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Les bons réflexes
Observer attentivement et détecter précocément

L’observation attentive des animaux et la précocité dans la détection de la maladie sont essentielles pour limiter les conséquences des pathologies respiratoires.

La lutte contre les maladies respiratoires est une course de vitesse. En règle générale, ce sont des troubles qui, s’ils débutent par une hyperthermie peu spécifique, évoluent très vite vers des lésions pulmonaires rapidement irréversibles. A cela s’ajoute une grande contagiosité au sein d’un groupe d’animaux. L’objectif est donc de détecter les animaux malades le plus précocement possible dans l’évolution de la maladie afin d’intervenir pour limiter la contagiosité, et éviter d’atteindre le stade des lésions irréversibles. L’observation des bovins et l’utilisation du thermomètre sont les deux actions à privilégier. Que faire quand vous constatez des premiers signes respiratoires sur un ou quelques animaux ? il faut avant tout agir rapidement ; on distingue trois temps, les deux premiers devant être traités en urgence. 

1- Avant l'arrivée du vétérinaire

■ Il faut isoler les animaux malades, si vous pouvez le faire dans de bonnes conditions d’ambiance et sans risque pour d’autres bovins ;

■ ensuite, vous procèderez à un examen attentif des malades. Pour cela, les principaux points clefs à respecter sont la prise de température (anormale si elle dépasse 39 °C sur un adulte, et 39,5 °C sur un veau) puis l’examen de la fréquence respiratoire (à comparer avec des animaux non malades). Ces deux points clés seront complétés par l’observation : toux, écoulements anormaux (larmoiements, jetage…). Les premières indications ainsi relevées seront utiles à votre vétérinaire ;

■ il est également utile de préciser un certain nombre de points concernant les lots atteints : quelle est la catégorie des animaux touchés ? d’où viennentils ? sont-ils nés dans l’exploitation ? ces lots, et en particulier les animaux atteints ont-ils été en contact avec d’autres animaux de l’élevage ? si oui, quand ? dans quelles circonstances ? y a-t-il eu déjà des problèmes respiratoires ? Les réponses à ces questions peuvent aider à comprendre l’origine du problème, mais surtout à mieux appréhender l’évolution de la maladie dans l’élevage ;

■ Vient ensuite un point essentiel : examiner les autres animaux du ou des lots atteints. L’examen consiste avant tout à les observer : sont-ils abattus? mangent-ils normalement ?... et à prendre la température. Ces deux critères permettront de trier les animaux, et de relever ceux qui sont infectés.

 

2- Examiner la situation avec son vétérinaire

Pendant ce temps, le vétérinaire aura été appelé. Quand il est sur place, plusieurs étapes se succèdent :

■ C’est le moment, avant tout traitement, de réaliser des prélèvements pour rechercher les agents infectieux en cause. En règle générale, on n’attend pas que les germes soient identifiés pour mettre en oeuvre le traitement mais leur mise en évidence permet de le réajuster si nécessaire et oriente le choix d’un plan préventif vaccinal éventuel. Une autopsie peut également révéler des lésions qui, dès ce stade, pourront guider le vétérinaire vers une suspicion clinique.

■ C’est ensuite avec le vétérinaire que la conduite à suivre sera définie, en fonction des examens cliniques, de l’ampleur du phénomène, de sa gravité, de la proportion d’animaux infectés dans les lots, des conditions environnementales… Le traitement des maladies respiratoires repose en général sur : l’utilisation d’antibiotiques, selon les cas, d’anti-inflammatoires, et de vitamine C pour les moins atteints. Le choix de la mise en place d’un traitement des seuls animaux atteints ou de traitement de groupes d’animaux dépend du taux de bovins atteints et/ou du nombre de nouveaux cas par jour. On retient souvent les seuils de 25 à 30 % d’animaux atteints ou plus de 10 % de nouveaux cas par jour pour orienter ce choix. Ces chiffres sont bien entendu indicatifs et la décision finale tiendra compte des facteurs environnementaux, des risques de contagion liés à la conduite d’élevage et du coût d’un traitement de groupe. Quant il est décidé, ce traitement peut être différencié selon le stade clinique de groupes d’animaux qu’on aura définis (exemple : lot des animaux sans fièvre et sans modification de comportement, lot des animaux abattus avec hyperthermie et fréquence respiratoire augmentée, lot des animaux en détresse respiratoire).

■ Une fois le traitement décidé et mis en oeuvre, il faudra à nouveau prendre le temps d’observer attentivement les animaux et de prendre la température, afin de traiter rapidement tout nouveau malade ou d’adapter le traitement. D’ailleurs, au bout de 72 heures, l’efficacité du traitement engagé sera évaluée avec le vétérinaire.


3- Comprendre pourquoi cette maladie s'est développée et mettre en place des mesures pour l'avenir

Cela passe par l’étude des différents facteurs de risque potentiels dans l’élevage. Une fois cet état des lieux réalisé, un certain nombre de mesures sanitaires pourront être préconisées. - Enfin, la connaissance du, ou des germes, conduit à s’interroger sur l’opportunité de la vaccination en ayant parfaitement conscience que la vaccination à elle seule ne résout pas tous les problèmes. Les critères à prendre en compte dans ce choix sont bien entendu les facteurs de risque de l’élevage, liés à son environnement, à la conduite d’élevage et aux risques extérieurs (introduction et mélanges d’animaux en particulier), les protocoles d’utilisation des vaccins et leur coût.

 

Intérêts et limites des analyse de laboratoire

Il existe deux grandes catégories d’analyses de laboratoires : les techniques indirectes et les techniques directes.

■ La technique sérologique, dite indirecte, vise à mettre en évidence les anticorps développés par le bovin vis-à-vis de certains agents infectieux. Leur présence signe un passage plus ou moins ancien de ces agents. Cette technique est disponible pour les principaux virus responsables de troubles respiratoires et pour Mycoplasma bovis. Cette méthode ne permet de conclure à l’implication d’un germe que si on met en évidence une augmentation du taux d’anticorps entre deux examens réalisés sur plusieurs animaux, à 3 semaines d’intervalle. On dit qu’il y a séroconversion, l’infection est récente. En effet, une grande proportion d’animaux adultes étant porteurs d’anticorps, un résultat positif isolé ne peut pas permettre de conclure. Par conséquent, cette technique ne donne des informations satisfaisantes qu’après-coup, au moins 3 semaines après les premières analyses, et donc après l’apparition du problème respiratoire. C’est là sa limite la plus importante.

■ Les techniques dites directes consistent à rechercher les agents eux-mêmes au niveau de l’appareil respiratoire ; trois types de prélèvements sont possibles : l’écouvillonnage nasal profond (ENP), l’aspiration trans-trachéale (ATT) ou le lavage broncho-alvéolaire (LBA). Un des critères importants est la précocité des prélèvements dans l’évolution de la maladie : en effet, lors de troubles respiratoires, la nature des agents infectieux évoluent au fil du temps. Par exemple, la plupart des virus responsables de problèmes respiratoires (RSV, PI3…) ne sont détectables que pendant quelques jours au niveau de l’appareil respiratoire. Aussi, les germes mis en évidence sur des prélèvements tardifs, voire réalisés sur des bovins morts, auront de fortes chances de ne pas être ceux en cause dans le déclenchement des troubles. Un autre point important est de réaliser les prélèvements nécessaires avant toute utilisation d’antibiotiques. Raison de plus pour les mettre en oeuvre en début d’évolution. Malgré ces limites, les méthodes directes sont à privilégier quand elles peuvent être appliquées dans de bonnes conditions. Dans tous les cas, la recherche de la cause infectieuse précise trouvera ses limites dans le traitement d’urgence souvent nécessaire en cas de pathologies respiratoires. On obtient les premiers résultats après le début du traitement. Toutefois, ils permettront, si besoin, de réajuster le traitement de manière spécifique. Mais surtout, la connaissance de l’agent infectieux en cause permettra d’évaluer la possibilité et l’opportunité de mettre en place un plan de prévention vaccinal éventuel, qui sera ainsi ciblé de manière raisonnée.

Ne pas utiliser d’antibiotiques sans avis vétérinaire

Il est préférable d’éviter toute utilisation anticipée d’antibiotiques avant intervention du vétérinaire. Plusieurs raisons à cela : d’une part, il est souvent nécessaire de réaliser des prélèvements pour déterminer la cause des troubles respiratoires. Il s’agit la plupart du temps de recherches directes des germes. Dans ces cas-là, l’utilisation d’antibiotiques avant prélèvement peut modifier le résultat, et rendre ce résultat négatif par erreur. D’autre part, les infections respiratoires peuvent être uniquement virales, et dans ce cas, « les antibiotiques ne sont pas automatiques », et surtout sans utilité ! Ils seront prescrits par le vétérinaire s’il craint une surinfection bactérienne. Il tiendra compte dans son choix de tous les éléments évoqués précédemment. Enfin, le choix d’un antibiotique se fait selon plusieurs critères : la molécule va être privilégiée en fonction de son efficacité, de l’existence de germes résistants (les pasteurelles en particulier peuvent acquérir des résistances) ; la formule commerciale, quant à elle, va être sélectionnée selon son coût, son rythme et sa voie d’administration. Il est important que ce choix se fasse en concertation entre vétérinaire et éleveur, chacun apportant des éléments de décision. Il faut avoir à l’esprit qu’on optimisera l’efficacité d’un traitement en respectant son protocole d’utilisation. Donc, autant bien réfléchir aux aspects pratiques de l’administration des médicaments.

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