Pac 2028-2034 : "D'abord un budget à la hauteur, autonome, et non dispersé dans un super fonds européen" pour la Fédération nationale bovine
Au congrès de la FNB début février à Cournon, le prochain programme de la PAC pour la période 2028-2034 a fait l’objet de débats. Le budget, annoncé en forte baisse, rallie les préoccupations avant que ne s’ouvre vraiment la négociation sur les aides.
Au congrès de la FNB début février à Cournon, le prochain programme de la PAC pour la période 2028-2034 a fait l’objet de débats. Le budget, annoncé en forte baisse, rallie les préoccupations avant que ne s’ouvre vraiment la négociation sur les aides.
Durant l’année 2026, le contour de la PAC 2028-2034 va se préciser. Au congrès de la Fédération nationale bovine en février à Cournon, Brigitte Misonne de la direction générale de l’agriculture à la Commission européenne a détaillé la « stratégie pour l’élevage » qui va démarrer prochainement. Elle consiste en une série de réunions avec des groupes d’experts des ministères des vingt-sept États membres, des organisations professionnelles, des acteurs du secteur, et des ONG.
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« Globalement, la boîte à outils est bonne pour l’élevage grâce aux aides couplées, la gestion des risques, l’innovation, la transition numérique… La stratégie pour l’élevage doit être l’outil de la cohérence européenne », a-t-elle expliqué.
« Il y a un changement de ton, une prise de conscience à la DG Agri de la Commission de la réalité de l’élevage et de l’importance des conséquences de la décapitalisation bovine dans la quasi-totalité des pays européens », a commenté Dominique Fayel, éleveur allaitant dans l’Aveyron et président du groupe viande bovine du COPA-COGECA. « Il n’est pas sûr que cette vision sera partagée par les autres commissaires européens. De plus, les mesures nationales en deuxième étape vont remodeler l’orientation donnée par la Commission. »
Un budget de la Pac pour l’instant en baisse de 24 %
La plus grande inquiétude pour cette programmation de la PAC est qu’en l’état actuel des choses, l’agriculture ne retrouverait pas son enveloppe. « La programmation 2021-2027 dispose d’un budget total de 386 milliards d’euros. En tenant compte de l’inflation, cela représente maintenant 450 milliards. Or la première proposition de la commission est 293 milliards », a présenté Jérémy Decerle, éleveur en Saône-et-Loire et député européen. L’enveloppe est donc à ce stade 23 à 24 % moins épaisse pour la période 2028-2034, et même amputée de 34 à 35 % si on tient compte de l’inflation.
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Il est prévu que la PAC et la politique de cohésion (plans de partenariat nationaux et régionaux : PPNR) soient regroupées dans un même fonds européen. Un arbitrage entre ces deux pôles serait donc à prendre ensuite au niveau national.
Pour Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine, « la première chose c’est le budget. Il doit être à la hauteur, autonome, et non dispersé dans un super fonds européen. »
La ministre Annie Genevard a mentionné dans son discours que "nous demandons une enveloppe au moins égale aux programmations précédentes, et un retour de règles communes entre Etats membres. Le Premier ministre a dit qu'aucun centime ne manquera dans la Pac 2028-2034 pour les agriculteurs français, et le combat doit être mené pour la prise en compte de l’inflation."
Envoyer un signal positif pour faire naître des veaux
C’est en fin d’année 2026 que le cadre budgétaire sera définitivement fixé. Commenceront alors les négociations plus avancées sur la nature des aides de la PAC. Le conseil d’administration de la FNB a validé des propositions « largement partagées par les autres associations spécialisées ruminants de la FNSEA » a présenté son président Patrick Bénézit pendant le congrès début février. La structuration en deux piliers doit selon le FNB être maintenue. « Renforcer le couplage animal est notre priorité, et il doit être orienté vers les femelles, pour faire naître des veaux, et ce sur tous les territoires de manière équitable ». La FNB veut obtenir également des soutiens aux surfaces herbagères et fourragères, et une ICHN attachée à l’animal pour les cinq types de zones défavorisées. « Si le soutien n’est pas clairement conservé pour ceux qui ont des vaches, les vaches continueront à disparaitre de tous les territoires. »