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DOSSIER
Savoir travailler avec ses associés

Mettre en commun des moyens de production n’est pas suffisant pour créer une société. La dimension humaine du projet doit également être prise en compte pour s’y épanouir pleinement.

Voilà plus de 50 ans que les premières sociétés ont vu le jour en agriculture. Les Gaec père-fils étaient alors majoritaires. Elles ont ensuite évolué, entraînant l’apparition d’installations hors-cadre familial. Aujourd’hui, on compte plus de 100 000 sociétés en France. Si ce type de structure offre un avantage économique par le rassemblement de moyens de production, la dimension humaine ne doit pas pour autant être occultée afin d’éviter les séparations pour mauvaise entente. Aussi, comment doit-on agir pour faire en sorte que le groupe permette à chaque associé de se réaliser ?
« Rétablir le « je » dans le groupe est indispensable. Chaque associé doit trouver sa place au sein de la structure sociétaire. Donner du sens à l’existence de l’association, par la mise en commun d’énergie, d’objectifs, renforce l’entreprise. Le « je » doit avoir envie de faire les choses pour bien vivre dans sa société », explique Alice Barthez, sociologue(1).
Ainsi, avant de former une structure collective, il faut s’interroger sur ses objectifs, ses souhaits, sur les limites à fixer au groupe, faire ressortir ses points communs mais aussi ses divergences, et identifier alors les concessions possibles pour évoluer vers un projet de groupe.

 


Le projet de groupe est le fruit d’un compromis

 

D’autres éléments, tels que la conception du métier, le vécu de chacun, sont également à prendre en considération. « Il faut vérifier si les exploitants peuvent bel et bien travailler ensemble, au même titre qu’on valide la faisabilité économique. Faire passer le projet économique avant le projet d’entreprise et de vie pour satisfaire le comptable, le banquier ou un objectif personnel est le piège à éviter. Le travail est à faire au préalable pour partir sur des bases saines où chacun pourra s’épanouir », précise Alice Barthez.
Ensuite, il est indispensable d’apprendre à travailler ensemble. Le projet de groupe est le fruit d’un compromis. Les décisions doivent être prises collectivement, pour cela chacun doit exprimer son opinion personnelle au départ. Le respect est essentiel. « Ce ne doit pas toujours être le même qui fait l’effort de s’adapter ou au contraire impose sa décision en écrasant celles des autres. Le déséquilibre créé peut alors être une source de rupture. Il n’y a pas de modèle ni de règle hormis que le fonctionnement convienne à chacun des membres », note Sybille Leckner, conseillère à la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire.
Les a priori, les non-dits, les malentendus sont autant de pièges qui se referment progressivement sur les rapports mutuels et entraînent des raccourcis de pensées et des jugements de valeurs parfois bien éloignés de la cause réelle du conflit. L’intervention d’un accompagnateur peut apaiser les tensions. « Échanger est primordial. Partager aussi bien le travail que les responsabilités, les décisions et les résultats est essentiel. Il ne faut pas avoir peur de se confronter à l’autre et avoir envie d’échanges. Dans un groupe, chacun dépend de l’autre. Les éléments de la vie privée interviennent également dans la vie des sociétés agricoles. Les décisions prises doivent en tenir compte », poursuit la sociologue.

 

Se faire accompagner en tant que futur associé

 


Il n’y a pas de sociétés plus à risques que d’autres (familiale ou entre tiers…). Les risques sont de nature différente. La famille est déjà un groupe, positif d’un côté - valeurs fortes, concessions plus faciles à faire… — négatif de l’autre — choc entre générations, liens pouvant gêner l’expression d’opinions… Autre point délicat, l’intégration de tiers dans une structure familiale. Dans ce cas, il est important de rompre la logique familiale, où le lien du sang crée la relation et où la communication est différente, pour aller vers une logique d’entreprise. Se faire accompagner en tant que futur associé ou suivre une formation sur les relations humaines, peut être constructif. « La société n’est par ailleurs pas figée dans le temps. Les influences extérieures font évoluer les personnes et leurs attentes. Globalement travailler ensemble, ça se cultive ! », constate Véronique Manche, de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire.
Pour les agriculteurs témoignant dans ce dossier, la forme sociétaire offre de nombreux atouts comme un gain de temps libre, mais apporte surtout sérénité, sécurité, confiance en soi, épanouissement, échanges… Pour eux, le dialogue et la communication sont des facteurs clés pour avancer ensemble et réussir en société.


(1) propos recueillis lors d’une journée organisée par la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire sur le thème : « S’associer : je m’épanouis, on réussit. »

Pour en savoir plus

 

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de février 2014. RBV n°212 p. 20 à 34.

 

Au sommaire :

p. 24 - Une organisation basée sur la confiance mutuelle.
À l’EARL de la Prâle, en Moselle.

 

p. 26 - Une règle principale : de la souplesse.
Maxime Lambert et Aurélien Colas,  dans le Maine-et-Loire.

 

p. 30 - Le conseil en stratégie peut être un révélateur.
Vérifier qu’entre associés la vision est commune.

 

p. 32 - La médiation pour trouver une solution aux conflits.
Renouer le dialogue.

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