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Rations à base de céréales
Un atout pour produire de la viande jeune

Produire des taurillons de moins d´un an correctement finis demande une certaine rigueur sur le plan technique. Ces animaux jeunes ont cependant des atouts sur le plan commercial.


En Italie, la nouvelle réglementation relative au retrait de la colonne vertébrale a renforcé l´attrait pour les carcasses issues d´animaux âgés de moins de 12 mois à l´abattage. Les tarifs sont donc actuellement favorables à ces taurillons jeunes et légers, au moins tant que la règlementation italienne n´évolue pas ! Mais ces animaux impérativement conduits à l´abattoir avant leur premier anniversaire doivent permettre de produire des carcasses qui tout en étant par force légères (280 à 310 kg) sont également suffisamment finies. L´existence de ce nouveau marché a donc incité le Réseau d´élevage bovin Limousin à rassembler sous forme d´une fiche quelques repères résumant l´itinéraire technique à adopter. Produire ce type d´animaux passe par une conduite d´élevage puis d´engraissement soutenue où tous les facteurs techniques doivent être optimisés et notamment l´alimentation.

« La production de carcasses couvertes à partir d´animaux de moins de 12 mois présente un certain nombre de contraintes », soulignent les auteurs de cette fiche. « L´apparition d´un état de couverture suffisant pour envisager l´abattage s´obtient couramment entre 14 et 17 mois. Moins l´animal est précoce et plus cet état s´obtient tardivement. » Mais à condition de maintenir un niveau de croissance soutenu tout au long de la vie de l´animal, la race Limousine peut s´adapter assez facilement à ces objectifs. Il s´agit alors d´exploiter au mieux le potentiel de croissance musculaire des animaux, sans chercher à retarder la mise en place des dépôts adipeux. Pour cela il convient de privilégier les rations « sèches » à forte densité énergétique.
©F.A.

Pour ce type de ration très énergétique
il est primordial de s´assurer que les animaux disposent constamment de paille alimentaire appétence située si possible dans des rateliers spécifiqu
Trois phases importantes dans la vie de ces taurillons
Les techniciens distinguent trois phases importantes dans la vie de ces taurillons. La phase « lactation » au cours des quatre premiers mois où la croissance est alors surtout fonction du niveau de la lactation des mères avec cependant l´objectif de familiariser le veau à l´utilisation du nourrisseur et donc à la consommation de concentré. Puis vient la phase « broutard » où quelle que soit la période de naissance des veaux, la complémentation est fortement conseillée pour maximiser le GMQ. « Avec un concentré composé d´un mélange de céréales aplaties et d´un correcteur azoté pour atteindre un taux de Matières azotées totales de 16 à 18 %, le niveau de cette complémentation doit être au maximum de 1,5 kilo de mélange par 100 kilos de poids vif. Il pourra être réduit pour les veaux bénéficiant durant cette période de beaucoup d´herbe ou de fourrages de bonne qualité. »
Les broutards doivent ensuite être sevrés de bonne heure, vers sept mois.
Ceci est d´autant plus vrai si les ressources fourragères diminuent en quantité comme en qualité. « La précocité du sevrage détermine la durée d´engraissement qui conditionne ensuite la finition correcte de l´animal. » Vient ensuite la phase « engraissement » avec l´allotement des broutards au moment du sevrage et le traitement anti-parasitaire. « Dans les boxs d´engraissement, il faut prévoir 4 m2/animal et au minimum 50 cm de longueur d´auge. » Les deux premières semaines sont consacrées à une période de transition pendant laquelle les broutards sont nourris avec le même concentré qui leur était distribué avant le sevrage dans le nourrisseur. La ration est alors de 2,5 à 3,5 kg/tête, et surtout, mettre à libre disposition de la paille de bonne qualité pour faire ruminer les animaux. Une fois que ces derniers se sont bien habitués à leur nouveau régime alimentaire, les quantités de concentré distribuées augmentent progresssivement de 0,5 à 1 kilo par semaine.
Sont recommandés : l´orge, le blé, le triticale et le maïs grain
« Durant la phase d´engraissement proprement dite, la capacité d´ingestion est de 2 à 2,5 kg de MS par 100 kilos de poids vif et les besoins se situent autour de 0,95 UFV/kg de MS et 110 g de PDI par UFV. » Les céréales aplaties sont alors distribuées à volonté, ce qui correspond à un maximum ingéré de 6 à 7 kilos par jour. Les céréales recommandées sont l´orge, le triticale, le blé et le maïs grain entier. « Le concentré azoté et minéralisé, adapté aux rations sèches sera de type 26 % de MAT et distribué à raison de deux kilos par jour », précisent les techniciens qui soulignent alors que l´ensilage de maïs n´est pas forcément à exclure.
« Il peut être incorporé en complément d´une ration sèche, avec un minimum de 4 kilos de céréales, sous réserve qu´il soit de très bonne qualité, riche en grains, digestible et parfaitement conservé. »

« Le jeune bovin fini de moins d´un an », fiche technique en double page réalisée par le réseau d´élevage bovin Limousin, Janvier 2002, deux euros.

Transition alimentaire après sevrage: pour de bons résultats, elle doit être progressive
Pour avoir de bons résultats techniques, les techniciens insistent tout particulièrement sur la transition alimentaire au moment du sevrage qui doit être très progressive en vérifiant bien que les broutards fraîchement sevrés savent utiliser les abreuvoirs. Avec ce système de rations très énergétiques distribuées à volonté, ils rappellent toute l´importance de la qualité des fourrages grossiers mis à disposition pour avoir une bonne activité du rumen. Toujours pour limiter les problèmes d´acidose, ils insistent sur l´alimentation à heures régulières, « en vérifiant que l´auge ne reste pas vide plus de deux ou trois heures par jour. » Ils précisent enfin qu´en période de finition, un apport journalier de 60 g de bicarbonate de soude incorporé au complémentaire est « fortement conseillé ».


Ces rations visent à permettre d´obtenir pour des animaux à bon potentiel génétique des GMQ de 1100 g jusqu´à quatre mois, puis 1270 g pendant la phase « broutard » avant de terminer à 1500 g en cours d´engraissement. L´abattage est prévu à un peu plus de onze mois pour un poids vif de 480 à 500 kilos.

Attention au chargement de l´exploitation
Avant de se lancer dans ce type de production, il convient tout d´abord de se renseigner auprès de ses habituels partenaires commerciaux pour savoir si ce genre de marchandise les intéresse.
Pour un éleveur naisseur habitué à vendre des broutards légers, la mise en place de ce type d´atelier implique de disposer de places de bâtiment disponibles, surtout si l´exploitation est en vêlages d´hiver. Il ne faut pas non plus oublier les répercutions sur le chargement de l´exploitation. Tout comme pour les systèmes naisseurs, ce mode de production peut également s´envisager sur des exploitations déjà en système naisseur, mais habituées à produire des animaux beaucoup plus lourds. Dans ce dernier cas, le fait de raccourcir le cycle de production peut permettre de diminuer le chargement avec la possibilité d´accéder à un niveau supérieur de complément extensif.
Lorsque l´objectif est vraiment de ne pas dépasser le seuil fatidique de 365 jours au moment de l´abattage, il est également plus que souhaitable de faire le plus tôt possible la demande de Prime spéciale bovins mâle afin de ne pas être pénalisé au moment de récupérer les passeports à l´heure du départ pour l´abattoir.
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