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Maintien de la production française de taurillons allaitants

Des opportunités d'ateliers de jeunes bovins se dessinent dans les élevages laitiers où les éleveurs de plus de 50 ans n'ont pas de successeur.
Des opportunités d'ateliers de jeunes bovins se dessinent dans les élevages laitiers où les éleveurs de plus de 50 ans n'ont pas de successeur.
© C. Delisle

Selon les prévisions de l'Institut de l'élevage, la production française de gros bovins mâles plafonnerait à un peu plus de 480 000 tonnes équivalent carcasse en 2020 (- 6 % par rapport à 2013). Cette baisse proviendrait essentiellement du recul de l’engraissement de taurillons laitiers (- 30 % par rapport à 2013), alors que celle de taurillons de race à viande devrait se maintenir (753 000 têtes en 2020). « Le nombre de bœufs et de taurillons issus du troupeau allaitant et engraissé en France à l’horizon 2020 baisserait très marginalement, de 10 à 15 000 têtes. L’alourdissement des carcasses se poursuivra par ailleurs, avec un poids moyen des carcasses en hausse de 3 % », note l’Institut de l’élevage.

Des opportunités dans certaines exploitations laitières

Dans les élevages laitiers, l’avenir des ateliers de jeunes bovins devrait dépendre de leur dimension. « Les petits ateliers (inférieurs à 20 JB/an) paraissent en sursis dans les exploitations qui veulent développer la production laitière si les disponibilités en logement et en main-d’œuvre sont limitées. En revanche, la production de jeunes bovins peut se maintenir dans les exploitations sociétaires au sein desquelles chaque associé est responsable d’un atelier de taille conséquente, ce qui permet ainsi de répartir les risques face aux aléas croissants des marchés. »

Des opportunités de développement, voire de création d’ateliers semblent d’autre part apparaître dans les exploitations laitières où les éleveurs âgés de plus de 50 ans sans successeur peuvent faire le choix de cesser le lait au profit du jeune bovin, moyennant des investissements limités pour adapter des bâtiments amortis.

La DPI stimule l'engraissement de broutards

Une autre raison, fiscale, entre parfois en ligne de compte dans le maintien voire le développement d’ateliers de jeunes bovins. « Il s’agit de la déduction fiscale pour investissements, la DPI, qui permet aux agriculteurs de réduire leur bénéfice imposable sur lequel sont calculées les cotisations MSA. Elle permet de financer dans les cinq ans la constitution de stocks ou de parts sociales de coopératives. Dans des exploitations mixtes, le plus souvent de bonne taille, la DPI est ainsi devenue un outil stimulant l’engraissement de broutards achetés, participant ainsi au maintien de leur mixité. »

Professionnalisation de l’engraissement

La nouvelle PAC (perte de DPU par convergence) va principalement impacter les exploitations avec engraissement de jeunes bovins. Elle devrait ainsi accélérer la restructuration des engraisseurs spécialisés. Selon les estimations de l’Institut de l’élevage, ils pourraient perdre jusqu’à 30 % de leurs aides à l’horizon 2019. Aussi pour faire face à cette perte de revenus, soit ils peuvent faire plus de céréales et réduire l’engraissement, soit ils peuvent investir dans un atelier d’engraissement de plus en plus professionnel.

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