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Cédric Mandin, secrétaire général de la Fédération nationale bovine
« Rémunérer à la hauteur des coûts de production »

La démarche initialement nommée « Cœur de gamme », portée par la Fédération nationale bovine, est devenue « Éleveur et engagé ». Le point avec Cédric Mandin, en charge de ce dossier pour la FNB.

Pourquoi « Cœur de Gamme » est devenu « Éleveur et engagé » ?

Cédric Mandin - D’après différents tests réalisés en magasin, « Cœur de Gamme » parlait peu au consommateur. Nous avons donc réalisé un travail pour savoir quel nom nous permettrait de mieux mettre en avant cette marque appartenant aux seuls éleveurs. « Éleveur et engagé », a été présentée pour la première fois accompagnée de son logo lors du dernier Salon de l’agriculture. Pour autant la confusion entre « Éleveur et engagé » et « Cœur de gamme » perdure parfois sur le terrain.

Où en êtes-vous côté chiffres ?

C. M. - Depuis la fin du printemps nous sommes sur la base de 5 000 têtes par mois réparties sur l’ensemble du territoire français. Selon les magasins, cela concerne le plus souvent des carcasses entières mais aussi parfois seulement des arrières. Ces chiffres sont en progression, mais travailler avec certaines enseignes est compliqué. Notre volonté est d’étendre ce dossier à la boucherie artisanale. Nous estimons à 25 000 têtes par mois le nombre potentiel d’animaux qui pourraient au final être concernés par cette démarche.

Comment s’organisent les compléments de prix retournés aux éleveurs ¶

C. M. - Les magasins signataires doivent prouver leur engagement à rémunérer les producteurs à la hauteur de leurs coûts de production avant de pouvoir utiliser cet identifiant. Le complément de prix nous a permis d’être mi-août proche de 4,6 euros du kilo carcasse pour des charolaises U-, soit leur coût de production. Il y a ensuite tout un suivi à réaliser pour vérifier que les compléments de prix rétrocédés par les GMS arrivent bien aux éleveurs. Les enseignes signataires nous envoient chaque mois la liste des animaux valorisés dans le cadre de cette démarche. On en fait état aux éleveurs concernés.

Système U demeure la locomotive. Où en sont les autres enseignes¶

C. M. - Système U est la locomotive et, derrière, nous sommes arrivés à attacher plusieurs wagons et en particulier Carrefour. Nos deux moutons noirs sont Intermarché et Leclerc. Ce sont des indépendants et il faut aller discuter avec les responsables de chacun des magasins de ces enseignes pour leur expliquer le pourquoi de notre démarche et son bien-fondé. Ce travail long et fastidieux est réalisé sur le terrain par nos sections bovines.

Nous estimons à la FNB qu’il est impératif de faire remonter le prix auquel sont achetés nos animaux, sinon il y aura à brève échéance un vrai souci sur la dynamique des installations en système allaitant. Avec « Éleveur et engagé » nous avons obtenu des résultats. Au moins 30 000 têtes ont bénéficié d’un complément de prix depuis le début de l’année à raison d’une moyenne d’un peu plus de trois cents euros par tête. À ce niveau, ce n’est plus de l’utopie ni des affabulations de syndicaliste, c’est un vrai plan de soutien pour les élevages allaitants.

Est-ce que les GMS qui jouent le jeu ne le font pas d’abord pour acheter l’absence de manifestations d’éleveurs sur leurs parkings, nuisibles à leur image ?

C. M. - C’est pour partie vrai. Nous estimons que nous devons jouer sur la bonne image véhiculée par les systèmes allaitants auprès du grand public. Le travail réalisé sur nos exploitations correspond à ce que beaucoup de consommateurs attendent de nous. En revanche bien des études confirment que ces derniers ne font guère confiance à la grande distribution. C’est aussi pour cela que les différentes enseignes ont tout intérêt à mettre en avant les filières locales. Avec « Éleveur et engagé » nous sommes dans la logique ce qui a été initié par des producteurs laitiers en partenariat avec la laiterie LSDH dans le cadre de la démarche « C’est qui le patron ? ».

Notre objectif est de faire connaître aux associations de consommateurs le bien-fondé de « Éleveur et engagé ». Mais il y a en France quatorze associations de consommateurs. Il faut un peu de temps pour nouer des contacts avec la totalité d’entre elles. Nous y travaillons !

Rédaction Réussir

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