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Premiers résultats de Beefalim en taurillons

En travaillant sur les déterminismes génétiques et nutritionnels, le programme Beefalim vise à améliorer l’efficience alimentaire des bovins allaitants.

« Quelle est l’efficience alimentaire des différentes catégories d’animaux d’un troupeau allaitant ? Les animaux efficaces sur la phase d’élevage le sont-ils sur la phase de finition ? Les animaux efficaces sur des rations amidon le sont-ils sur des rations cellulose ? L’index des taureaux reproducteurs sur l’efficience alimentaire est-il corrélé à l’efficience alimentaire de leurs produits en phase d’élevage et en finition ? Autant de questions auxquelles le programme Beefalim cherche à répondre », a observé Tanguy Bodin, de l’Institut de l’élevage, lors de la journée technique viande bovine des chambres d’agriculture des Pays de la Loire, en février dernier.

Ce projet, créé par l’Institut de l’élevage, l’Inra, Allice et les chambres d’agriculture de Bretagne, Saône-et-Loire et Vendée, a pour objectif de comprendre les déterminismes génétiques et nutritionnels de l’efficacité alimentaire afin de pouvoir sélectionner (à l’aide de la sélection génomique) des animaux à plus forte efficience alimentaire, limitant les émissions de méthane et valorisant au mieux les ressources cellulosiques (prairies, fourrages et coproduits) non éligibles à l’alimentation humaine.

Ce programme porte sur la période 2015-2020 et rassemble la recherche et la profession(1), la race Charolaise servant de support. « Six cents génisses seront contrôlées en croissance sur une ration cellulosique (herbe conservée), et certaines d’entre elles sur leur carrière de reproductrices. Six cents jeunes bovins le seront sur une ration amidon (ensilage de maïs) ou cellulosique (herbe ensilée). Des auges peseuses sont utilisées pour évaluer les consommations individuelles, et de nombreuses mesures complémentaires sont réalisées sur les animaux (digestibilité sur bouses, paramètres sanguins, échographies) », précise Tanguy Bodin.

Des comportements alimentaires individuels très différents

« Les premiers résultats des essais effectués à la station expérimentale de Mauron ont été analysés. Ils font partie de l’axe de recherche sur la mesure de l’efficience alimentaire des jeunes bovins charolais (EFFI-J) à base de deux rations contrastées : « amidon » (ensilage maïs + blé) et « cellulose » (ensilage d’herbe + pulpe de betterave). Ces données étant issues d’un petit nombre d’animaux (48 taurillons sur 600 à évaluer) sont à prendre avec mesure. Elles permettent toutefois de nous donner des indications, comme par exemple, le temps d’ingestion moyen d’un taurillon sur 24 heures, qui s’élève à 143 minutes par jour avec un delta de plus ou moins 26 minutes par jour », souligne Tanguy Bodin. Ce temps moyen diminue au fur et à mesure de l’engraissement. Il avoisine les 180 minutes à l’entrée en engraissement (poids vif de 367 kilos) pour atteindre les 99 minutes en fin d’engraissement (abattage à un poids vif de 730 kilos).

Pour consommer leur ration, les animaux du lot herbe ont eu besoin en moyenne de 30 minutes de plus que ceux du lot maïs durant la période de contrôle. Au cours d’une journée, « les animaux mangent en fonction de la photopériode. Ils consomment davantage la journée. Ils mangent tout de même 10 % de leur alimentation la nuit. Trente repas par jour sont en moyenne nécessaires pour que les jeunes bovins ingèrent l’ensemble de leur ration au cours de la période de contrôle. Ce chiffre est supérieur en début d’engraissement et diminue tout au long de la période de contrôle. Il existe toutefois une forte variabilité individuelle. À même poids vif, un taurillon aura besoin de quinze repas par jour et un autre de soixante repas », constate Tanguy Bodin. En moyenne, sur la durée d’engraissement, les taurillons ont consommé 9,5 kg MS par jour, et cela sans différence significative entre le lot herbe et le lot maïs. Par contre, cette consommation quotidienne moyenne est très variable d’un taurillon à l’autre pour un même poids vif, avec un écart de 7,5 à 11,5 kg MS/j. « Dernier constat : un animal avec un bon GMQ n’est pas toujours un animal efficace », conclut Tanguy Bodin.

(1) Beefalim 2020 associe à la fois des sites Inra (Theix, Bourges, Le Pin) et des sites expérimentaux des chambres d’agriculture (Mauron, les Établières, Jalogny) mais aussi des entreprises de sélection Gènes Diffusion et Charolais Univers. Apis-Gene et un Casdar accompagnent financièrement le programme.

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