Aller au contenu principal

Quand le bio peine à être plus cher que le conventionnel

La contraction des disponibilités en femelles au cours du premier semestre 2013 a réduit la plus-value sur les animaux bio et réorienté une partie d’entre eux vers les circuits conventionnels.

L'érosion des disponibilités a fait monter les prix en conventionnel, ce qui a eu un impact sur la filière viande bovine bio.
L'érosion des disponibilités a fait monter les prix en conventionnel, ce qui a eu un impact sur la filière viande bovine bio.
© P. Cronenberger

Des réformes laitières et des allaitantes de second choix issues d’élevages « bio » achetées pour être valorisées en circuits conventionnels ? Oui, c’est possible et cela a même été une pratique courante au cours du premier semestre 2013, quand la hausse conséquente du prix des femelles a provoqué quelques perturbations dans différents circuits commerciaux, en réorientant certains flux d’animaux.


La baisse des abattages en bio liée à un problème d’approvisionnement


Des évolutions très liées au manque ponctuel de disponibilités en vaches issues d’élevages conventionnels et en particulier pour celles de poids et de conformation ordinaire. « Au cours des huit premiers mois de 2013, les abattages de vaches ont reculé de 12 % comparativement à 2012, toutes catégories confondues », rappelait Fabien Champion, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage à l’occasion d’un colloque sur la viande bio organisé dans le cadre du Sommet de l’élevage.
Cette érosion des disponibilités a fait monter les prix, et la plus-value permise par certaines démarches qualité a été rattrapée par la hausse des tarifs dans le conventionnel. Un phénomène qui n’a pas épargné la viande bio et plus particulièrement les réformes laitières, souvent vendues au plus offrant et de ce fait, au moins momentanément, dirigées vers les circuits conventionnels. « On a très nettement ressenti l’impact de la bonne santé du conventionnel dans nos filières », confirmait Célia Pasquetti, animatrice de la commission bio d’Interbev. « Les baisses d’abattage en bio ne correspondent pas à un problème commercial pour écouler la viande, mais sont liées à un problème d’approvisionnement », confirmait Luc Mary, directeur de Sicaba, une entreprise d’abattage de statut coopératif de l’Allier dont une grosse partie des volumes sont des viandes label rouge ou bio. « Sur le premier semestre 2013, nous sommes à – 9 % pour les abattages d’animaux bio. C’est une problématique qui concerne d’abord la réforme laitière. Il nous a manqué certaines semaines jusqu’à 40 % des volumes habituels pour ce type d’animaux. Cela remet en cause des marchés que l’on a pourtant mis du temps à bâtir. » Et d’ajouter que bien des producteurs laitiers bio ne se préoccupent guère de ce que va devenir la viande de leurs animaux. « C’est le premier qui passe ou le plus offrant qui ramasse la vache. Il y a eu une concurrence très forte sur le terrain. Certains abattoirs industriels ont abattu des réformes bio pour les passer en conventionnel et faire tourner les outils. »


La grande distribution presque en rupture d’approvisionnement


Déjà les abattages d’animaux valorisés en circuits bio s’étaient stabilisés entre 2011 et 2012 alors que les disponibilités auraient du être en progression sensible compte tenu du nombre croissant d’élevages (laitiers comme allaitants) qui ont achevé leur période de conversion mais qui trop souvent ne finissent qu’une proportion limitée de leurs animaux, faute de fourrages et de céréales.
Le débouché le plus impacté par ce détournement des disponibilités est celui de la grande distribution. « Actuellement on est presque en situation de rupture avec un vrai manque d’animaux pour approvisionner des marchés qui jusque-là étaient en développement. L’an dernier, les disponibilités en laitières bio étaient annoncées en progression et cela ne générait pas de grosses craintes. Tout a bien changé au cours du printemps », ajoutait Célia Pasquetti.

Les plus lus

<em class="placeholder">bâtiment limousines contention</em>
Astuce d’éleveur : « J’ai aménagé un box d’isolement entre deux barrières »
Stéphane Jacobi, éleveur de limousines en Moselle, a créé un box d’isolement entre deux barrières qui étaient là à l’origine pour…
<em class="placeholder">Augustin Becquey, gérant de TEBA </em>
Abattoir Teba : un prestataire privé au service des éleveurs

Basé en Normandie, Teba est un exemple de groupe multiservice intégralement privé qui offre aux éleveurs en circuit court un…

<em class="placeholder">génisses limousines clôtures virtuelles</em>
Élevage bovins viande : « Je me suis équipé de colliers pour clôtures virtuelles »
Éleveur de limousines dans les Ardennes, Joseph Vitrant a testé à l’automne dix colliers pour clôtures virtuelles sur un lot de…
<em class="placeholder">éleveur dans sa parcelle de switchgrass en deuxième année, Lot</em>
Élevage bovins viande : « Je cultive 1,8 ha de switchgrass pour compléter ma paille de céréales pour la litière »

Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en…

<em class="placeholder">Pascal Nowak, chargé de mission développement des territoires</em>
T’Rhéa : un archipel de PME de l’engraissement à la distribution de viande bovine

T’Rhéa développe un réseau de PME avec plusieurs outils d’abattage de taille intermédiaire et un approvisionnement de…

<em class="placeholder">vaches charolaises abreuvoir</em>
Élevage bovins viande : « Nous avons aménagé le réseau d’abreuvement et investi dans un système de traitement de l’eau »

L’élevage charolais Seutin, dans la Nièvre, a adapté ses installations pour s’assurer que le troupeau accède bien en quantité…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026​
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande