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Agritourisme
Pourtant en vogue, le tourisme à la ferme reste marginal

Moins de 2 % des exploitations agricoles proposaient en 2000 une activité de tourisme à la ferme. La progression du tourisme en milieu rural ne semble pas profiter spécialement aux exploitations agricoles.


Le tourisme à la ferme ou agritourisme prend une importance médiatique considérable par rapport à sa place économique réelle, explique-t´on dans le Manuel du porteur de projet touristique en milieu rural(1).
En 2000, seulement 0,3 % des exploitations à orientation principale bovins viande proposaient une activité de restauration et 1,5 % un hébergement (Agreste selon le RGA).
La fréquence des activités de tourisme à la ferme ne varie d´ailleurs guère selon les spécialisations économiques des exploitations, bien qu´elle soit un peu plus importante chez les éleveurs d´ovins et de caprins, et ceci est probablement à rapprocher de leur concentration dans la moitié sud de la France et en zone de montagne.
En viande bovine, il faut cependant tempérer ces chiffres datant de 2000 par l´essor visible « à l´oeil », quoique difficilement chiffrable, de la vente directe(1).
« L´évolution de l´agriculture ne favorise pas le développement du tourisme à la ferme : le célibat ou le choix des femmes de travailler à l´extérieur n´incitent pas à étudier cette diversification. Et celles qui restent se consacrent davantage aux activités agricoles de production proprement dites qu´il y a une quinzaine d´années », selon une étude d´Agreste.

Pourtant, d´après une étude du ministère du Tourisme, le tourisme en milieu rural « représentait en 2002 plus du tiers de la fréquentation touristique française : 38 % des séjours et 34 % des nuitées. » Il semble donc bien que les autres acteurs du milieu rural, collectivités et habitants, tirent davantage profit de cette activité.
Tourisme de proximité « famille-amis »
L´image du tourisme en milieu rural a changé au cours de ces quinze dernières années. 1991, année de la guerre du Golfe, a été celle d´un regain d´intérêt considérable de la part d´une clientèle plutôt aisée. La campagne n´est plus le lieu de séjour de ceux qui n´ont pas les moyens d´aller ailleurs. C´est surtout une destination choisie pour de courts séjours.

Aujourd´hui, la pratique des loisirs, l´étalement des vacances - allongement des congés d´hiver et prise de week-ends prolongés - jouent dans un sens favorable au choix de la campagne comme destination. C´est un tourisme de proximité, donc moins saisonnier.

Actuellement ce tourisme est essentiellement non marchand, car à 70 % pratiqué en résidence secondaire ou chez des parents ou amis. Pour devenir davantage créateur de valeur ajoutée, un travail d´organisation reste à faire. La faiblesse du tourisme en espace rural réside essentiellement dans le caractère atomisé de son offre, selon cette étude du ministère du Tourisme.
Elle est trop souvent axée sur une seule composante, par exemple un château, une activité de loisirs et les expériences de regroupements de prestations touristiques dans les espaces ruraux les plus attrayants sont encore trop rares, est-il aussi expliqué.

Mais cette atomisation, c´est aussi ce qui fait le charme et l´originalité du tourisme en espace rural. Que ce soit en ce qui concerne les modes d´hébergement - de la chambre d´hôte au gite en passant par le camping voire l´accueil de camping-cars - et de restauration (goûters à la ferme, fermes auberges.), chacun pourra trouver une formule lui convenant.
Les activités de loisirs comme des journées de chasse et la pêche en étang, la location de VTT, les leçons et promenades à cheval, ou des manifestations culturelles en tous genres sont aussi à même d´attirer toutes sortes de public et pas uniquement ceux qui s´intéressent à l´agriculture.
(1) « Le manuel du porteur de projet touristique en milieu rural », principalement réalisé par Trame et le CNRTER (centre national de ressources du tourisme en espace rural). Disponible au prix de 27,50 euros auprès de Source, Enita, 63370 Lempdes. Fax : 04 73 98 13 68.
E-mail : source.doc @enitac.fr

(2) Ce sujet assez souvent traité dans nos colonnes (voir en particulier numéro janvier 2003) ne sera pas vraiment développé pour le cadre de ce dossier.
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