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Diarrhées néonatales
Quand le curatif cède la place au préventif avec un plan collectif de lutte

En concertation avec le groupement technique vétérinaire, le groupement de défense sanitaire de la Creuse propose un plan collectif de lutte et de prévention contre les diarrhées néonatales. Les premiers résultats sont encourageants.


« Lorsqu´un éleveur connaît un gros problème de mortalité sur ses veaux, l´impact est d´abord économique. Mais le temps perdu et le coup porté au moral sont assez souvent les deux autres facteurs clé qui l´incitent à remettre en question ses pratiques », souligne Jean-Pierre Journal, vétérinaire dans la Creuse.
De plus en plus, beaucoup d´éleveurs se rendent compte de la nécessité de travailler en amont pour influer sur le volet préventif de façon à limiter le volet curatif.
Une décision qui résulte de la combinaison de plusieurs facteurs. Il y a tout d´abord l´accroissement des cheptels et le regroupement d´un nombre parfois très important d´animaux sous un même toit. Autant d´éléments qui accroissent les risques provoqués par une épidémie. Parallèlement, la main-d´oeuvre et donc le temps disponible pour la surveillance et les soins aux animaux diminuent. Cela se traduit souvent par un retard à la fois pour détecter l´animal malade mais aussi pour mettre en place un traitement.
Dans ces conditions, augmentation de la morbidité et aggravation de la mortalité se profilent. Le scénario catastrophe est enclenché.

Un plan élaboré en concertation avec l´éleveur
Pour répondre à la demande d´éleveurs soucieux de chercher à anticiper les évènements, le GDS de la Creuse, en concertation avec le groupement technique vétérinaire du département, propose aux éleveurs un plan départemental de lutte et de prévention contre les diarrhées néonatales.
Il s´accompagne d´un volet d´aides financières avoisinant 50 % des coûts générés lors de sa mise en place. Concrètement, ce plan explore les facteurs infectieux, le transfert immunitaire et le statut nutritionnel du troupeau, en particulier vis-à-vis des oligo-éléments. Cette démarche de diagnostic va ensuite déboucher sur un plan élaboré en concertation avec l´éleveur. « Ce plan a été proposé par certains vétérinaires à leurs clients. Auparavant, le GDS avait été l´instigateur auprès de ces mêmes vétérinaires et avait également fait la promotion aux éleveurs », souligne Jean-Pierre Journal en charge de cette démarche dans son cabinet, regroupant trois associés et dont la clientèle est essentiellement rurale. Ce volet préventif a pour l´instant été mis en place sur une dizaine des quelque 200 élevages composant leur clientèle.

« Développer ce volet prévention et conseil en amont contribue aussi à faire évoluer notre profession. Il ne s´agit plus de jouer au pompier en intervenant uniquement lorsque l´incendie se déclare mais davantage à faire en sorte que les risques d´incendie diminuent et que lorsque ils se déclarent, les dégâts soient moins importants. » Il s´agit d´analyser les facteurs de risques et de les résoudre progressivement un à un par ordre d´importance décroissant.
Le plus difficile à faire comprendre est aussi que la bonne santé des veaux naissants au cours de leurs premières semaines de vie résulte de la combinaison de plusieurs facteurs.
Par ailleurs, pour ne pas cantonner cette activité de conseil uniquement à la Creuse, une dizaine de vétérinaires répartis un peu partout en France ont eux aussi opté pour ce type de démarche et travaillent depuis peu en réseau sur ce sujet permettant ainsi de nombreux échanges.
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