Aller au contenu principal

Thierry Boulleau, du SIDAM-COPAMAC
« PAC: les arbitrages seront vitaux »

La prochaine PAC affiche des objectifs favorables aux éleveurs allaitants, mais les détails de sa mise en oeuvre permettront-ils de les atteindre ? Le diable est dans les détails, selon Thierry Boulleau, du Sidam-Copamac.

Thierry Boulleau, du Sidam-Copamac « Le renforcement des ICHN, c’est très bien. Sauf si les élevages allaitants en sont exclus à cause de la redéfinition des critères d’attribution. »
Thierry Boulleau, du Sidam-Copamac « Le renforcement des ICHN, c’est très bien. Sauf si les élevages allaitants en sont exclus à cause de la redéfinition des critères d’attribution. »
© F. Alteroche

Quel regard portez-vous globalement sur les propositions de la Commission présentées le 12 octobre ?

Thierry Boulleau - L’architecture et les objectifs se présentent sous un jour beaucoup plus favorable que lors des réformes précédentes de la PAC. Même sur le budget, on s’est éloigné des propositions catastrophiques faites ces derniers mois. Par contre, les réponses techniques apportées sont très loin de ce que l’on pouvait espérer. Les arbitrages qui seront faits dans les prochains mois peuvent rendre cette réforme aussi bien très positive pour les producteurs de viande bovine, que très négative.

La Commission a pris acte de la nécessité de mettre en place des outils de gestion des marchés et de maintenir certains soutiens couplés. Seront-ils opérants ?

T. B. - Les réponses apportées sont loin de ce que l’on pouvait espérer.Trouver des outils de gestion des marchés opérants pour les 27 États membres est certes un cassetête. Mais un simple filet de sécurité, avec un niveau très bas, ne fonctionnera jamais pour la viande bovine en France. Il aurait fallu inventer de nouveaux systèmes modernes de gestion des marchés. La possibilité du maintien du couplage de l’aide à la vache allaitante est bien affirmée. Par contre, le montant annoncé pour les aides qui resteront couplées en France pose question. Il est pour l’instant inférieur à ce qui est actuellement mis en oeuvre pour les PMTVA, les primes à la brebis et le lait de montagne. Et en plus, il n’est pas sûr que le fait que l’État cofinance la PMTVA — spécificité de la France — puisse perdurer. D’autre part, jusqu’à présent la PMTVA faisait l’objet d’un règlement particulier. Elle sera maintenant traitée dans un règlement commun à toutes les aides couplées.

Qu’est-ce que le verdissement changera pour les éleveurs allaitants ?

T. B. - Le verdissement doit bien être reconnu comme la contrepartie qui a été indispensable au maintien du budget global de la PAC. Pour nous, il ne doit pas amener de contrainte supplémentaire aux éleveurs. Et même, pour la partie prairies permanentes, il est nécessaire que les éleveurs disposent de plus de souplesse pour la gestion de leurs surfaces ou bien d’une rémunération particulière. Les éleveurs sont en effet bloqués pour faire évoluer leurs systèmes fourragers vers plus d’autonomie, ou répondre à certaines problématiques (campagnols terrestres…). Quant à l’abandon des références historiques, le chemin vers la convergence des aides, nous y étions plutôt favorables.

Les aides du second pilier actuel seront-elles pérennisées ?

T. B. - La Commission maintient les ICHN mais veut réformer la définition des zones défavorisées simples, en passant de critères socio-économiques à des critères physiques. Or, les critères physiques proposés pour l’instant excluent du dispositif une grande partie des régions françaises d’élevage allaitant. S’ils ne sont pas ajustés aux réalités du terrain, ce serait dramatique. Il faut être extrêmement actif sur l’évolution de ce dossier. D’autre part, le principe du verdissement nous fait craindre que la PHAE ne soit pas reconduite dans sa forme actuelle. En effet, la logique retenue est que le premier pilier doit répondre à la problèmatique des systèmes herbagers, et que le second pilier concerne des contraintes plus fortes.

Les outils de gestion des risques sanitaires, climatiques, économiques, seront-ils pertinents ?

T. B. - Les éléments disponibles pour l’instant ne nous permettent pas de le savoir. Tout ce qui est assurantiel ne fonctionne pas pour le revenu des éleveurs de bovins viande. En cas de sécheresse par exemple, parfois le chiffre d’affaires augmente car les éleveurs décapitalisent. On attend des fonds mutuels pour lisser les périodes de cours bas, mais ils n’apparaissent pas encore clairement dans les propositions. Il manque en fait dans cette réforme un souffle, une ambition pour encourager à la production de viande bovine.

Identité

Le Sidam-Copamac Le Service interdépartemental pour l’animation du Massif central (Sidam) est un service des chambres d’agriculture, chargé de la mise en oeuvre des actions décidées par la Copamac (Conférence des présidents agricoles du Massif central). La mission de la Copamac — regroupant les responsables des 22 départements du Massif central, des chambres d’agriculture et du syndicalisme — est de définir un projet pour développer l’agriculture du massif central.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Lorsqu’elle est en position haute, la partie inférieure de la barrière se situe à 5 mètres du sol et n’est donc pas pénalisante pour rentrer dans la stabulation avec du gros matériel et en particulier pour curer le fumier. © F. d'Alteroche
Une stabulation aux nombreuses astuces
Au Gaec de l’Armançon en Côte-d’Or, la principale stabulation héberge 128 vaches suitées. Elle intègre différents équipements mis…
Les jeunes bovins au plus bas alors qu’ils devraient être au plus haut
Alors qu’ils devraient être au plus haut à cette période de l’année, les prix des taurillons finis sont au plus bas. Peu prisée…
La vente directe représente le  débouché pour en moyenne une vache par mois, parmi celles âgées de huit ans maximum. L'éleveur vend également en direct à peu près six veaux par an. © S. Bourgeois
Différents régimes pour l'engraissement des vaches de race Blonde d'Aquitaine
Des séries d’essais ont été menées dans le cadre du projet Défiblonde entre 2016 et 2020 pour affiner les connaissances sur les…
Franck Baechler. "Le bétail aide à redynamiser les flux de carbone." © S. Bourgeois
Franck Baechler : être autonome et construire mon sol
Installé depuis trois ans en agriculture de conservation des sols dans le Loir-et-Cher, Franck Baechler a introduit dans son…
Jérôme Mélard, éleveur à Puttigny en Moselle, diversifie les débouchés de son atelier d'engraissement avec des génisses Prim'herbe.  © Cloe
Des babynettes avec au moins 35 % d’herbe pour la filière Prim’herbe
L’union de coopératives Cloé démarre un partenariat avec le groupe Carrefour. La filière Prim’herbe vise à approvisionner le…
Le nombre de petits cheptels ne cesse de diminuer mais la progression des unités de grande dimension tend à se stabiliser.
Fortes évolutions démographiques à prévoir pour les systèmes allaitants
À la demande d’Interbev et de la Confédération nationale de l’élevage, l’Institut de l’élevage a analysé la décapitalisation…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande