idéal un garde-corps pour éviter les chutes.

Pour avoir des repères sur les dimensions à respecter. Comment construire une installation de contention des bovins ?

À voir Un exemple dans la Sarthe

 
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