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Traitement antiparasitaire
Tenir compte des stades des parasites

L’évolution des systèmes d’élevage incite à utiliser des antiparasitaires à large spectre. Pour autant, tous les parasites ne sont pas forcément éliminés en une seule administration. Explications.

Suivant les parasites et le stade de leur évolution au moment du traitement, toutes les molécules ne vont pas avoir le même degré d'efficacité
Suivant les parasites et le stade de leur évolution au moment du traitement, toutes les molécules ne vont pas avoir le même degré d'efficacité
© F. Alteroche

Au vu des spectres d’activité réels sur les parasites cibles et compte tenu du mode de conduite de la plupart des troupeaux, est-il possible de proposer un traitement efficace, unique et facile d’administration? Il n’y a pas de certitude en la matière. Mais attention à ce qui est mis en avant par certains laboratoires.

L’arrivée et le développement de nouvelles spécialités en parasitologie séduit les éleveurs à cours de main-d’oeuvre et soucieux de rationaliser les coûts des traitements antiparasitaires. En pratique, ces spécialités contiennent un endectocide actif globalement sur les strongles au sens large et les parasites externes et un fasciolicide partiellement actif sur la grande douve du foie. Lorsque ces spécialités sont présentées sous forme « pour on », l’éleveur peut avoir l’impression d’avoir enfin trouvé le vermifuge « complet » et facile d’utilisation qui va éliminer le parasitisme de son troupeau en une seule intervention.

Le problème est que ces traitements ne sont pas actifs sur tous les stades des parasites et n’ont aucune activité sur certains parasites importants (paramphistomose, dicrocoeliose due à la petite douve). Il faut donc relativiser cette notion d’antiparasitaire « complet ». La complexité des cycles parasitaires comprenant différents stades pour le parasite dans l’animal (larves, immatures, adultes) et les cibles réelles des molécules proposées doivent être prises en compte dans la prescription et l’administration des antiparasitaires.


Les notices des médicaments précisent pour chaque parasite concerné les stades atteints (larves, immatures, adultes) avec une efficacité qui dépassent alors les 95 %. Si l’animal est porteur du parasite à ces stades, alors l’administration du médicament sera efficace. Par contre, si les parasites sont présents sous une forme non atteinte — souvent larvaire ou immatures — alors ils ne seront pas éliminés.

CAS DE DIFFÉRENTS PARASITES

Des exemples permettent d’étayer ces propos. Pour les strongyloses, parasites présents dans tous les élevages de plein air, tous les endectocides sont actifs sur tous les stades, y compris les larves enkystées présentes surtout en hiver. Leur impact économique sur la croissance des jeunes nécessite un traitement le plus précoce possible donc dès la rentrée des animaux ou même quelques semaines auparavant en tenant compte de la persistance de l’activité selon les espèces de strongles présentes.

Pour les parasites externes, les endectocides sont efficaces à condition de traiter tous les animaux d’un même bâtiment en même temps et ne les mettre en contact qu’avec des animaux traités au plus tard le jour du contact. Pour la grande douve du foie (fasciolose), parasite majeur en termes de conséquences économiques mais non présent dans tous les troupeaux, le traitement est plus complexe à mettre en place.

En effet, il existe de grandes différences de niveau d’activité des molécules selon les stades de ce parasite. Certaines molécules sont actives sur les larves dès la première semaine après l’infestation, d’autres sur les seuls stades adultes. Lors d’un traitement de rentrée à l’étable, il est possible que l’animal « traité contre la douve » soit porteur de formes larvaires non atteintes qui deviendront adultes après le traitement. Dans ce cas, un deuxième traitement devra être administré au plus tôt 10 semaines après si l’on veut éliminer les adultes résiduels.

Pour les autres parasites, non ciblés par les traitements « complets », il sera nécessaire de mettre en place un traitement spécifique. La paramphistomose, parasitose en extension, fait partie des « oublis ». Quand elle est installée de façon massive dans un troupeau, elle peut avoir autant d’effet négatif sur la santé des animaux et la production que les strongles ou la grande douve.

Dans ce cas et en présence d’une faible infestation concomitante de la grande douve, il est préférable d’attendre 3 mois après la rentrée à l’étable pour traiter avec l’oxyclozanide, molécule active sur les stades adultes de la grande douve et du paramphistome.

En conclusion, la gestion du parasitisme ne se fait pas par l’utilisation de médicaments « complets », mais plutôt par un diagnostic des parasites présents dans chaque exploitation, suivi d’une utilisation adaptée des molécules à chaque catégorie d’animaux, au moment optimal au regard du rapport coût/efficacité. La certification parfois demandée lors des transactions pour des animaux indemnes de certains parasites devra tenir compte non seulement de la molécule utilisée mais aussi du moment du traitement.

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