Aller au contenu principal

LOAA et Nima
Un statut d’agriculteur à l’essai préconisé par le CGAAER

Dans le cadre de la concertation préparatoire au pacte et à la loi d’orientation et d’avenir agricoles, Marc Fesneau a demandé au conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) de conduire une mission afin de suggérer des adaptations de la politique d’accompagnement de l’installation vis-à-vis des personnes non issues du milieu agricole. 

essai
Le CGAAER propose de réfléchir à un statut universel « d’agriculteur à l’essai » pour les nouveaux venus du monde non agricole.
© Franck Mechekour

Après une mission de deux mois, partant du constat que l’agriculture risquait de « manquer de cerveaux et de bras », le CGAAER suggère de rechercher des personnes hors du monde agricole. Mais dans son rapport, le CGAAER admet que l’écosystème agricole constitue un milieu spécifique, avec ses codes et pratiques, au sein duquel il est souvent difficile de faire sa place. « D’ailleurs le terme « non issus du milieu agricole », souvent utilisé pour désigner ces nouveaux actifs, semble à cet égard inapproprié en termes d’état d’esprit et ne semble guère refléter la volonté d’accueillir de nouveaux venus au sein de la population agricole » regrette-t-il.

5 à 10 millions d’euros supplémentaires

Il ressort de ces travaux deux pistes de travail à approfondir. Tout d’abord, un premier travail consisterait à « passer en revue les dispositifs spécifiques à l’agriculture qui peuvent faire obstacle à la mobilité professionnelle ou scolaire entre le secteur agricole et les autres, et identifier ceux dont le caractère propre à l’agriculture ne se justifie plus ». Ensuite, le rapport estime nécessaire d’appuyer les porteurs de projet dans la phase d’émergence. « Le niveau de l’enjeu justifie pleinement de pouvoir y consacrer 5 à 10 millions d’euros de moyens de l’État supplémentaires » propose le rapport qui a constaté que des « structures plutôt alternatives, disposant souvent de faibles financements » accompagnent le plus souvent les porteurs de projets.

« Remettre à plat l’écosystème agricole »

« La remise à plat du parcours est indispensable pour prendre en compte ces nouveaux profils, former les conseillers et ouvrir les dispositifs à la pluralité des agricultures », considèrent les auteurs. Accompagner les Nima nécessite des moyens supplémentaires mais aussi « des changements de posture et surtout une remise à plat de l’écosystème agricole », d’après le CGAAER. Le rapport préconise ainsi d’élargir la gouvernance des instruments de régulation du foncier agricole pour mieux intégrer les nouveaux profils d’actifs. Cela concerne notamment le contrôle des structures et l’intervention des Safer.

Par ailleurs, afin de permettre à des candidats de tester le métier dans toutes ses dimensions durant une durée suffisante pour pouvoir se décider en connaissance de cause sur la poursuite ou non dans le secteur agricole, la mission propose de réfléchir à un statut universel « d’agriculteur à l’essai » couvrant les volets sociaux, indemnitaires et de formation.

Les plus lus

Carte de France avec les zones de surveillance et les zones vaccinales pour la DNC au 18 janvier 2026
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : levée de la zone réglementée en Bourgogne Franche Comté

Aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) n'a été découvert depuis le 4 janvier 2026 en Ariège. Le 18 janvier…

Paysage agricole vu d’une montgolfière
Succession d’une exploitation agricole : l’attribution préférentielle de terres au coassocié d’une SCEA en détenant le bail n’entraine pas sa disparition

La Cour de cassation a rendu le 10 décembre dernier un arrêt intéressant dans le cadre de la succession d’une exploitation…

Visiteurs dans un concessionnaire John Deere devant des machines agricoles.
Machinisme agricole : les constructeurs de tracteurs sous l’œil de l’Autorité de la concurrence

L’Autorité de la concurrence indique, dans un avis rendu le 18 décembre, que l’augmentation du prix des tracteurs ne semble…

 Tracteur sur une route de campagne entourée de champs de colza avec l’inscription 2026 sur la route.
Qu’est-ce qui change au 1er janvier 2026 pour les agriculteurs ?

Tour d’horizon des nouvelles dispositions sociales, fiscales et nouveaux règlements qui s’imposent aux agriculteurs, ou tout…

Cartes de foyers de FCO3 et FCO8 au 15 janvier 2026 (depuis juin 2025).
Les cas de FCO 3 et 8 se poursuivent sur le territoire

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en date du 15 janvier, 7366 foyers de FCO de sérotype 3 et 3284…

Publicité