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Un atelier d'engraissement collectif de 1000 places

Entre Creuse et Corrèze, une cinquantaine d'éleveurs s'engagent dans une structure collective d'engraissement de jeunes bovins qui seront contractualisés avec la SVA Jean Rozé. L'entrée des animaux est prévue pour les derniers mois de 2014.

© mairie-saint-martial-le-vieux

Un projet unique en France est en train de voir le jour à Saint-Martial Le Vieux, à la frontière entre Corrèze et Creuse, après plusieurs années de travail ardu. La SAS (société en actions simplifiée) Alliance Millevaches, présidée par Michel Lacrocq, y met en place un atelier collectif d'engraissement pour jeunes bovins. C'est un outil sécurisant le débouché des broutards par rapport à l'export, et à même d'encourager la pérennisation de la production. « Les conditions sont réunies pour un activité gagnante-gagnante d'engraissement sur le plateau de Millevaches », explique Bruno Bunisset, président du marché au cadran d'Ussel (Corrèze) qui sera partie prenante du centre d'engraissement.


Des contrats de six ans avec prix plancher


Une cinquantaine d'éleveurs installés dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour du site, sont d'ores et déjà engagés dans le projet par la prise de capital dans la SAS Alliance Millevaches. La SVA Jean Rozé entrera également au capital à hauteur d'environ 20 %.
Le pilotage de cet outil reviendra donc très clairement aux éleveurs actionnaires. « Des contrats de six ans seront souscrits entre la SVA et la SAS Alliance Millevaches, et entre la SAS et l'éleveur », explique Fabien Cornen, directeur des achats chez SVA. Le prix d'intérêt de l'engraissement du jeune bovin sera déterminé au moment de l'entrée en engraissement, et l'éleveur recevra le prix correspondant à la moyenne entre ce prix d'intérêt et le prix de marché (indexé sur le prix du marché au cadran d'Ussel). Si le prix de marché est inférieur dans une certaine proportion au prix d'intérêt, l'éleveur recevra le prix d'intérêt. La SVA participera d'autre part au préfinancement du centre d'engraissement, par des avances de trésorerie pour l'achat des broutards et de l'alimentation. L'idée étant que le centre d'engraissement fonctionne par la suite de façon autonome.
Les broutards seront livrés par les éleveurs selon un cahier des charges qui sera prochainement défini (visite préalable en élevage des animaux, planning de livraison...). « Entre 1 350 et 1 450 jeunes bovins sortiront de l'atelier chaque année selon un rythme qui reste à préciser. Les animaux seront grosso modo pour deux tiers Limousins et un tiers Charolais. Leur conduite est calée pour la production classique de jeunes bovins de 420 kgC. Mais il n'est pas exclu de produire des très jeunes bovins de 12 mois », précise André Alanore, ingénieur général du ministère en charge du dossier.


Panneaux photovoltaïques et méthanisation


Trois salariés seront embauchés. La ration prévue est à base de maïs grain humide, qui sera acheté à des producteurs installés le moins loin possible du site, et de tourteaux. Toute l'eau d'abreuvement sera captée sur place. 
Les jeunes bovins seront logés dans deux bâtiments de 500 places chacun, à charpente en bois. Un troisième bâtiment abritera la quarantaine des broutards, du matériel et un espace pour les salariés. Les toitures seront équipées de 5000 m2 de panneaux photovoltaïques et seront louées à la société Langa Solar (dossier en attente de décision de la commission de régulation de l'énergie).
Une unité de méthanisation, d'une capacité de 1 megawatt électrique, sera installée. Sa gestion sera indépendante de celle de l'atelier d'engraissement. Elle achètera les quelque 15 000 tonnes d'effluents de l'élevage, et les valorisera avec environ 2000 tonnes de déchets verts, ainsi que des déchets agro-alimentaires (abattoir et secteur pâtes et pains). La chaleur produite sera utilisée par une unité de fabrication de pellets (granulés de bois) d'une capacité de 1500 tonnes par an.

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