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Sabot d’or 2025 en race parthenaise : « Je suis très rigoureuse dans la conduite du troupeau »

Nadège Pied Guignard, éleveuse de Parthenaises dans les Deux-Sèvres, est la lauréate du Sabot d’or 2025. Son troupeau mixte avec de très bonnes qualités maternelles, conduit à 100 % en IA avec des vêlages en août, est réglé comme du papier à musique.

Éleveuse de parthenaises à Secondigny, dans les Deux-Sèvres, Nadège Pied Guignard a reçu en 2025 le Sabot d’or. Cette récompense vient concrétiser tout le travail accompli sur son troupeau. « Les points forts de Nadège sont la maîtrise de la reproduction et du sanitaire, obtenus du fait d’être très carrée dans son travail », salue Patrice Bodin de Bovins croissance Sèvres Vendée conseils, qui suit l’élevage depuis des années.

Nadège Pied Guignard n’a eu qu’un seul taureau de monte naturelle, au début de sa carrière, pour du rattrapage de printemps. Elle a choisi de conduire la reproduction en 100 % IA « parce qu’on bénéficie du travail de sélection et de testage effectué avant que les taureaux ne soient employés dans notre troupeau », avise l’éleveuse. Les taureaux Fausset et Juscobou sont ceux qui ont le plus marqué le troupeau.

L’éleveuse a changé sa stratégie d’utilisation des taureaux d’IA il y a sept ans. Avant, elle cherchait à corriger chacune de ses vaches sur son point faible (les aplombs, la finesse…). « Maintenant, je choisis deux taureaux pour les génisses et quatre taureaux pour les vaches. Cela me permet de voir comment chaque taureau donne sur mon troupeau et de gagner en homogénéité. » Les taureaux en testage du moment sont aussi utilisés, chacun sur deux femelles. Nadège Pied Guignard a un contrat avec sa coopérative d’IA pour le plan d’accouplement, les inséminations et le suivi de la gestation par échographie.

Vêlages à 80 % sur le mois d’août

Soixante femelles sont mises à la reproduction chaque année. « Je garde strictement les 53 premières pleines et j’en vends chaque année cinq ou six pour la reproduction – les dernières à avoir entamé leur gestation. » La période de reproduction démarre le 1er novembre et elle couvre trois cycles. « Je surveille les chaleurs à l’œil, tôt le matin quand j’arrive et quand j’ouvre les cornadis le soir. Je reste parfois 30 à 45 minutes à observer. Je n’ai à m’occuper que des parthenaises sur l’exploitation, c’est un avantage, car je peux m’organiser pour avoir le temps de faire ceci et je connais le comportement particulier de chaque vache. » Certaines n’expriment que des signes discrets. À certains moments, sept ou huit sont en chaleur en même temps et il faut être attentif pour ne pas en louper une.

« Une très grande partie des femelles entre en gestation à la première IA. Je fais ce qu’il faut pour qu’elles viennent en chaleur avec un flushing de triticale laminé et minéraux. Et j’arrête de faire inséminer après trois IA. » Nadège est toujours présente devant le cornadis à la tête de la vache pendant l’insémination. « C’est plus sympa pour faciliter le travail de l’inséminateur et ça participe à limiter le stress de la vache, et par conséquent au taux de réussite de l’IA. » Une échographie est systématiquement réalisée à 35 jours de l’IA (en trois chantiers) et permet de diagnostiquer si la vache est vide ou gestante et si elle porte des jumeaux. « Je décide avant la mise à la reproduction quelles sont les femelles qui seront réformées après vêlage pour raison d’âge, d’aptitude laitière, d’un petit couac au moment du vêlage… »

résultats reproduction génétiques sabot d'or

Du temps pour surveiller et passer dans les lots

Nadège Pied Guignard ne subit en effet pratiquement pas de réforme pour motif sanitaire. Le taux de mortalité des veaux est très régulièrement inférieur à 4 %. « C’est plus facile avec un petit effectif de détecter très tôt le moindre changement sur chaque veau. Je réagis très rapidement. Aussi, le fait que les vêlages soient à 80 % en août et le reste en septembre limite le risque de diarrhées, car le temps est sec et les veaux ressortent au pré avec leurs mères à l’âge d’une semaine. »

Le bon démarrage des veaux vient aussi du fait que les vêlages sont faciles : 80 % des vaches vêlent seules, sans aide. Les vaches sont rapprochées du bâtiment 15 jours avant la date du terme et reçoivent des minéraux, un peu de triticale et foin. Quand elles se préparent, elles sont rentrées pour prise de température, et quand leur température chute, elles sont équipées d’un détecteur de vêlage. « Je fais confiance à 100 % au détecteur de vêlage. Je ne me lève que si le détecteur de vêlage sonne et en journée aussi, je peux m’éloigner sans inquiétude. »

Depuis 2020, les mâles sont vendus broutards. Les premiers partent à 7 mois, entre 290 et 300 kg de moyenne, quelques semaines après le sevrage (ils ne sortent pas au pré). Parmi les femelles, dix-huit sont choisies chaque année pour le renouvellement (soit 33 % de renouvellement) pour vêler à 3 ans et les autres, si l’effectif le permet, sont vendus pour l’élevage.

Fiche élevage

77 ha de SAU : 11 ha de blé et triticale, 14 ha de maïs ensilage et grain, 4,5 ha de luzerne, 16,5 ha de prairies temporaires (mélanges suisses et multiespèces), 31 ha de prairies permanentes

53 vêlages de parthenaises avec vente de broutards, de femelles gestantes, de laitonnes pour la reproduction et de vaches de réforme engraissées

Un troupeau emblématique de l’histoire de la race parthenaise

Il y a toujours eu des parthenaises à la Rondelière, sur la commune de Secondigny, au cœur de la Gâtine. Le père de Nadège, installé en 1970, a inscrit ses vaches au herd-book et était au contrôle laitier pendant ses premières années d’activité. C’est lui qui a géré la transition en système allaitant. « Il y avait aussi des chèvres et des moutons à cette époque sur la ferme. Moi j’ai repris un troupeau de 35 vaches qui tournait bien », évoque Nadège Pied Guignard. Aucune femelle n’a été achetée à l’extérieur. À son installation, elle a travaillé sur la facilité de vêlage, ce qui a réduit le gabarit moyen des vaches. « On a beaucoup avancé en race parthenaise sur ce point et on a, depuis déjà un moment, des veaux qui naissent plus petits, à 45 ou 47 kg, et tètent bien tout de suite, puis réalisent une très forte croissance dès leurs premiers mois. » Après un travail assez long, le troupeau a maintenant atteint le niveau de développement squelettique visé par l’éleveuse. « Mes vaches sont mixtes. Je fais des veaux pour faire des vaches, avec du développement squelettique et de bonnes qualités maternelles. En 2025, le poids de carcasse moyen, toutes femelles confondues, était de 555 kgC », présente l’éleveuse.

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