Aller au contenu principal

Un nouveau protocole pour les stations d’évaluation et de contrôle individuel

Depuis cette année, en station de contrôle individuel comme en station d’évaluation, les jeunes mâles sont contrôlés sur 84 jours après une adaptation d’au minimum 28 jours. Ce protocole donne plus de souplesse pour organiser les séries.

L'évolution du protocole doit permettre une mesure plus précise de l’efficacité alimentaire.
L'évolution du protocole doit permettre une mesure plus précise de l’efficacité alimentaire.
© F. d'Alteroche

L e contrôle et l’évaluation des performances individuelles des jeunes mâles ont connu en 2013 un changement de protocole. Auparavant, en station d’évaluation, les veaux débutaient par un mois d’adaptation, puis 112 jours de contrôle(1). Et en station de contrôle individuel, l’adaptation durait deux mois, puis le contrôle se déroulait sur 126 jours : un mois avec alimentation à volonté puis trois mois et demi en alimentation limitée(2). Le protocole revu et corrigé est quasi-identique pour les deux types de station et il se résume à 28 jours au minimum d’adaptation suivis de 84 jours de contrôle avec une alimentation à volonté en contrôle individuel et toujours rationnée en station d’évaluation.
« Il s’agit donc, en contrôle individuel, que les veaux s’alimentent spontanément à volonté avant que ne démarre la période de contrôle. Compte tenu de leur conduite avant leur entrée en station chez les naisseurs, qui reste assez hétérogène, un mois d’adaptation est un minimum. Il sera sûrement plutôt pratiqué 42 à 56 jours d’adaptation en contrôle individuel, tout comme pour les races rustiques en station d’évaluation », explique Laurent Griffon de l’Institut de l’élevage.
La ration retenue jusqu’à présent est, dans presque toutes les stations, une ration sèche, peu énergétique par rapport aux pratiques en élevage, avec de la paille mise à disposition dans des rateliers notamment en contrôle individuel. « En parallèle, nous étudions pour le contrôle individuel, l’utilisation d’un aliment de même valeur nutritionnelle, mais plus fibreux, qui puisse être utilisé dans les distributeurs automatiques d’aliment, afin de favoriser davantage la rumination et ralentir le transit », explique Arnaud Delpeuch de l’Institut de l’élevage.
Cette évolution de protocole en contrôle individuel doit permettre une mesure plus précise de l’efficacité alimentaire sur des animaux à volonté comme cela est pratiqué dans d’autres pays. Elle apporte par ailleurs une homogénéité des pratiques entre stations de contrôle individuel et stations d’évaluation pour l’évaluation de la croissance et de la morphologie des animaux. C’est désormais bien les mêmes critères qui sont mesurés dans ces différents outils et ils pourraient à l’avenir être intégrés dans une même base de données pour une valorisation en génomique.


Repenser l’organisation des séries


Cette évolution du protocole a été l’occasion de redéfinir les modalités imposées par les lois de la statistique pour l’organisation des séries. Désormais, l’effectif minimum d’une série est de 36 veaux contre 42 auparavant. Et ils doivent se répartir, au sein d’une série, sur au maximum trois groupes d’âge, chaque groupe d’âge devant rassembler au moins douze veaux. Un groupe d’âge étant toujours défini par des veaux ayant au plus 42 jours d’écart d’âge entre eux. « Attention, il faut que malgré les pertes éventuelles d’animaux qui peuvent intervenir, il y ait au moins dix veaux évalués officiellement par groupe et au moins 30 veaux évalués par série. Sans quoi il ne sera pas publié d’index officiels pour un groupe ou pour la série entière », précise Laurent Griffon.
Ces nouvelles règles du jeu ont conduit les différents maîtres d’œuvre des stations à repenser l’organisation des séries. Il donne d’abord la possibilité de réduire d’un mois la présence des animaux en station et donc les coûts, notamment alimentaires, qui s’y rapportent. Cela permet aussi de répartir différemment les effectifs et les dates des séries. Par exemple à la station nationale limousine de Lanaud, le nombre de séries organisées cette année, passe de quatre à cinq afin d’augmenter le nombre total d’animaux évalués (600 aujourd’hui) ; ce qui participera à l’optimisation économique de la station.
En race Rouge des Prés, ce nouveau protocole permettant d’évaluer 36 veaux au minimum pour une série est plus en phase avec l’effectif de la race. La pression de sélection à l’entrée s’en trouve plus forte. D’autre part, l’organisation des deux séries dans l’année se fait désormais sans que les animaux ne se croisent à la station.
En race Blonde d’Aquitaine, une réflexion est engagée pour que la station de contrôle individuel puisse élargir la période de naissance des veaux recrutés sur l’automne, tout en valorisant l’outil génomique sur les aptitudes bouchères du programme Qualivigène pour faire progresser la pression de sélection à l’entrée. Le nombre total de veaux évalués augmenterait alors légèrement. Les stations d’évaluation en race Blonde réduisent pour leur part de trois semaines le temps de présence des animaux.
C’est aussi le cas pour un certain nombre d’autres stations. Compte-tenu des pratiques commerciales et des périodes de vêlage, la réduction de durée n’est pas complètement appliquée. Les animaux entrent aux mêmes dates qu’auparavant à une ou deux semaines près, pour faciliter leur conduite chez les naisseurs, et les ventes des animaux prêts à saillir ne sont pas forcément aussi décalées dans le temps pour coller au mieux aux besoins des acheteurs.


(1) Avec une alimentation rationnée permettant de couvrir leurs besoins pour un niveau de croissance minimum défini selon la race
(2) Alimentation « à volonté contrôlée » couvrant plus que leurs besoins, sans pour autant se traduire par une auge jamais vide.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Prix des céréales : les raisons de la flambée des cours
Grandes Cultures
Blé, orge, maïs : les prix de l'ensemble des marchés des céréales ont connu une hausse brutale ces dernières semaines. Cette…
filet brise-vent
Plan de relance : des aides pour la biosécurité et le bien-être animal
Le volet agricole du plan de relance comprend une mesure « pacte biosécurité et bien-être animal ». Le dispositif sera piloté par…
Sophie et Michel travaillent avec leur fils Baptiste. Cette année, les laitonnes ont du être rentrées dès octobre à cause des fortes pluies. © S. Bourgeois
Une perte sensible d’efficacité économique pour un système broutards dans la Nièvre
Michel et Sophie Durand conduisent à Ougny dans la Nièvre, un système herbager avec 165 vêlages et vente de broutards lourds. À …
Cette année, la campagne de vêlages se passe vraiment bien avec 85 % de vêlages sans aide, et les retours en chaleurs sont nettement plus rapides qu’auparavant. Pour certaines, c’est quinze jours après le vêlage. © S. Bourgeois
Une approche globale pour une reproduction au top
Des vaches bien préparées au vêlage retournent vite en chaleurs. C’est l’expérience qu’a faite Jean-Michel Michelot, éleveur dans…
Le plan protéines n’oublie pas l’herbe

La stratégie nationale protéines végétales, dévoilée le 1er décembre vise à réduire la…

"Un veau qui ne se lève pas se remarque rapidement ce qui permet de le prendre en charge sans délai », soulignent les éleveurs interrogés sur leur conduite de limitation des tétées. © C. Delisle
Y a-t-il un intérêt à limiter l’accès des veaux à leurs mères ?
Dans le cadre du projet Optirepro, l’Institut de l’élevage et la chambre d’agriculture des Pays de la Loire se sont penchés sur…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande