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Tuberculose bovine : pourquoi en Dordogne la décision d’abattre un troupeau a été suspendue ?

En Dordogne, un éleveur de bovin a obtenu un délai après décision de l’abattage total de son troupeau contaminé par la tuberculose bovine. Il ne s’agit toutefois pas d’une dérogation, insiste la préfète du département.

  Serge Deschamps filmé en gros plan devant son pré
Serge Deschamps, éleveur d’Eyzerac en Dordogne, s’oppose à l’abattage total de son troupeau décidé suite à la détection de cas de tuberculose bovine depuis mai 2024.
© Capture d’écran de la chaine youtube Sauvons nos vaches 24

Le 11 juin dernier Serge Deschamps, éleveur d’Eyzerac en Dordogne, a obtenu un sursis auprès de la préfète Marie Aubert pour l’abattage des 14 bovins restant de son cheptel touché par la tuberculose bovine.

Lire aussi : « Sans moyens de maîtrise efficaces dans la faune sauvage, la tuberculose bovine restera un éternel casse-tête »

Un dispositif proposé à l’éleveur après la mise en place d’une « VAD »

Intervenant le 12 juin sur Ici Périgord, la préfète a refusé de prononcer le terme de dérogation du protocole sanitaire. « Il ne s’agit aucun cas d’une dérogation, mais d’un dispositif sanitaire renforcé, restant bien dans le cadre de l’arrêt initial qui a été pris en mai 2024 » a-t-elle déclaré

Mis à jour le 9 juillet 2025 | Tuberculose bovine : le troupeau en sursis d’Eyzerac en Dordogne va bien être abattu

Dans un communiqué en date du 12 juin, la préfecture de Dordogne rappelle que trois cas de tuberculose bovine ont été confirmés dans l’élevage depuis la première détection datant de mars 2024. En novembre 2024, où de nouveaux cas étaient apparus, 18 bovins du cheptel avaient été abattus, le reste du troupeau devait initialement être abattu le 5 juin 2025. 

Le 5 juin, plusieurs sympathisants étant venus soutenir l’éleveur qui refusait l’abattage total de son troupeau (sous le nom de VAD pour vaches à défendre), l’opération encadrée par 30 gendarmes n’avait abouti qu’à l’abattage de la moitié du cheptel infecté soit 13 bêtes. L’agriculteur avait entamé une grève de la faim le 8 juin.

Lire aussi : Nous avons remonté un troupeau haute valeur génétique après un abattage total

Quelles mesures proposées face à la situation de blocage ?

Face à la détresse de l’éleveur, la préfète lui a proposé le 11 juin « la mise en place d’un dispositif sanitaire renforcé au sein de son exploitation » comprenant trois mesures :

  • La mise en place a minima sous 15 jours d’un périmètre restreint dans l’espace, clôturé, et sans contact avec la faune sauvage et la rivière
  • La mise en place sous un mois maximum d’un double barriérage étanche autour de cette parcelle isolant les 14 bovins restants du reste de l’exploitation
  • La réalisation d’une première série de tests de recherche de la tuberculose bovine par intradermotuberculination simple et par dosage de l’interféron gamma sous 15 jours par son vétérinaire sous le contrôle et en présence des services vétérinaires de l’Etat.
     

Pour l’heure, l’éleveur renonce aux 56 971 euros d’indemnisation qu’il toucherait en cas d’abattage total.

Lire aussi : Tuberculose bovine : la situation sanitaire s’améliore mais la prudence reste de mise

Protéger les autres élevages bovins dans un département touché par la tuberculose bovine

« On est sur un fil aujourd’hui et moi, mon devoir, c’est de protéger tous les élevages de bovins de la Dordogne. Dans la solution qui nous paraît la plus raisonnable et la plus équilibrée pour endiguer la progression de la maladie, c’est celle que nous lui avons proposé aujourd’hui », a déclaré la préfète à Ici Périgord. 

Pour rappel, la Dordogne fait partie des départements les plus touchés par la tuberculose bovine avec 12 foyers en 2024 sur les 81 déclarés en France.

Lire aussi : Tuberculose bovine : 81 foyers déclarés en France pour l'année 2024

Premier cas de tuberculose bovine dans le Calvados : un collectif d’agriculteurs se mobilise

Alors qu’un nouveau cas de tuberculose bovine vient d’être détecté à Mutrécy dans le Calvados chez un éleveur retraité de 81 ans, un collectif constitué en 2025 et baptisé « Stop au massacre ! » demande l’arrêt des abattages totaux et des moyens financiers pour développer des tests réellement efficaces. Une pétition en ligne a déjà reçu plus de 32 300 signatures. 

L’éleveur en question s’est vu proposer un abattage total ou sélectif, avec des tests tous les deux mois.

Lire aussi : Tuberculose bovine : « Nous avons remonté un troupeau à haute valeur génétique après un abattage total »

Peut-on assouplir l’abattage total du troupeau en cas de vache contaminée par la tuberculose bovine ?

Traumatisme pour les éleveurs concernés, l’abattage total en cas de vache contaminée par la tuberculose bovine fait de plus en plus débat. Si certains jugent le plan de lutte actuel contre la tuberculose bovine efficace rendant cet abattage total nécessaire, et mettent en avant par ailleurs des tests avec des faux positifs et faux négatifs empêchant le développement de dérogations, d’autres, comme Jocelyn Bertrand, porte-parole du collectif contre l’abattage total, proposent un abattage partiel avec le suivi du reste du troupeau tous les deux mois.

Une expérimentation a été mise en place dans les Pyrénées-Atlantiques avec une zone de surveillance renforcée, dépistages avant mouvements d'animaux concernant les 280 élevages indemnes de la zone et mesures de biosécurité.

Lire aussi : Tuberculose bovine : « Un élevage teste avec succès une alternative à l’abattage total au Pays basque », défend la Confédération paysanne

Une nouvelle feuille de route attendue

Par ailleurs un travail national est en cours pour rebattre les cartes et faire évoluer les protocoles de lutte contre la tuberculose bovine. Une nouvelle feuille de route 2024-2029 a été adoptée par le CNOPSAV Santé animale (conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale) le 9 juillet 2024 mais n’a toujours pas été publié par la DGAL. 

Lire aussi : Tuberculose bovine : une nouvelle feuille de route sera présentée avant l’été

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