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Un été apocalyptique dans bien des départements

Déjà éprouvée dans bien des départements par un été et un automne 2018 trop chauds et trop secs, la météo détestable de 2019 va laisser des séquelles dans les élevages français de ruminants.

carte rapport à la normale 1981/2010 du cumul de précipitations efficaces de septembre 2018 à juillet 2019 et
Rapport à la normale 1981/2010 du cumul de précipitations efficaces de septembre 2018 à juillet 2019

Ce n’est pas encore le désert, mais cela commence à y ressembler ! Dans bien des départements et en particulier dans un grand centre de la France étendu à la Bourgogne et au Limousin, la sécheresse prend une tournure gravissime. Les pâtures ne sont plus jaunes mais grises, bien des sources ont tari, un nombre croissant de cours d’eau et d’étangs sont asséchés et on ne compte plus les arbres grillés sur pied. Dans certaines communes du Limousin, le réseau d’eau public commence à poser de sérieux problèmes pour l’approvisionnement des particuliers.

« Au total, la moyenne des mois de juin, juillet et août présente une anomalie thermique de +1,6 °C par rapport à la normale. C’est le troisième été le plus chaud depuis 1900, ex aequo avec l’été 2006 », explique une note de synthèse de la chaîne météo. Côté précipitations, elles sont déficitaires sur une grande partie du territoire depuis le début de l’année, et la situation est aggravée par un été et un automne 2018 insuffisamment arrosés. Au début du printemps, les réserves hydriques étaient loin d’avoir été reconstituées. Conjugué aux fortes chaleurs, les sols et la végétation ont subi un "effet sèche-cheveux".

En moyenne, fin août, le déficit pluviométrique de 2019 était de 25 % à 30 % à l’échelle du territoire, avec des secteurs sinistrés où il est compris entre 70 % et 100 % (Centre Ouest, plaines d’Allier et du Puy-du-Dôme, basse vallée du Rhône). Près de 20 % du territoire métropolitain sont concernés par des « mesures de limitation ou de suspension des usages de l’eau » (contre 4 % en 2018), a indiqué le ministère de la Transition écologique dans un communiqué du 29 août. Selon le ministère, 41 départements ont pris, des « arrêtés de crise imposant l’arrêt des prélèvements d’eau non prioritaires » (dont l’irrigation), afin de « préserver les usages prioritaires ».

Les États membres de l’UE ont donné le 28 août leur feu vert aux mesures annoncées fin juillet par la Commission européenne. Il s’agit d’une part, du relèvement du taux de paiement anticipé (dès le 1er octobre) des aides de la PAC (à hauteur de 70 % pour les paiements directs et 85 % pour le développement rural) et d’autre part, de dérogations aux règles du verdissement pour faciliter l’alimentation des animaux.

La décapitalisation menace

Dans les exploitations, les stocks sont partout entamés. La situation est souvent critique dans des exploitations déjà affaiblies par l’année 2018. Début septembre, les sorties de bétail maigre s’accélèrent. Faute de trésorerie et faute de pouvoir acheter les fourrages qu’ils n’ont pas, la crainte est évidemment d’assister dans les semaines à venir à une nette tendance à la décapitalisation, au moins dans les départements les plus touchés. Elle pourrait être aggravée par un nombre accru de vaches vides. La canicule et des rations « sèches » estivales pas parfaitement équilibrées ont eu un impact sur la reproduction dans bien des cheptels.

F. A.

À savoir

Le site internet de l’Institut de l’élevage (idele.fr) consacre un espace pour venir en aide aux éleveurs avec différentes informations techniques pour passer ce cap difficile.

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