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A l'EARL Presle dans l'Allier
Un démarrage prometteur du vêlage à deux ans

Récents adeptes du vêlage à deux ans, les associés de l'EARL Presle et Jonathan Boichut leur salarié entendent bien poursuivre dans cette voie moyennant quelques adaptations de la ration.

Jonathan Boichut. "A trois quatre mois, les veaux passent à une ration fibreuse à base d'ensilage d'herbe, ce qui développe leur panse et évite de les faire graisser."
Jonathan Boichut. "A trois quatre mois, les veaux passent à une ration fibreuse à base d'ensilage d'herbe, ce qui développe leur panse et évite de les faire graisser."
© F.Alteroche

«Sur l’exploitation, le troupeau est actuellement en progression numérique. De 95 vêlages, nous allons passer à 120 », explique Jonathan Boichut, salarié de l’EARL Presle au Mayet de Montagne dans le sud-est de l’Allier et en charge du suivi du troupeau. Pour autant, ce n’est pas l’accroissement du nombre de vêlages qui explique le nombre croissant de mises bas dès 2 ans. « Ce choix est lié à des réflexions personnelles et à des articles dans la presse spécialisée. La conduite du troupeau était jusque là bien calée avec vêlage d’automne à 3 ans accompagné d’un fort taux de renouvellement, pour un poids moyen de carcasse des réformes d’environ 450 kilos. Avec un troupeau inscrit, nos objectifs de sélection étaient et sont toujours orientés sur les facilités de vêlage et les qualités maternelles avec 100 % d’IA. En optant pour le vêlage à 2 ans, l’idée était de diminuer le nombre d’UGB improductives », souligne Bernard Presle. Sur cette exploitation où sont conduits trois autres ateliers (volaille, veau rosé, et engraissement de gros bovins), cette technique a été utilisée pour la première fois pour les vêlages de l’automne 2005. Elle s’est soldée par un échec relatif. Les synchronisations de chaleurs n’ont pas permis d’obtenir le résultat escompté avec 4 génisses pleines sur 12 mises à la reproduction à 1 an mais avec une conduite d’élevage encore mal calée. En revanche, côté croissance, les résultats incitaient à persévérer. L’automne dernier, il y a eu 19 vêlages à 2 ans pour 40 primipares et pour les vêlages à venir, il y en aura 23. Pour la suite, l’ambition est que cette conduite concerne toute les primipares, mais avec un premier tri avant la mise à la reproduction, pour l’instant non réalisé. Actuellement, compte tenu de la décision d’augmenter la taille du troupeau, toutes les génisses sont mises à la reproduction. Ce ne sera plus le cas une fois les 120 vêlages annuels atteints. Le taux de renouvellement devrait alors être compris entre 30 et 35 % en ayant la quasitotalité des vêlages en septembre-octobre.

COMME DES ÉLEVEURS LAITIERS

Côté conduite d’élevage, la synthèse des données d’abattage fournie par Covido Bovicoop, l’OP qui commercialise tous les animaux et celles du contrôle de performance, attestent que les résultats s’améliorent. Pour Jonathan Boichut, ces résultats passent d’abord par un bon suivi de l’alimentation. « On fonctionne un peu comme des éleveurs laitiers en calculant tout au plus juste et en utilisant des rations complètes et une mélangeuse pour tous les lots, avec achat de différentes matières premières en fonction de leur prix d’intérêt pour complémenter les fourrages de l’exploitation. » L’objectif clé est d’atteindre les 450 kilos autour de 14 à 15 mois lors de la première mise à la reproduction. « Chaque année, on démarre les IA le dernier lundi de novembre et on arrête fin janvier, ce qui permet de faire au maximum 4 IA sur une même femelle. » La demi-douzaine de broutards vasectomisés répartis dans les différents lots facilite la détection des chaleurs. « Pour les IA sur génisses, on utilise des taureaux avec d’excellentes facilités de naissance (Farman, Ramses, Lorsini…). Quand un veau ne peine pas pour naître, il est vif dès la naissance et toutes les conditions sont requises pour remettre rapidement la vache à la reproduction. Si tout va bien on insémine à partir de 30 jours après vêlage. » Sur les 19 génisses vêlées à 2 ans l’automne dernier, il y a eu huit vêlages sans aide, huit avec aide facile, un vêlage difficile et deux césariennes et ce sont les deux seules qui ont été faites sur l’ensemble du troupeau. « Ces deux génisses avaient un mauvais bassin. C’est parce que nous avions l’objectif d’augmenter le nombre de vêlages qu’elles ont été mises à la reproduction. » Même si l’accroissement du troupeau se traduit par quelques concessions dans les dates de vêlage, l’objectif est à terme de cesser toute IA fin janvier, et de réformer systématiquement toutes les vaches vides après diagnostic de gestation. Sur le volet des poids de carcasse, Bernard Presle estime que c’est encore trop tôt pour tirer des conclusions même si les premier chiffres sont encourageants. « Si l’alimentation des animaux est en conséquence, j’ai l’impression qu’il n’y a pas de différence. »

Des rations à affiner

Lors du premier hivernage, les veaux ont d’abord un concentré fermier associant maïs grain entier + complémentaire. « C’est très appétent. Mais à 3-4 mois, ils passent à une ration fibreuse mélangée car sinon le maïs leur ferait mettre du gras. Cette ration est confectionnée à la mélangeuse. En donnée brutes, elle se compose cet hiver pour un veau de 1,5 kg d’ensilage d’herbe à 60 % de MS, 900 g de pulpe de betterave déshydratée, 1,2 kg de fibre de blé et 700 g de correcteur à 39 %. Après sevrage, les génisses sont remises à l’herbe, mais continuent de bénéficier d’une ration mélangée. Les rations utilisées cet hiver sont consignées dans le tableau cidessous. Cette année, les objectifs de croissance ont été réalisés mais les génisses d’1 an avaient tendance à être grassouillettes ». Jonathan Boichut estime que ce niveau d’embonpoint explique peut-être que sur les 36 génisses d’1 an mises à la reproduction (dont 29 cyclées donc inséminées) en fin d’automne-début d’hiver, il n’y en ait que 23 de pleines en cette fin d’hiver. « On tâtonne encore un peu », explique le jeune technicien qui va affiner ses rations pour que l’an prochain celle des génisses d’1 an soit légèrement moins énergétique afin que les génisses soient plus en phase de reprise d’état au moment de la mise à la reproduction. ■

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